Kinshasa 29 juin 2026 – le Groupe de Travail Mines et Hydrocarbures du Groupe de Travail Climat REDD Rénové (GTCRR) s’est réuni pour analyser et enrichir le projet d’arrêté interministériel fixant les normes de gestion durable des forêts dans les zones minières en République Démocratique du Congo. Cette rencontre cruciale avait pour objectif de garantir que ce texte intègre les principes de la hiérarchie « Éviter-Réduire-Compenser » (ERC), renforce les droits des communautés locales et assure une synergie avec les mécanismes REDD+. Un enjeu de taille pour la forêt congolaise Face à l’augmentation des activités minières et à leur impact potentiel sur le bassin du Congo, deuxième poumon vert de la planète, le GTCRR a fait de l’analyse de ce projet d’arrêté une priorité. La réunion, qui s’est tenue dans la salle de réunion de la Coordination Nationale visait trois objectifs majeurs : Valider les Termes de Référence (TdR) du Groupe de Travail. Analyser en profondeur le projet d’arrêté interministériel. Formuler des recommandations concrètes pour en faire un outil de protection des forêts et des communautés. Une méthodologie participative au service de l’expertise Sous la modération du Team Leader, Monsieur Éric KAJEMBA, assisté de Pablo MUKE, la réunion s’est déroulée dans une approche participative et tolérante. Les experts ont pu échanger en visioconférence et en présentiel, analysant les documents projetés à l’écran. La discussion a débuté par un rappel des quatre carrefours de travail mis en place pour finaliser les TdR du groupe, couvrant les volets : objectifs, stratégie d’actions, organisation et résultats attendus. L’essentiel des échanges a cependant porté sur le projet d’arrêté. Des propositions concrètes pour une norme robuste Fort de son expertise, le GT Mines et Hydrocarbures a formulé une série de propositions pour renforcer le texte. L’intervention en ligne du Professeur Martin MPANDA, qui a souligné la nécessité d’une commission mixte pour le suivi et l’audit environnemental, a été particulièrement saluée. Les principales propositions, portées notamment par Altesse DJUMA SHANGHO, rapporteur de la réunion, concernent : Intégration de la hiérarchie ERC et compensation environnementale Rendre obligatoire l’évitementdes zones de forêts à Haute Valeur pour la Conservation (HVC) et à forte densité de carbone. Imposer une compensation financière ou un reboisement hors-site à hauteur de 150 %de la surface forestière détruite, appliquant ainsi le principe de gain net de biodiversité. Renforcement des droits et de la participation communautaire Conditionner l’approbation du plan de gestion forestière minière à l’obtention d’un certificat de Consultation Libre, Informée et Préalable (CLIP), dûment signé par les communautés locales impactées. Garantir un quota d’accès aux Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL) pour les communautés dans les zones non exploitées de la concession. Mécanismes financiers et articulation avec REDD+ Créer une passerelle avec le Fonds National REDD (FONREDD) afin que les pénalités liées à la déforestation minière alimentent directement des projets de reboisement communautaire. Interdire formellement le double comptagedes crédits carbone si la concession minière chevauche un projet REDD+ existant. Suivi, transparence et application de la loi Instituer des commissions mixtes provinciales de contrôle (Mines – Environnement – Société Civile/GTCRR) pour assurer un suivi efficace. Exiger la publication annuelle et transparente des données de déforestation par chaque entreprise minière sur une plateforme publique. « L’arrêté doit prévoir des mécanismes de contrôle et de suivi pour être efficace. La création de ces commissions mixtes provinciales est un impératif pour garantir l’application des normes », a souligné le Professeur Martin MPANDA lors de son intervention. Clauses de collaboration : Une exigence de co-gouvernance Au-delà des dispositions techniques, le GTCRR insiste sur l’insertion de clauses strictes pour assurer la réussite de l’arrêté : Co-gouvernance et arbitrage institutionnel: Création d’un guichet unique d’instruction et d’une procédure d’arbitrage en cas de désaccord technique, faisant appel à une expertise indépendante, incluant la société civile. Réalignement avec les réformes actuelles: Un arrimage explicite avec le nouveau Code Forestier (Processus de Kisantu) est demandé pour éviter que le texte ne devienne caduc. Le GTCRR propose également d’intégrer une « conditionnalité de la libération des obligations », permettant au Ministère de l’Environnement de demander la suspension des droits miniers en cas de violation grave. Sanctuarisation des forêts des communautés (CFCL): L’arrêté doit imposer une négociation tripartite obligatoire (Mines, Environnement, Communauté) avant tout début de travaux si un carré minier chevauche une Concession Forestière de Communauté Locale (CFCL). Conclusion : Vers un arrêté historique pour la protection des forêts congolaises En tant que groupe Mines et Hydrocarbures, le GTCRR soutient fermement le caractère interministériel de ce texte tout en exigeant des garde-fous techniques pour que le Ministère de l’Environnement conserve son pouvoir de police sur les ressources forestières. La réunion, riche en échanges, s’est clôturée vers 13h30 sur les remerciements du Team Leader aux experts. La prochaine étape consistera à accompagner cet arrêté d’une note argumentaire solide, destinée aux ministères en charge de l’Environnement et des Mines, afin que les propositions du GTCRR soient prises en compte pour une gestion durable des forêts dans les zones minières en RDC. Le GT Mines et Hydrocarbures poursuivra ses travaux pour assurer le suivi de la mise en œuvre de cet arrêté et continuer son plaidoyer pour l’intégration des principes de sauvegarde dans les politiques minières et forestières. Par Audry Mbal 95 Vues
Suivi du PIREDD KORLOM au Kasai Oriental : Quand les promesses de développement peinent à se concrétiser
En avril 2026, une mission conjointe du GTCRR et du CIFOR s’est rendue dans le territoire de Tshilenge (Kasai Oriental) pour évaluer l’état d’avancement du projet REDD+ PIREDD KORLOM. Mis en œuvre par ENABEL, le projet accuse un retard significatif, avec des activités peu visibles sur le terrain. Les communautés, qui nourrissaient de fortes attentes, expriment un risque de démotivation et de perte de confiance. Le projet SC-REDD, financé par CAFI-FONAREDD, vise à renforcer les capacités des organisations de la société civile membres du GTCRR pour un suivi indépendant des projets REDD+ en RDC. Dans ce cadre, une mission de suivi-évaluation a été organisée en avril 2026 dans les provinces du Kasai Oriental et de Lomami. L’objectif principal était d’apprécier de manière participative l’état d’avancement du PIREDD KORLOM, un projet intégré REDD+ mis en œuvre depuis octobre 2024 par ENABEL, couvrant 14 villages dans le territoire de Tshilenge. Les objectifs spécifiques de la mission étaient : Évaluer le niveau d’exécution des activités prévues. Vérifier le fonctionnement des structures locales de gouvernance (CLD). Recueillir les perceptions des autorités et communautés sur le projet. Identifier les contraintes affectant l’exécution du projet. Formuler des recommandations opérationnelles pour améliorer la performance et l’impact du projet. Une approche participative adopté Pour collecter des données fiables, l’équipe de suivi a privilégié une approche qualitative combinant : Des entretiens semi-structurésavec l’Administratrice du Territoire, les services techniques de l’État (Environnement, Développement rural, Foncier/Cadastre). Des discussions de groupeavec les membres des Comités Locaux de Développement (CLD) et les communautés bénéficiaires. Des observations directeslors de visites dans deux villages échantillons : Bakwa Kalonji et Bena Mbuyi. L’équipe était composée des experts du CIFOR, de la coordination nationale et provinciale du GTCRR, des autorités territoriales, des services techniques de l’État et des OSC locales membres du GTCRR. Un retard critique et des attentes déçues 1. Connaissance du projet : Partielle et inégale Autorités territoriales : Connaissent les objectifs globaux, mais déplorent une faible visibilité des actions et un manque de coordination opérationnelle. Comités Locaux de Développement (CLD) : Connaissent le projet à travers leur mise en place, mais ont une compréhension limitée de leurs rôles, accentuée par l’absence de formation continue. Communautés locales : Connaissent le projet de nom, mais sa compréhension opérationnelle est faible. Les communautés ont exprimé des attentes élevées qui ne sont pas comblées. « Moi je commence à avoir même des problèmes avec ma communauté que j’avais déjà mobilisée… Ils commencent à me déranger et me demander où on est avec le projet. » – Témoignage du chef de village de Bena Mbuyi. 2. Exécution : un retard inquiétant La mission a mis en évidence un retard significatif dans l’exécution des activités prévues (octobre 2024 à avril 2026). Sur les 14 villages ciblés, seuls 5 ont bénéficié d’une intervention ponctuelle : la distribution d’environ 2 000 plantules de palmier à huile, sans encadrement technique ni suivi structuré. Aucune activité structurante d’agriculture durable, d’agroforesterie ou de reboisement n’a été observée. Seuls 30 CLD sur 42 prévus dans la province ont été installés, et ils sont jugés « faiblement fonctionnels, voire non opérationnels ». 3. Gouvernance locale : Des CLD sur le papier mais pas en action Bien que formellement mis en place, les CLD souffrent d’une faible opérationnalité : Absence de réunions régulières et de plans d’action. Faible maîtrise des rôles et responsabilités. Manque d’encadrement technique. Absence de statut légalisé. 4. Mécanisme de Gestion des Plaintes : Une absence flagrante Plus de 18 mois après le lancement du projet, le Mécanisme de Gestion des Plaintes et Recours (MGPR) n’existe pas encore. Les communautés n’ont aucun moyen formel de partager leurs préoccupations, notamment concernant le retard ou les incidents (comme les pépinières brûlées à Kayemba Tshimanga). Pour une mise en œuvre rapide et inclusive : recommandations aux parties prenantes La mission conjointe GTCRR-CIFOR a établi un diagnostic clair : le PIREDD KORLOM accuse un retard critique, avec des structures de gouvernance locale faibles et des communautés en attente de résultats concrets. Si des bases institutionnelles ont été posées, leur opérationnalisation est urgente pour restaurer la confiance. Pour sauvegarder ce projet, le GTCRR formule les recommandations suivantes : Au bailleur (FONAREDD) : Appuyer la relance rapide du projet et renforcer les exigences de redevabilité. À l’agence de mise en œuvre (ENABEL) : Accélérer le démarrage des activités agricoles et de reboisement. Opérationnaliser les CLD par un accompagnement technique et des formations. Mettre en place d’urgence un mécanisme de gestion des plaintes. Installer des panneaux de visibilité dans les villages. À l’équipe de suivi du GTCRR : Poursuivre le suivi décentralisé et documenter les alertes en temps réel grâce à des points focaux territoriaux. Au partenaire CIFOR : Soutenir le renforcement des capacités des OSC locales en suivi REDD+. Par Audry Mbal 91 Vues
PIREDD DIBETOU : Une adhésion communautaire solide, mais une exécution « à pas de tortue » et une logistique insuffisante qui menacent la confiance
Du 21 au 28 juin 2026, une mission conjointe du GTCRR et du CIFOR s’est rendue dans la province de la Mongala pour évaluer l’état d’avancement du projet REDD+ PIREDD DIBETOU. Si les communautés locales adhèrent au projet, le rapport de suivi révèle des difficultés majeures : retard d’exécution qualifié de « pas de tortue », paiement des PSE en francs congolais au lieu de dollars, et un mécanisme de gestion des plaintes défaillant. Découvrez les constats et les recommandations formulés par la société civile pour sauvegarder ce projet de conservation. Le projet SC-REDD, financé par CAFI-FONAREDD, vise à renforcer les capacités des organisations de la société civile membres du GTCRR pour assurer un suivi indépendant des projets REDD+ en RDC. C’est dans ce cadre qu’une formation intensive en Suivi-Évaluation et communication a été organisée à Lisala au profit des OSC locales de la Mongala. Pour mettre en pratique ces acquis, une mission de suivi terrain a été déployée du 21 au 28 juin 2026. L’objectif principal était d’évaluer de manière participative l’état d’avancement du PIREDD DIBETOU, un projet de conservation forestière géré par la société TARANIS et exécuté par The Shared Wood Company (SWC Kongo), couvrant 5 groupements dans les secteurs de Ngombe Doko et Ngombe Mombangi. Les objectifs spécifiques de la mission étaient : Évaluer le niveau de connaissance et d’implication des communautés locales. Analyser l’exécution des activités physiques (pépinières, parcs à bois, PSE). Vérifier la fonctionnalité des organes de gouvernance locale (CLD, CSMA) et des mécanismes de gestion des plaintes. Identifier les blocages pour formuler des recommandations stratégiques. Une approche participative sur le terrain Pour collecter des données fiables, l’équipe a privilégié une approche qualitative, combinant : Des entretiens individuels avec les membres des CLD, les chefs de villages, et les responsables du projet. Des discussions de groupe réunissant les membres des CLD des villages de BOBILA (Groupement BWELA) et BOMBWALA (Groupement BOKUTU), sélectionnés par échantillonnage aléatoire simple. Des observations directes sur les sites des parcs à bois, champs multiplicateurs de manioc, et pépinières de cacao. Une consultation préalable avec le chargé de suivi-évaluation du projet. Des avancées contrastées et des défis persistants Une bonne appropriation initiale, mais une exécution qui s’essouffle Les communautés ont une bonne connaissance du projet, grâce aux campagnes de sensibilisation de l’ONG AMAR et au processus de Consentement Libre, Informé et Préalable (CLIP) qui a posé les bases de la gouvernance locale. Sur le plan opérationnel, deux activités principales ont été lancées : La mise en place de parcs à bois communautaires pour la multiplication de variétés améliorées de manioc (ZIZILA et OBAMA 2). L’aménagement de pépinières de cacao. Cependant, les bénéficiaires jugent le rythme d’exécution « à pas de tortue ». L’implication quotidienne des jeunes et des femmes demeure faible, limitant l’impact du projet. « Le projet a démarré sur de bonnes bases, mais la lenteur et les difficultés logistiques commencent à décourager la communauté. » – Témoignage d’un membre du CLD de Bobila. Gouvernance locale et mécanisme de plaintes : Des dysfonctionnements critiques Si les structures de base (CLD et CSMA) sont reconnues, leur fonctionnement est entravé par plusieurs problèmes : Le numéro vert mis en place pour les plaintes est inopérant ou hors service, un problème exacerbé par la faible couverture réseau. Des tensions communautaires persistent autour de l’emplacement de la base-vie de TARANIS Les principales difficultés des communautés : Les témoignages recueillis par l’équipe de suivi font état de barrières logistiques et financières majeures : Insuffisance criante de matériel : À Bombwala, un CLD de 14 membres n’a reçu qu’une seule paire de bottes et 5 machettes, paralysant le travail collectif. Paiement des travaux : Une violation contractuelle source de frustration. Alors que les contrats sont signés en Dollars Américains ($), le projet impose un paiement en Francs Congolais (CDF) à un taux de change désavantageux. À cela s’ajoutent des retards chroniques de paiement. Absence de recrutement local : La main-d’œuvre est souvent recrutée à Lisala, excluant les compétences disponibles localement et générant un sentiment d’injustice. Défis rencontrés par la mission de suivi La mission a dû faire face à des contraintes logistiques qui ont limité le nombre de villages visités. Seuls deux groupements ont été couverts, ce qui souligne l’importance de renforcer les capacités et les moyens des OSC pour un suivi plus exhaustif à l’avenir. Appels à l’action La mission conjointe GTCRR-CIFOR démontre que le PIREDD DIBETOU bénéficie d’une adhésion communautaire solide, mais que des dysfonctionnements opérationnels menacent sa pérennité. Le non-respect des contrats en ce qui concerne les paiements, l’insuffisance de matériel et l’absence de dialogue franc sont des risques majeurs de démobilisation. Pour sauvegarder ce projet, le GTCRR formule les recommandations suivantes : À l’agence de mise en œuvre (TARANIS) : Respecter scrupuleusement les contrats (paiement en dollars ou un taux convenable), finaliser la légalisation et l’équipement des CLD, et résoudre le conflit lié à l’emplacement des bases-vies en concertation avec la communauté. À l’équipe de suivi du GTCRR : Poursuivre les missions de suivi dans d’autres villages et assurer un plaidoyer soutenu pour la mise en œuvre des recommandations. Aux structures de gouvernance locale : S’approprier le projet et remonter les difficultés aux autorités compétentes. Par Audry Mbala 110 Vues
Forêts, finance, synergies : que préconise le GTCRR pour accélérer l’action climatique intégrée d’ici 2030 ?
Bonn, 15 juin 2026 – Centre mondial de conférences de Bonn (WCCB). Dans le cadre de l’événement parallèle ouvert à tous les participants accrédités à la CCNUCC SB64, en présentiel ou à distance, le coordonnateur national du GTCRR, M. Guy Kajemba, est intervenu virtuellement lors du side-event intitulé : « Forêts, finance, synergies : faire progresser l’action climatique intégrée à l’horizon 2030 ». Cet événement était organisé par Landscape Alliance, l’Institut Igarapé et l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Enjeux et Objectifs Cet événement parallèle a examiné comment les approches intégrées relatives aux forêts, au climat, à la biodiversité et à la résilience peuvent passer du stade d’aspiration politique à celui de mise en œuvre opérationnelle en amont de la COP35 (2030). Plutôt que de se concentrer principalement sur les obstacles eux-mêmes, la session visait à identifier des pistes concrètes permettant de réaliser des progrès significatifs au cours des quatre à cinq prochaines années et de créer les conditions d’un déploiement à grande échelle de l’action climatique intégrée dans différents pays et territoires. Réunissant les perspectives des scientifiques, des décideurs politiques et des praticiens, les discussions ont portera sur comment : passer de la définition du défi que représente la recherche de synergies à des solutions évolutives, en plaçant la nature et les forêts au cœur du débat ; mettre en lumière les expériences pratiques et les solutions émergentes des institutions, des gouvernements et des acteurs locaux ; définir les conditions favorables, les approches de financement forestier et les modèles de gouvernance susceptibles de soutenir une action climatique intégrée et à grande échelle d’ici à 2030. Intervention du Coordonnateur national du GTCRR : principaux apports Lors de ce side-event, le coordonnateur national du GTCRR est intervenu pour répondre à plusieurs questions stratégiques. Il a mis en lumière les obstacles opérationnels majeurs freinant la mise en œuvre d’actions intégrées d’ici 2030, tout en proposant des voies de déblocage. Obstacles à la mise en œuvre Il a d’abord souligné le déficit de respect des engagements internationaux : malgré de multiples forums et promesses de financement climat, les annonces peinent à se traduire en flux financiers effectifs. Par ailleurs, les communautés locales ne bénéficient pas directement et de manière visible des financements disponibles. Pour le Bassin du Congo, deuxième poumon forestier mondial, il a plaidé pour une approche-programme plutôt qu’une approche-projet, cette dernière tendant à marginaliser les populations locales. Conditions d’un accès direct aux financements Pour que les fonds atteignent effectivement les populations, le coordonnateur national a insisté sur : La structuration de la gouvernance locale: en s’appuyant sur les travaux relatifs aux forêts des communautés locales (CFCL), afin que les communautés puissent exprimer clairement leurs besoins prioritaires. La reconnaissance du rôle des communautés: légitime, car leur gestion quotidienne et rationnelle est un facteur clé de la préservation effective des forêts. Actions prioritaires pour 2026-2030 Interrogé sur les actions cruciales à mener dans les quatre prochaines années, il a identifié la nécessité d’adapter les cadres juridiques nationaux aux nouvelles dynamiques du changement climatique. Cela implique des réformes complexes touchant au foncier, à l’aménagement du territoire, au code forestier et aux politiques sectorielles, afin de rendre les efforts visibles et durables. Innovations institutionnelles et financières Il a cité l’initiative Tropical Forest Forever Facility (TFFF), lancée lors de la COP30, qui vise à rémunérer durablement les efforts de conservation des communautés sans passer par des intermédiaires multiples. Il a également mentionné le paiement pour services environnementaux (PSE) comme une piste prometteuse, mais encore à structurer et à doter d’un cadre cohérent. Alignement des politiques climat, biodiversité et forêts Pour éviter la lourdeur administrative et les redondances, M. Guy Kajemba a proposé quatre principes directeurs : Dépolitisation et efficacité technique: traiter les questions techniques avec rigueur, en évitant les chevauchements institutionnels et les superstructures décisionnelles inutiles. Alignement sur la stratégie nationale: coordonner les actions en fonction des moteurs réels de la déforestation identifiés, pour une approche globale et cohérente. Respect des communautés locales: inscrire dans les lois et politiques le principe du Consentement Libre, Informé et Préalable (CLIP), garantissant une participation amont et éclairée. Transparence et Mesurage, Rapportage, Vérification (MRV): instaurer un système rigoureux, associant toutes les parties prenantes, pour assurer la traçabilité des fonds et la crédibilité des paiements basés sur les résultats. Perspectives et conclusion En croisant les regards scientifiques, politiques et opérationnels, cette session a posé les jalons d’une feuille de route réaliste pour 2030. Elle confirme que l’accélération de l’action climatique intégrée passe par un double mouvement : renforcer la gouvernance locale et la confiance entre acteurs, tout en innovant dans les mécanismes de financement et de suivi. Le Bassin du Congo, par son poids écologique et les initiatives qui y émergent, illustre la nécessité de dépasser les logiques de projet pour adopter des approches-programmes, territorialisées et ancrées dans les réalités communautaires. C’est à ce prix que les engagements de Rio et de Paris pourront produire leurs effets sur les forêts, le climat et la biodiversité à l’horizon de la prochaine décennie. Par audry Mbal 123 Vues
Sud-Ubangi : 500 m³ d’Afzelia pachyloba exploités illégalement, le GTCRR Sud-Ubangi tire la sonnette d’alarme
Sud-Ubangi, en juillet 2026, Le Groupe de Travail Climat Redd+ Rénové en sigle GTCRR, acteur clé de la protection de l’environnement en République Démocratique du Congo, a mené une mission d’investigation dans le territoire de Libenge, province du Sud-Ubangi. Cette initiative, dirigée par le Coordonnateur Provincial William WELENDE, fait suite à des informations alarmantes concernant une exploitation forestière non réglementée. Les investigations, menées du 29 juin au 4 juillet 2026, révèlent une situation critique où des ressources naturelles précieuses sont pillées, souvent sous la protection d’autorités locales, sans bénéfice pour les populations autochtones. Contexte et objectifs de la mission La province du Sud-Ubangi, à vocation agricole, voit ses forêts tropicales subir une pression croissante. Le commerce de grumes, particulièrement par des ressortissants vietnamiens, menacent la survie de ces écosystèmes essentiels. Face à ce constat et suite à un arrêté ministériel suspendant les exploitations abusives, le GTCRR s’est mobilisé. La mission visait à : Informer les autorités locales sur l’importance de la protection des forêts. Expliquer le rôle de la société civile environnementale. Identifier les personnes et sociétés impliquées dans les activités illicites. Vérifier la présence d’autorisations administratives pour l’exploitation. Évaluer les impacts environnementaux et socio-économiques de cette exploitation. Formuler des recommandations pour les autorités compétentes. Un constat alarmant sur le terrain Les membres de la mission se sont rendus dans les sites de Batanga, Kpakwa et Kambe. Leurs observations font état d’une exploitation qui ne respecte ni la loi, ni les communautés locales. Une exploitation semi-industrielle aux allures de pillage À Batanga, l’équipe a constaté un stock impressionnant de plus de 500 mètres cubes de grumes, principalement de l’essence rare « Afzelia pachyloba », stocké au port. Cette exploitation est caractérisée comme semi-industrielle en raison de la présence de machines lourdes. Selon les informations recueillies, toute cette production est vendue directement aux acheteurs vietnamiens, sans que les communautés locales n’en tirent de bénéfices. « Tous les bois exploités sont dans les domaines Privé de l’État congolais. Cette exploitation ne bénéficie pas aux communautés locales de LIBENGE et les Vietnamiens n’ont pas de document d’achat ni de permis d’exploitation. » – Rapport de mission du GTCRR. L’administration locale contournée Les investigations menées auprès du service technique de l’environnement de Libenge ont révélé un dysfonctionnement majeur. Le secrétaire du superviseur a confirmé la non-implication de ses services dans l’octroi des permis ou les prospections. L’exploitation se déroule dans l’opacité la plus totale, sous la « bénédiction » présumée d’un député provincial. Les coupes se font dans le domaine privé de l’État, et des indices suggèrent que certaines zones seraient exploitées au sein même d’une CFCL (Concession Forestière des Communautés Locales) dans le Groupement de GBAKA MABO, une violation grave des droits des communautés. L’ignorance et la marginalisation des pygmées Dans le site de Kambe, les échanges avec les communautés pygmées ont démontré leur totale ignorance des activités d’exploitation forestière. « Les missionnaires ont échangé avec les pygmées sur leurs bénéfices vis-à-vis de l’exploitation des ressources forestière auquel ils ont déclarés très sceptiques et ignorants« , peut-on lire dans le rapport. Ces peuples autochtones, qui dépendent pourtant de la forêt pour leur survie, sont les premiers à subir les conséquences de cette déforestation sans en retirer le moindre avantage. Impacts, recommandations et appel à l’action L’exploitation illégale observée a des conséquences désastreuses à plusieurs niveaux : disparition des essences rares comme Afzelia pachyloba, dégradation de la biodiversité, conflits sociaux et perte de revenus pour l’État congolais. Face à cette situation, le GTCRR a formulé des recommandations claires lors d’une réunion de restitution en présence de l’Administrateur du territoire et des services techniques : Aux autorités provinciales: Renforcer les contrôles, doter les services techniques de moyens logistiques, et convoquer d’urgence les exploitants pour faire respecter le Code forestier. Aux exploitants forestiers: Respecter le volume de coupe requis, promouvoir les bonnes pratiques et contribuer au reboisement. Aux communautés locales: Participer activement à la protection des forêts et signaler les cas d’exploitation illégale. La mission du GTCRR est une première étape cruciale pour alerter sur le pillage des forêts du Sud-Ubangi. Cependant, les éléments recueillis constituent des indices graves qui méritent une enquête administrative et judiciaire approfondie. Pour préserver les forêts de la RDC et les droits des communautés qui en dépendent, une action ferme et concertée est plus que jamais nécessaire. Le GTCRR poursuivra son travail de surveillance et de plaidoyer, mais le soutien de tous est indispensable. Quelques images des grumes observées Quelques photos après après la réunion de restitution de la mission d’observation dans le territoire de Libenge le 7 juillet 2026 le GTCRR présente au Gouverneur a.i. le rapport de la mission de suivi de l’exploitation forestière à Libenge, le 21 juillet 2026 Par audry mbal 342 Vues
Plan stratégique quinquennal 2026-2031 : LINAPYCO et GTCRR unis pour les droits fonciers des PAP en RDC
Kinshasa, les 7, 8 et 9 juillet 2026 – La Ligue Nationale des Associations Autochtones Pygmées au Congo (LINAPYCO) a organisé, à Kinshasa, un atelier national de validation de son Plan Stratégique Quinquennal pour la reconnaissance légale et la sécurisation des droits fonciers et des ressources naturelles des Peuples Autochtones Pygmées (PAP) et des communautés locales en République Démocratique du Congo. Cet événement a bénéficié de l’appui financier de la Rights and Resources Initiative (RRI), de CARITAS-CONGO et du Groupe de Travail Climat REDD+ RENOVE (GTCRR). L’atelier avait pour objectif général de valider le document du Plan stratégique quinquennal et d’élaborer une feuille de route pour sa mise en œuvre. Environ soixante participants, venus des provinces et de Kinshasa, des experts de la société civile, des membres du corps diplomatique accrédités ainsi que des partenaires au développement ont pris part à ces assises. Une réforme foncière historique pour les PAP La République Démocratique du Congo a franchi une étape majeure avec la promulgation de la Loi foncière n°25/062 du 30 décembre 2025, suivie de la validation technique du Plan Foncier National. Portée par le Ministère des Affaires Foncières, cette réforme vise à sécuriser les droits fonciers et à moderniser le secteur à travers la numérisation du cadastre, la suppression de la prescription acquisitive et l’instauration d’une conciliation obligatoire. Cependant, malgré ces avancées et l’existence de la Loi n°22/030 portant protection et promotion des droits des peuples autochtones pygmées, la mise en œuvre effective des droits fonciers coutumiers des PAP reste à consolider. C’est pour répondre à ce défi que la LINAPYCO a entrepris, dès 2019, l’élaboration d’un plan stratégique quinquennal, à travers des ateliers participatifs organisés à Goma (mai 2019) puis à Kinshasa (août 2020). Cet atelier de juillet 2026 visait ainsi à : Examiner de manière critique les axes stratégiques, les actions prioritaires et les mécanismes de suivi proposés ; Recueillir les amendements et recommandations des parties prenantes pour enrichir le document final ; Obtenir un consensus national sur les responsabilités de chaque acteur (Gouvernement, société civile, secteur privé, peuples autochtones). Discours d’ouverture et engagements des partenaires Lors de la cérémonie d’ouverture, le Coordonnateur national du GTCRR, M. Guy Kajemba, a réaffirmé l’engagement de son institution à accompagner ce processus, à porter la voix des communautés et à veiller à ce que ce plan stratégique devienne un instrument vivant de transformation sociale et environnementale en RDC. Il a souligné la nécessité d’une synergie entre tous les acteurs pour garantir la mise en œuvre effective des actions prévues. Pour sa part, l’Abbé Jean Paul Lukutu, coordonnateur provincial du GTCRR Maindombe, a insisté sur l’importance de cartographier les compétences des PAP, rappelant que ces communautés ne manquent pas de ressources humaines qualifiées. Cette cartographie permettra de mieux identifier les forces locales et d’orienter les actions de renforcement des capacités. Structure du Plan stratégique et axes d’intervention Le Plan stratégique quinquennal s’articule autour de quatres axes stratégiques principaux et de deux axes transversaux, à savoir l’Information-Éducation-Communication (IEC) et le Genre. Ces axes visent à garantir une approche globale et inclusive, prenant en compte à la fois les dimensions techniques, sociales et culturelles de la sécurisation des droits fonciers. Adoption de la feuille de route et mobilisation des ressources À l’issue des travaux, les participants ont adopté la feuille de route pour le lancement officiel du plan stratégique et la mobilisation des ressources financières nécessaires à sa mise en œuvre. Comme le souligne le document stratégique : « Le Plan stratégique va servir de cadre de référence aux membres du REPALEF-RDC et ses parties prenantes pour la priorisation de leurs interventions, leurs choix d’activités futures et la mise en œuvre de leurs plans d’actions. Il servira également d’outil de plaidoyer pour mobiliser davantage de partenaires et de ressources financières et techniques. » Mot de clôture : une boussole pour l’avenir Dans son discours de clôture, le Président du Conseil d’Administration (PCA) de la LINAPYCO, M. Kapupu Diwa, a qualifié le document validé de véritable boussole pour les droits fonciers des peuples autochtones. Il a rappelé que la terre et la langue constituent les deux piliers fondamentaux de l’identité des Congolais : « Le premier pilier, c’est la terre. Si aujourd’hui on nous appelle des Congolais, c’est parce que nous avons ce territoire qu’on appelle la RDC, avec ses 2 345 410 km². Le deuxième pilier, c’est la langue, socle de notre identité culturelle avec nos quatre langues nationales. Le document que nous venons de valider sera notre orientation, notre boussole pour que la terre, comme le disent les peuples autochtones : notre mère nourricière ; soit enfin protégée et reconnue. » La réussite de ce plan stratégique dépendra désormais de la volonté politique, de la disponibilité des financements et de la capacité des acteurs à travailler en synergie. La LINAPYCO, en tant que team leader des processus de réformes en cours, appelle l’ensemble des parties prenantes à s’engager résolument afin que les droits fonciers des Peuples Autochtones Pygmées soient enfin reconnus et sécurisés, pour le bien-être des communautés et la préservation de leur identité culturelle. Le GTCRR, quant à lui, accompagnera les peuples autochtones pygmées dans la sécurisation de leurs droits fonciers à travers des actions de plaidoyer, des campagnes de lobbying et une participation dynamique à toutes les étapes de plan. Cet engagement renforce la complémentarité des rôles entre la LINAPYCO, qui pilote la réforme foncière au sein des OSC des Peuples autochtones et le GTCRR, qui agit comme soutien technique et politique pour garantir que la voix des communautés soit portée au plus haut niveau. Par Audry Mbal 392 Vues
Suivi REDD+ : Le GTCRR RDC renforce les capacités de ses OSC membres à Kinshasa
Kinshasa du 4 au 5 juin 2026 – Le Groupe de Travail Climat REDD+ Rénové (GTCRR) a organisé une formation intensive à l’intention de ses organisations membres. Soutenue par le Centre de Recherche Forestière Internationale (CIFOR) et financée par CAFI-FONAREDD, cette initiative visait à outiller les acteurs locaux pour un suivi décentralisé, crédible et durable des projets REDD+ à travers toute la République Démocratique du Congo. Une réponse aux défis du suivi climatique Face à l’importance croissante des mécanismes REDD+ pour la lutte contre le changement climatique, la RDC doit s’appuyer sur une société civile compétente et organisée. Le projet SC-REDD (Projet d’Appui à la Société Civile pour un Suivi Décentralisé), piloté par le GTCRR en partenariat avec CIFOR, répond à ce besoin crucial. Cette formation visait aussi de permettre aux OSC membre de : Maîtriser les outils de suivi-évaluationspécifiques au processus REDD+ en RDC. S’approprier les mécanismes de gouvernance, notamment l’outil « Où en sommes-nous » développé par CIFOR. Intégrer les normes internationalescomme les jalons REDD+ et les principes de l’Accord de Cancun. Comprendre les politiques de sauvegardeet les mécanismes de gestion des plaintes pour un suivi éthique et inclusif. Une approche participative au service de l’apprentissage Pendant deux jours, la salle Mgr Muzihirwa du cercle culturel Boboto s’est transformée en un espace dynamique d’échanges et de construction collective. Plus de 34 OSC, représentant un large éventail d’acteurs (hommes, femmes et jeunes), ont participé à ces assises. Une méthodologie interactive et pratique Loin d’un cours magistral, la formation a adopté une méthodologie résolument participative. Les participants ont été divisés en groupe pour des travaux, suivis de restitutions en plénière. Des exercices pratiques et des évaluations quotidiennes ont permis de mesurer les progrès et d’ajuster les apprentissages en temps réel. Cette approche a favorisé l’implication active de chacun. Des retours enthousiastes L’impact de cette formation se mesure avant tout à travers les retours enthousiastes des participants, qui repartent avec des compétences concrètes. Pour le formateur ; M. David Badesire Willy, Spécialiste Suivi-Évaluation, CIFOR. « Cette activité vise à doter les membres du GTCRR d’une compréhension commune des outils de suivi. L’enjeu est de taille : il s’agit de réaliser des suivis indépendants, basés sur des données fiables, pour que la coordination nationale puisse mener des plaidoyers solides au niveau international. Nous devons donner une voix à la RDC, mais une voix qui s’appuie sur des preuves tangibles du terrain. » « Vraiment, nous sommes très heureux de suivre cette formation, qui a encore ajouté une plus-value à ce que nous avons toujours cherché à voir dans le cadre de nos activités au sein du GTCRR. Nous remercions également les partenaires du CIFOR, qui ont présenté des outils très, très, très importants. » Rigobert Mola, CAPID. « Durant cette formation, nous avons appris les étapes du suivi-évaluation, car c’est vraiment important dans nos ONG. J’ai aussi appris, au cours de cette formation, comment rédiger un bon rapport » Christelle Muamba, OGF. Un engagement renforcé pour la transparence Cette initiative marque une progression décisive pour la société civile de Kinshasa. Les OSC membres du GTCRR s’engagent désormais à devenir des acteurs clés du suivi, du plaidoyer et de la transparence dans le processus REDD+. Leur objectif est clair : faire entendre la voix des communautés locales sur la scène nationale et internationale, en s’appuyant sur des données rigoureuses et une expertise reconnue. Par Audry Mbal 427 Vues
Renforcement des OSC en communication : Le GTCRR Kinshasa outille plus 30 organisations pour un suivi REDD+ plus efficace
Kinshasa, 6 juin 2026 – Dans le cadre du projet d’appui à la société civile pour un suivi décentralisé des projets/programmes REDD+ (SC-REDD), plus de 30 organisations membres du Groupe de Travail Climat REDD+ Rénové (GTCRR) participent à un atelier de renforcement de capacités en communication. Soutenue techniquement par le Centre de Recherche Forestière Internationale (CIFOR) et financée par le Fonds CAFI-FONAREDD, cette initiative vise à faire des OSC des acteurs crédibles et influents dans leur communication. Le projet SC-REDD, d’une durée de trois ans, est actuellement déployé dans 21 provinces, avec une extension prévue à l’ensemble des 26 provinces du pays. Son ambition est de permettre au réseau GTCRR de jouer pleinement son rôle d’observateur, de lanceur d’alerte et d’acteur de plaidoyer auprès des décideurs. Face à l’urgence climatique, il est essentiel que les OSC locales maîtrisent les outils de communication pour informer les communautés, documenter les impacts des projets REDD+ et assurer une redevabilité effective. Cette formation répond précisément à ce besoin en dotant les participants des compétences nécessaires pour améliorer la qualité de leurs rapports et renforcer leur interaction avec les populations locales. UNE APPROCHE PRATIQUE ET PARTICIPATIVE Sous la houlette de Monsieur Arsène Kashemwa, expert en communication du CIFOR pour la RDC, la session a mêlé théorie et exercices immersifs. Le programme a notamment abordé : Les fondamentaux de la communication et de la visibilité dans le cadre du projet SC-REDD ; L’impact de la communication sur le changement de comportement au sein des communautés ; Les techniques pratiques de photographie et vidéographie pour une documentation fidèle des activités de terrain ; Les règles de rédaction journalistique, avec un accent sur la méthode du « triangle inversé » pour des rapports plus percutants ; Des ateliers pratiquesd’évaluation et de mise en situation. L’accent a également été mis sur l’importance des documents de consentement, garantissant que chaque activité menée dans les communautés bénéficie d’un consensus éclairé, renforçant ainsi la confiance et la transparence dans le processus REDD+. UNE RICHESSE POUR NOTRE TRAVAIL QUOTIDIEN Jr Bowela, membre du GTCRR Kinshasa, a partagé son enthousiasme : « Nous avons bénéficié d’une formation extrêmement riche. La partie sur la communication numérique, notamment la photographie et la vidéographie, nous permettra de produire des rapports beaucoup plus viables et attestant de notre travail sur le terrain. » Pour Flavie Bengongo, du CTIDD, cette session est une véritable bouffée d’oxygène pour les missions de terrain : « La communication est essentielle pour faire comprendre le sens de nos projets aux communautés. J’ai appris des approches concrètes que je vais transmettre au sein de notre ONG. » Le GTCRR, fort de cette nouvelle dynamique, entend poursuivre son déploiement sur l’ensemble du territoire national. Prochaine étape : la duplication de cette formation dans autres provinces, afin de consolider un réseau national d’OSC compétentes et autonomes. Par audry Mbal 413 Vues
Renforcement des capacités de 50 organisations membres du GTCRR Mongala en suivi-évaluation et en communication
Du 21 au 28 juin 2026, le Groupe de Travail Climat REDD+ Rénové (GTCRR), en partenariat avec le Centre de recherche forestière internationale (CIFOR), a organisé à Lisala une formation intensive en suivi-évaluation des projets et programmes REDD+ et en communication à l’intention de 50 organisations de la société civile (OSC) de la province de la Mongala membre du GTCRR. Renforcer la voix des communautés pour un suivi citoyen des projets REDD+ Face aux défis de la déforestation et du changement climatique, la République Démocratique du Congo a engagé des projets ambitieux comme le PIREDD DIBETOU, mis en œuvre dans la province stratégique de la Mongala depuis 2025. Mais pour que ces initiatives profitent réellement aux populations locales, un suivi citoyen et transparent est essentiel. C’est dans cet esprit que le GTCRR, à travers son projet SC-REDD+ financé par le CAFI-FONAREDD, a déployé une mission de renforcement des capacités à Lisala. L’objectif ? Former les OSC locales aux techniques de communication et de suivi-évaluation pour leur permettre de documenter, analyser et relayer les informations sur les projets REDD+ et d’autres enjeux environnementaux. Suivi-évaluation : deux jours de formation pratique et interactive Les 22 et 23 juin 2026, plus de 50 organisations membres du GTCRR ont participé à des séances intensives de renforcement des capacités en suivi et évaluation des projets et programmes REDD+. L’objectif principal : outiller les OSC pour assurer un suivi citoyen et décentralisé des initiatives environnementales en province. La première journée a permis aux participants de s’approprier le projet SC-REDD+ et ses objectifs. Les échanges ont porté sur les notions fondamentales du suivi-évaluation, notamment : Les différents types et rôles du suivi-évaluation Les critères d’évaluation et leur distinction avec les critères d’impact Le mécanisme de gestion des plaintes et recours (MGPRI): comment remonter les préoccupations des communautés via les canaux dédiés (téléphone, e-mail, formulaire Kobo, bureaux CIFOR et GTCRR). Des travaux en groupe ont permis d’identifier les leçons apprises et d’approfondir les notions clés. La journée s’est clôturée sur une note positive, avec des participants déjà engagés dans la démarche. La deuxième journée a débuté par une brève récapitulation avant d’aborder des aspects plus techniques. Le formateur a conduit les participants à travers : La méthodologie pratique du suivi-évaluation, en s’appuyant sur des outils concrets : le PRODOC, le PTBA (Plan de Travail et Budget Annuel), les TDR (Termes de Référence) et les outils de collecte de données L’AGAR (Gestion Axée sur les Résultats), approche incontournable pour mesurer l’impact des projets Le journal d’influence engagé, qui documente les efforts du réseau et ses avancées Les piliers et jalons de la REDD+, pour une compréhension globale du processus Les participants ont également travaillé en groupe, identifiant les leçons apprises, les recommandations et les obstacles à partir des réponses issues de l’outil « Où en sommes-nous ? ». « La formation en suivi-évaluation nous a permis de comprendre comment mesurer l’impact réel des projets sur nos communautés. C’est un outil précieux pour notre plaidoyer », témoigne l’ingenieur Nzinga Camile de l’ONG DJEPPE. Communication REDD+ : outiller les OSC pour une meilleure visibilité La formation en communication, animée conjointement par M. Arsène Kashemwa, spécialiste en communication du CIFOR, et M. Audry Mbala, chargé de communication du GTCRR, s’est tenue le 24 juin 2026. Pendant une journée intense, les 50 participants ont exploré entre autre : Les fondamentaux de la communication pour le changement de comportement (SBCC) : comment influencer les perceptions et susciter une adhésion durable aux objectifs REDD+. Les techniques de rédaction et de photographie : l’importance du consentement, de la pyramide inversée pour les articles, et de la qualité des visuels. « La communication est un moteur d’adhésion. Elle explicite la vision, lève les incertitudes et aligne les acteurs sur les objectifs communs », a rappelé M. Kashemwa lors de la formation. Des échanges enrichissants et des compétences consolidées La méthodologie adoptée a mis l’accent sur l’interactivité et la participation active. Les participants ont été répartis en groupes de travail pour des exercices pratiques, notamment la rédaction de simulations de rapports et de plaintes destinées à l’observatoire indépendant. « Grâce à cette formation, je sais désormais comment rédiger un rapport clair et documenter les activités de mon organisation. C’est une compétence qui nous manquait cruellement », témoigne Jean-Pierre Lokonda, président d’une OSC locale de Lisala. Le GTCRR reste plus que jamais engagé à poursuivre cet élan, aux côtés de ses partenaires et des OSC, pour que la lutte contre la déforestation rime avec transparence, équité et la participation effective de toutes et tous. Par audry Mbal 355 Vues
Marché carbone en RDC : La société civile appelle à une réforme participative et transparente
Kinshasa, le 26 juin 2026 – La coordination nationale du Groupe de Travail Climat Redd+ Rénové (GTCRR) a organisé un point de presse ce vendredi pour exprimer la position commune de la société civile environnementale sur le projet de loi établissant le cadre légal du marché carbone en République Démocratique du Congo. Face à l’importance stratégique de ce texte, les organisations membres ont formulé des recommandations claires pour garantir un processus conforme aux standards internationaux, respectueux de la justice climatique et protecteur des droits des communautés locales. Une opportunité historique à ne pas gâcher Le développement d’un marché carbone crédible représente une opportunité sans précédent pour la RDC. Il permettrait de transformer son patrimoine naturel exceptionnel en un levier durable de financement pour le développement, la lutte contre le changement climatique et la réduction de la pauvreté. Cependant, pour la Société civile environnementale, cette ambition ne pourra se réaliser que si la réforme en cours consolide les acquis existants au lieu de les fragiliser. « La crédibilité du marché carbone congolais ne repose pas sur la multiplication des textes, mais sur la cohérence de l’architecture juridique, la stabilité de la gouvernance et la confiance des partenaires internationaux », souligne la note de position lue lors du point de presse. L’objectif général de cette prise de parole était double : exposer la position commune de la société civile et proposer des recommandations pour que ce cadre légal soit un véritable instrument de développement au service des populations, et non une simple plateforme de commercialisation. Une réforme au service des populations et du climat Conformément à l’Accord de Paris, le marché carbone ne doit pas être une fin en soi. Il est un outil pour : Mobiliser des financements additionnels pour les politiques climatiques. Soutenir la mise en œuvre de la Contribution Déterminée au niveau National (CDN). Protéger les forêts et renforcer l’adaptation au changement climatique. Créer des emplois verts et améliorer durablement les conditions de vie des communautés locales et des peuples autochtones. La Société civile met en garde : toute réforme précipitée ou non inclusive compromettrait la capacité de la RDC à attirer les investissements climatiques nécessaires à la réalisation de ces objectifs de développement durable. Les 7 recommandations majeures du GTCRR Pour garantir la transparence du processus et la souveraineté nationale, la société civile a formulé sept recommandations clés adressées au Gouvernement entre autre : Suspendre le processus législatif en cours : Surseoir à l’examen du projet de loi dans sa rédaction actuelle afin de permettre une revue juridique, institutionnelle et technique approfondie garantissant sa conformité avec la Constitution, la législation environnementale nationale, le cadre national de gouvernance de l’Article 6 de l’Accord de Paris ainsi que les engagements internationaux de la République. Mettre en place un processus national de concertation : Organiser un processus inclusif associant l’ensemble des parties prenantes concernées, notamment les administrations publiques, les institutions spécialisées, les provinces, les entités territoriales décentralisées, les communautés locales, les peuples autochtones, les organisations de la société civile, les développeurs de projets, le secteur privé, les universités, les centres de recherche ainsi que les partenaires techniques et financiers. Consolider le cadre juridique et institutionnel existant : Privilégier le renforcement des réformes déjà engagées plutôt que la création de mécanismes parallèles susceptibles de générer des conflits de compétences, une insécurité juridique et une perte de crédibilité auprès des partenaires internationaux. Renforcer les capacités nationales : Poursuivre le renforcement des capacités techniques, institutionnelles et opérationnelles des administrations publiques, de l’ARMCA, des autorités provinciales, des collectivités territoriales, du secteur privé et des organisations de la société civile afin d’assurer une mise en œuvre efficace des mécanismes prévus par l’Article 6 de l’Accord de Paris. Finaliser les infrastructures nationales du marché carbone : Accélérer la mise en place des principaux outils de gouvernance du marché carbone, notamment le Registre National Carbone, les systèmes de Mesure, Rapportage et Vérification (MRV), les procédures nationales d’autorisation et de comptabilisation, les sauvegardes environnementales et sociales, le mécanisme de partage des bénéfices ainsi que les instruments de transparence et de traçabilité requis par les règles internationales. Garantir une gouvernance territoriale et participative : Renforcer la participation des provinces et des entités territoriales décentralisées dans la gouvernance du marché carbone, tout en garantissant l’implication effective des communautés locales, des peuples autochtones et des autres parties prenantes tout au long du cycle de vie des projets carbone, conformément aux principes de participation, de transparence et de consentement libre, préalable et éclairé. Faire du marché carbone un levier de développement national : Veiller à ce que les financements climatiques issus du marché carbone contribuent effectivement à la mise en œuvre des priorités nationales, notamment la Contribution Déterminée au niveau National, la conservation des écosystèmes, le développement rural, la résilience climatique, la création d’emplois verts, l’amélioration des conditions de vie des communautés locales, la promotion des droits des peuples autochtones et la réduction durable de la pauvreté, conformément aux objectifs de l’Accord de Paris. La Société civile environnementale, à travers le GTCRR, réaffirme sa disponibilité à accompagner le Gouvernement dans la construction d’un marché carbone souverain et crédible. Elle considère que le dialogue et la transparence sont les seuls gages de succès pour faire de ce projet un véritable instrument de souveraineté économique, de protection du patrimoine naturel et de financement du développement durable pour l’ensemble de la population congolaise. Le GTCRR reste mobilisé pour veiller à ce que les réformes environnementales profitent aux communautés les plus vulnérables. Par audry Mbal 737 Vues