Groupe de Travail Climat Redd + Rénové

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GTCRR : Les experts actualisent la politique Genre, Équité et Inclusion Sociale

Atelier,  Genre et inclusion sociale,  Information

Le 17 septembre 2026, le Groupe de Travail Climat REDD+ Rénové (GTCRR) a réuni les membres de son Groupe Thématique Genre et Inclusion Sociale à la coordination nationale à Kinshasa. Cette rencontre stratégique visait à actualiser la politique Genre, Équité et Inclusion Sociale (GESI) de l’organisation, afin de mieux intégrer les droits des femmes, des jeunes et des Peuples Autochtones dans les initiatives de gouvernance forestière et de justice climatique en République Démocratique du Congo (RDC).   Vers une politique GESI actualisée au GTCRR : contexte, enjeux et objectifs Conscient de l’importance de l’intégration du genre dans ses interventions, le GTCRR s’est doté d’une politique genre. Toutefois, l’évolution du contexte institutionnel, social, économique et climatique, ainsi que l’émergence de nouveaux enjeux liés à l’inclusion et à la résilience, ont rendu nécessaire son actualisation. L’objectif général de cet atelier était de réunir les experts du GT Genre et Inclusion Sociale pour apporter des analyses approfondies sur le document de politique genre. Il s’agissait de permettre au GTCRR de disposer d’un cadre de référence actualisé, opérationnel et cohérent, lui permettant de mieux intégrer l’égalité de genre et l’inclusion dans ses actions en faveur d’un développement durable et résilient face aux changements climatiques. Spécifiquement, les participants devaient actualiser le document de politique genre, prendre connaissance du draft de l’analyse GESI et formuler des recommandations pour enrichir ce document. L’atelier a été organisé selon une approche participative, inclusive et orientée vers les résultats. La stratégie Genre actuelle du GTCRR avait été mise à la disposition des participants à l’avance pour leur permettre de préparer leurs contributions.   Une analyse approfondie des livrables GESI Deux consultantes de CIFOR ont animé des exposés sur l’analyse genre. Madame Dora a présenté les livrables 1 et 2. Le premier livrable portait sur le Diagnostic organisationnel du GTCRR et les pistes stratégiques d’amélioration, dans le cadre du Projet « Appui de la société civile pour le suivi décentralisé des projets et programmes REDD+ en RDC » (SC-REDD). Il s’agissait d’analyser les outils et mécanismes organisationnels, de comprendre les perceptions des acteurs et d’identifier les problèmes systémiques. Le second livrable a porté sur les innovations des organisations membres en matière d’inclusion sociale, documentant les pratiques formelles et informelles pour renforcer la participation. Madame Louise a ensuite présenté les livrables 3 et 4, portant sur l’analyse de l’intégration de l’égalité de genre et de l’inclusion sociale (GESI) dans les cadres politiques, juridiques et stratégiques liés à la REDD+ en RDC. L’étude a examiné la participation des femmes, des jeunes et des Peuples Autochtones (PA) dans les processus décisionnels, leur accès aux bénéfices des programmes REDD+, les mécanismes de recevabilité et les dispositifs de sauvegarde sociale. Les échanges ont permis de recueillir les contributions des membres pour enrichir l’analyse. Après les exposés, des discussions ont mis en lumière l’engagement des acteurs pour une meilleure prise en compte du genre dans les politiques climatiques. « L’actualisation de notre politique genre n’est pas un simple exercice de style, c’est une nécessité pour garantir que nos actions sur le terrain profitent équitablement aux femmes, aux jeunes et aux peuples autochtones », a déclaré Madame Patience BONDJEMBO, Team Leader du GT Genre et Inclusion Sociale.   Politique GESI au GTCRR : recommandations stratégiques et plan d’action ambitieux à l’horizon 2031 À l’issue des travaux de groupe, les participants ont formulé des recommandations pour transformer la politique genre du GTCRR en un outil pratique et opérationnel. Celles-ci portent sur l’intégration des principes d’égalité, d’équité, de non-discrimination et d’inclusion sociale ; la collecte de données ventilées ; le renforcement de la participation des femmes, des jeunes, des Peuples Autochtones et des communautés locales ; l’intégration d’indicateurs GESI dans le suivi-évaluation ; la mobilisation de ressources financières dédiées et la budgétisation du GT GESI ; le renforcement des capacités des membres ; la mise en place d’un suivi périodique ; et le déploiement d’une task force genre dans toutes les provinces. Le plan d’action adopté prévoit notamment 60 ateliers de formation d’ici 2031, 4 émissions de sensibilisation par an, un seuil de 30 % de représentation des femmes, jeunes, personnes vivant avec handicap et Peuples Autochtones pygmées dans les organes de décision, ainsi que la révision des textes réglementaires et la traduction des textes juridiques en langues locales. La réunion du Groupe Thématique Genre et Inclusion Sociale a constitué une étape importante dans le processus d’actualisation de la politique genre du GTCRR. Elle a permis de créer un espace d’échange entre experts, d’examiner le document existant et de recueillir des recommandations pertinentes. La finalisation, la validation et la diffusion de cette politique actualisée permettront au GTCRR de renforcer son action en faveur d’un développement durable, inclusif et résilient face aux changements climatiques.   Par Audry Mbala 8 Vues

9 octobre 2026 / 0 Commentaire
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ÉCHOS DU GTCRR — Numéro Spécial Premier Semestre 2026

Agriculture,  Aménagement du territoire,  Atelier,  Atelier/Forum,  Consultation,  Coordination Provinciale,  Énergie,  Environnement,  Flash infos,  Foncier,  Forestière,  Formation,  Genre et inclusion sociale,  Information,  Mines et Hydrocarbures,  Non classé,  Note de position,  Plaidoyer,  Projet,  REDD+

📖 À lire et à télécharger : le nouveau magazine du GTCRR Consolider les acquis, renforcer la gouvernance et sécuriser les droits : un cap décisif pour les forêts et les communautés locales et les peuples autochtones pygmées de la RDC. Durant ce premier semestre 2026, la République Démocratique du Congo a franchi une étape cruciale dans la refonte de son architecture environnementale et forestière. Ce numéro retrace les combats, avancées et perspectives du GTCRR : consultations provinciales, Politique Forestière Nationale, révision du Code Forestier, finance climat, marché carbone, PSE, CAVRE/ERPA, gouvernance interne, genre et suivi-évaluation REDD+. Ensemble, poursuivons la mobilisation pour des forêts vivantes et des communautés dignes. Télécharger le magazine complet en PDF : Version 39 méga https://gtcrr.org/wp-content/uploads/2026/09/MAG-GTCRR-S1-Y26.pdf Version 28 méga compressée https://gtcrr.org/wp-content/uploads/2026/09/MAG-GTCRR-S1-Y26-lite.pdf Version 5 méga très compressée https://gtcrr.org/wp-content/uploads/2026/09/MAG-GTCRR-S1-Y26-lite-max.pdf Ce magazine est réalisé grâce au projet SC-REDD « Appui à la société civile pour le suivi décentralisé des projets et programmes REDD+ en RDC », financé par CAFI via le FONAREDD, avec l’appui technique du CIFOR. 507 Vues

30 septembre 2026 / 0 Commentaire
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GTCRR : Évaluation technique et sensibilisation communautaire dans 6 villages autour de la préservation de l’okapi capturé à Bongbongo (Bas-Uélé)

Atelier,  Consultation,  Coordination Provinciale,  Environnement,  Information,  Plaidoyer

Bas-Uélé, du 15 au 18 septembre – Une mission d’une importance capitale a été réalisée par le GTCRR Bas-Uélé dans la chefferie de Monganzulu, territoire de Buta. L’équipe de mission a mené plusieurs activités en faisant preuve de résilience pour renforcer l’accompagnement communautaire et la sauvegarde de l’espèce okapi. Elle a sensibilisé les autorités coutumières, les chasseurs et les communautés de Bongbongo contre le braconnage et au respect de la protection de l’Okapi tout en renforçant l’information sur son statut et les enjeux REDD+. L’équipe a mené un bilan de santé de l’okapi capturé afin d’évaluer son état physique, son état sanitaire et de s’assurer de ses conditions de contention temporaire. Le coordonnateur provincial Jean Baudouin BAKWIKPANI a également tenu une réunion avec l’ICCN. Il a porté un plaidoyer institutionnel en transmettant une feuille de route aux instances nationales (GTCRR national et ICCN) et aux partenaires techniques, afin que soient prises les décisions relatives à une intervention vétérinaire ou à une remise en liberté. Cette mission intervient à la suite du signalement parvenu à la Coordination Provinciale du Bas-Uélé par la communauté en date du 31 août 2026, faisant mention d’un spécimen d’Okapi qui a été piégé au village Bongbongo (Groupement Benge, Chefferie Monganzulu). L’espèce était maintenue sous le contrôle d’une communauté locale dépourvue d’expertise technique. Cette mission très appréciée par les communautés réaffirme le rôle du GTCRR dans la recherche de moyens pour protéger les espèces endémiques et renforcer la conservation locale. N.B. : Le rapport sera partagé dans les jours à venir. 375 Vues

19 septembre 2026 / 0 Commentaire
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Gestion durable des forêts en zones minières : Le GTCRR formule des propositions clés pour un arrêté interministériel ambitieux

Information,  Mines et Hydrocarbures,  Plaidoyer

Kinshasa 29 juin 2026 – le Groupe de Travail Mines et Hydrocarbures du Groupe de Travail Climat REDD Rénové (GTCRR) s’est réuni pour analyser et enrichir le projet d’arrêté interministériel fixant les normes de gestion durable des forêts dans les zones minières en République Démocratique du Congo. Cette rencontre cruciale avait pour objectif de garantir que ce texte intègre les principes de la hiérarchie « Éviter-Réduire-Compenser » (ERC), renforce les droits des communautés locales et assure une synergie avec les mécanismes REDD+.   Un enjeu de taille pour la forêt congolaise Face à l’augmentation des activités minières et à leur impact potentiel sur le bassin du Congo, deuxième poumon vert de la planète, le GTCRR a fait de l’analyse de ce projet d’arrêté une priorité. La réunion, qui s’est tenue dans la salle de réunion de la Coordination Nationale visait trois objectifs majeurs : Valider les Termes de Référence (TdR) du Groupe de Travail. Analyser en profondeur le projet d’arrêté interministériel. Formuler des recommandations concrètes pour en faire un outil de protection des forêts et des communautés.   Une méthodologie participative au service de l’expertise Sous la modération du Team Leader, Monsieur Éric KAJEMBA, assisté de Pablo MUKE, la réunion s’est déroulée dans une approche participative et tolérante. Les experts ont pu échanger en visioconférence et en présentiel, analysant les documents projetés à l’écran. La discussion a débuté par un rappel des quatre carrefours de travail mis en place pour finaliser les TdR du groupe, couvrant les volets : objectifs, stratégie d’actions, organisation et résultats attendus. L’essentiel des échanges a cependant porté sur le projet d’arrêté.   Des propositions concrètes pour une norme robuste Fort de son expertise, le GT Mines et Hydrocarbures a formulé une série de propositions pour renforcer le texte. L’intervention en ligne du Professeur Martin MPANDA, qui a souligné la nécessité d’une commission mixte pour le suivi et l’audit environnemental, a été particulièrement saluée. Les principales propositions, portées notamment par Altesse DJUMA SHANGHO, rapporteur de la réunion, concernent : Intégration de la hiérarchie ERC et compensation environnementale Rendre obligatoire l’évitementdes zones de forêts à Haute Valeur pour la Conservation (HVC) et à forte densité de carbone. Imposer une compensation financière ou un reboisement hors-site à hauteur de 150 %de la surface forestière détruite, appliquant ainsi le principe de gain net de biodiversité. Renforcement des droits et de la participation communautaire Conditionner l’approbation du plan de gestion forestière minière à l’obtention d’un certificat de Consultation Libre, Informée et Préalable (CLIP), dûment signé par les communautés locales impactées. Garantir un quota d’accès aux Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL) pour les communautés dans les zones non exploitées de la concession. Mécanismes financiers et articulation avec REDD+ Créer une passerelle avec le Fonds National REDD (FONREDD) afin que les pénalités liées à la déforestation minière alimentent directement des projets de reboisement communautaire. Interdire formellement le double comptagedes crédits carbone si la concession minière chevauche un projet REDD+ existant. Suivi, transparence et application de la loi Instituer des commissions mixtes provinciales de contrôle (Mines – Environnement – Société Civile/GTCRR) pour assurer un suivi efficace. Exiger la publication annuelle et transparente des données de déforestation par chaque entreprise minière sur une plateforme publique. « L’arrêté doit prévoir des mécanismes de contrôle et de suivi pour être efficace. La création de ces commissions mixtes provinciales est un impératif pour garantir l’application des normes », a souligné le Professeur Martin MPANDA lors de son intervention.   Clauses de collaboration : Une exigence de co-gouvernance Au-delà des dispositions techniques, le GTCRR insiste sur l’insertion de clauses strictes pour assurer la réussite de l’arrêté : Co-gouvernance et arbitrage institutionnel: Création d’un guichet unique d’instruction et d’une procédure d’arbitrage en cas de désaccord technique, faisant appel à une expertise indépendante, incluant la société civile. Réalignement avec les réformes actuelles: Un arrimage explicite avec le nouveau Code Forestier (Processus de Kisantu) est demandé pour éviter que le texte ne devienne caduc. Le GTCRR propose également d’intégrer une « conditionnalité de la libération des obligations », permettant au Ministère de l’Environnement de demander la suspension des droits miniers en cas de violation grave. Sanctuarisation des forêts des communautés (CFCL): L’arrêté doit imposer une négociation tripartite obligatoire (Mines, Environnement, Communauté) avant tout début de travaux si un carré minier chevauche une Concession Forestière de Communauté Locale (CFCL).   Conclusion : Vers un arrêté historique pour la protection des forêts congolaises En tant que groupe Mines et Hydrocarbures, le GTCRR soutient fermement le caractère interministériel de ce texte tout en exigeant des garde-fous techniques pour que le Ministère de l’Environnement conserve son pouvoir de police sur les ressources forestières. La réunion, riche en échanges, s’est clôturée vers 13h30 sur les remerciements du Team Leader aux experts. La prochaine étape consistera à accompagner cet arrêté d’une note argumentaire solide, destinée aux ministères en charge de l’Environnement et des Mines, afin que les propositions du GTCRR soient prises en compte pour une gestion durable des forêts dans les zones minières en RDC. Le GT Mines et Hydrocarbures poursuivra ses travaux pour assurer le suivi de la mise en œuvre de cet arrêté et continuer son plaidoyer pour l’intégration des principes de sauvegarde dans les politiques minières et forestières.   Par Audry Mbal 574 Vues

14 août 2026 / 0 Commentaire
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Suivi du PIREDD KORLOM au Kasai Oriental : Quand les promesses de développement peinent à se concrétiser

Consultation,  Coordination Provinciale,  Plaidoyer,  REDD+

En avril 2026, une mission conjointe du GTCRR et du CIFOR s’est rendue dans le territoire de Tshilenge (Kasai Oriental) pour évaluer l’état d’avancement du projet REDD+ PIREDD KORLOM. Mis en œuvre par ENABEL, le projet accuse un retard significatif, avec des activités peu visibles sur le terrain. Les communautés, qui nourrissaient de fortes attentes, expriment un risque de démotivation et de perte de confiance. Le projet SC-REDD, financé par CAFI-FONAREDD, vise à renforcer les capacités des organisations de la société civile membres du GTCRR pour un suivi indépendant des projets REDD+ en RDC. Dans ce cadre, une mission de suivi-évaluation a été organisée en avril 2026 dans les provinces du Kasai Oriental et de Lomami. L’objectif principal était d’apprécier de manière participative l’état d’avancement du PIREDD KORLOM, un projet intégré REDD+ mis en œuvre depuis octobre 2024 par ENABEL, couvrant 14 villages dans le territoire de Tshilenge. Les objectifs spécifiques de la mission étaient : Évaluer le niveau d’exécution des activités prévues. Vérifier le fonctionnement des structures locales de gouvernance (CLD). Recueillir les perceptions des autorités et communautés sur le projet. Identifier les contraintes affectant l’exécution du projet. Formuler des recommandations opérationnelles pour améliorer la performance et l’impact du projet.   Une approche participative adoptée Pour collecter des données fiables, l’équipe de suivi a privilégié une approche qualitative combinant : Des entretiens semi-structurésavec l’Administratrice du Territoire, les services techniques de l’État (Environnement, Développement rural, Foncier/Cadastre). Des discussions de groupeavec les membres des Comités Locaux de Développement (CLD) et les communautés bénéficiaires. Des observations directeslors de visites dans deux villages échantillons : Bakwa Kalonji et Bena Mbuyi. L’équipe était composée des experts du CIFOR, de la coordination nationale et provinciale du GTCRR, des autorités territoriales, des services techniques de l’État et des OSC locales membres du GTCRR.   Un retard critique et des attentes déçues 1. Connaissance du projet : Partielle et inégale Autorités territoriales : Connaissent les objectifs globaux, mais déplorent une faible visibilité des actions et un manque de coordination opérationnelle. Comités Locaux de Développement (CLD) : Connaissent le projet à travers leur mise en place, mais ont une compréhension limitée de leurs rôles, accentuée par l’absence de formation continue. Communautés locales : Connaissent le projet de nom, mais sa compréhension opérationnelle est faible. Les communautés ont exprimé des attentes élevées qui ne sont pas comblées. « Moi je commence à avoir même des problèmes avec ma communauté que j’avais déjà mobilisée… Ils commencent à me déranger et me demander où on est avec le projet. » – Témoignage du chef de village de Bena Mbuyi.   2. Exécution : un retard inquiétant La mission a mis en évidence un retard significatif dans l’exécution des activités prévues (octobre 2024 à avril 2026). Sur les 14 villages ciblés, seuls 5 ont bénéficié d’une intervention ponctuelle : la distribution d’environ 2 000 plantules de palmier à huile, sans encadrement technique ni suivi structuré. Aucune activité structurante d’agriculture durable, d’agroforesterie ou de reboisement n’a été observée. Seuls 30 CLD sur 42 prévus dans la province ont été installés, et ils sont jugés « faiblement fonctionnels, voire non opérationnels ».   3. Gouvernance locale : Des CLD sur le papier mais pas en action Bien que formellement mis en place, les CLD souffrent d’une faible opérationnalité : Absence de réunions régulières et de plans d’action. Faible maîtrise des rôles et responsabilités. Manque d’encadrement technique. Absence de statut légalisé.   4. Mécanisme de Gestion des Plaintes : Une absence flagrante Plus de 18 mois après le lancement du projet, le Mécanisme de Gestion des Plaintes et Recours (MGPR) n’existe pas encore. Les communautés n’ont aucun moyen formel de partager leurs préoccupations, notamment concernant le retard ou les incidents (comme les pépinières brûlées à Kayemba Tshimanga).   Pour une mise en œuvre rapide et inclusive : recommandations aux parties prenantes La mission conjointe GTCRR-CIFOR a établi un diagnostic clair : le PIREDD KORLOM accuse un retard critique, avec des structures de gouvernance locale faibles et des communautés en attente de résultats concrets. Si des bases institutionnelles ont été posées, leur opérationnalisation est urgente pour restaurer la confiance. Pour sauvegarder ce projet, le GTCRR formule les recommandations suivantes : Au bailleur (FONAREDD) : Appuyer la relance rapide du projet et renforcer les exigences de redevabilité. À l’agence de mise en œuvre (ENABEL) : Accélérer le démarrage des activités agricoles et de reboisement. Opérationnaliser les CLD par un accompagnement technique et des formations. Mettre en place d’urgence un mécanisme de gestion des plaintes. Installer des panneaux de visibilité dans les villages. À l’équipe de suivi du GTCRR : Poursuivre le suivi décentralisé et documenter les alertes en temps réel grâce à des points focaux territoriaux. Au partenaire CIFOR : Soutenir le renforcement des capacités des OSC locales en suivi REDD+.         Par Audry Mbal 559 Vues

14 août 2026 / 0 Commentaire
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PIREDD DIBETOU : Une adhésion communautaire solide, mais une exécution « à pas de tortue » et une logistique insuffisante qui menacent la confiance

Coordination Provinciale,  Information,  Plaidoyer,  REDD+

Du 21 au 28 juin 2026, une mission conjointe du GTCRR et du CIFOR s’est rendue dans la province de la Mongala pour évaluer l’état d’avancement du projet REDD+ PIREDD DIBETOU. Si les communautés locales adhèrent au projet, le rapport de suivi révèle des difficultés majeures : retard d’exécution qualifié de « pas de tortue », paiement des PSE en francs congolais au lieu de dollars, et un mécanisme de gestion des plaintes défaillant. Découvrez les constats et les recommandations formulés par la société civile pour sauvegarder ce projet de conservation. Le projet SC-REDD, financé par CAFI-FONAREDD, vise à renforcer les capacités des organisations de la société civile membres du GTCRR pour assurer un suivi indépendant des projets REDD+ en RDC. C’est dans ce cadre qu’une formation intensive en Suivi-Évaluation et communication a été organisée à Lisala au profit des OSC locales de la Mongala. Pour mettre en pratique ces acquis, une mission de suivi terrain a été déployée du 21 au 28 juin 2026. L’objectif principal était d’évaluer de manière participative l’état d’avancement du PIREDD DIBETOU, un projet de conservation forestière géré par la société TARANIS et exécuté par The Shared Wood Company (SWC Kongo), couvrant 5 groupements dans les secteurs de Ngombe Doko et Ngombe Mombangi. Les objectifs spécifiques de la mission étaient : Évaluer le niveau de connaissance et d’implication des communautés locales. Analyser l’exécution des activités physiques (pépinières, parcs à bois, PSE). Vérifier la fonctionnalité des organes de gouvernance locale (CLD, CSMA) et des mécanismes de gestion des plaintes. Identifier les blocages pour formuler des recommandations stratégiques.   Une approche participative sur le terrain Pour collecter des données fiables, l’équipe a privilégié une approche qualitative, combinant : Des entretiens individuels avec les membres des CLD, les chefs de villages, et les responsables du projet. Des discussions de groupe réunissant les membres des CLD des villages de BOBILA (Groupement BWELA) et BOMBWALA (Groupement BOKUTU), sélectionnés par échantillonnage aléatoire simple. Des observations directes sur les sites des parcs à bois, champs multiplicateurs de manioc, et pépinières de cacao. Une consultation préalable avec le chargé de suivi-évaluation du projet.   Des avancées contrastées et des défis persistants Une bonne appropriation initiale, mais une exécution qui s’essouffle Les communautés ont une bonne connaissance du projet, grâce aux campagnes de sensibilisation de l’ONG AMAR et au processus de Consentement Libre, Informé et Préalable (CLIP) qui a posé les bases de la gouvernance locale. Sur le plan opérationnel, deux activités principales ont été lancées : La mise en place de parcs à bois communautaires pour la multiplication de variétés améliorées de manioc (ZIZILA et OBAMA 2). L’aménagement de pépinières de cacao. Cependant, les bénéficiaires jugent le rythme d’exécution « à pas de tortue ». L’implication quotidienne des jeunes et des femmes demeure faible, limitant l’impact du projet. « Le projet a démarré sur de bonnes bases, mais la lenteur et les difficultés logistiques commencent à décourager la communauté. » – Témoignage d’un membre du CLD de Bobila.   Gouvernance locale et mécanisme de plaintes : Des dysfonctionnements critiques Si les structures de base (CLD et CSMA) sont reconnues, leur fonctionnement est entravé par plusieurs problèmes : Le numéro vert mis en place pour les plaintes est inopérant ou hors service, un problème exacerbé par la faible couverture réseau. Des tensions communautaires persistent autour de l’emplacement de la base-vie de TARANIS   Les principales difficultés des communautés :  Les témoignages recueillis par l’équipe de suivi font état de barrières logistiques et financières majeures : Insuffisance criante de matériel : À Bombwala, un CLD de 14 membres n’a reçu qu’une seule paire de bottes et 5 machettes, paralysant le travail collectif. Paiement des travaux : Une violation contractuelle source de frustration. Alors que les contrats sont signés en Dollars Américains ($), le projet impose un paiement en Francs Congolais (CDF) à un taux de change désavantageux. À cela s’ajoutent des retards chroniques de paiement. Absence de recrutement local : La main-d’œuvre est souvent recrutée à Lisala, excluant les compétences disponibles localement et générant un sentiment d’injustice.   Défis rencontrés par la mission de suivi La mission a dû faire face à des contraintes logistiques qui ont limité le nombre de villages visités. Seuls deux groupements ont été couverts, ce qui souligne l’importance de renforcer les capacités et les moyens des OSC pour un suivi plus exhaustif à l’avenir.   Appels à l’action La mission conjointe GTCRR-CIFOR démontre que le PIREDD DIBETOU bénéficie d’une adhésion communautaire solide, mais que des dysfonctionnements opérationnels menacent sa pérennité. Le non-respect des contrats en ce qui concerne les paiements, l’insuffisance de matériel et l’absence de dialogue franc sont des risques majeurs de démobilisation. Pour sauvegarder ce projet, le GTCRR formule les recommandations suivantes : À l’agence de mise en œuvre (TARANIS) : Respecter scrupuleusement les contrats (paiement en dollars ou un taux convenable), finaliser la légalisation et l’équipement des CLD, et résoudre le conflit lié à l’emplacement des bases-vies en concertation avec la communauté. À l’équipe de suivi du GTCRR : Poursuivre les missions de suivi dans d’autres villages et assurer un plaidoyer soutenu pour la mise en œuvre des recommandations. Aux structures de gouvernance locale : S’approprier le projet et remonter les difficultés aux autorités compétentes.     Par Audry Mbala 591 Vues

14 août 2026 / 0 Commentaire
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Forêts, finance, synergies : que préconise le GTCRR pour accélérer l’action climatique intégrée d’ici 2030 ?

Atelier/Forum,  Consultation,  Information

Bonn, 15 juin 2026 – Centre mondial de conférences de Bonn (WCCB). Dans le cadre de l’événement parallèle ouvert à tous les participants accrédités à la CCNUCC SB64, en présentiel ou à distance, le coordonnateur national du GTCRR, M. Guy Kajemba, est intervenu virtuellement lors du side-event intitulé : « Forêts, finance, synergies : faire progresser l’action climatique intégrée à l’horizon 2030 ». Cet événement était organisé par Landscape Alliance, l’Institut Igarapé et l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).   Enjeux et Objectifs Cet événement parallèle a examiné comment les approches intégrées relatives aux forêts, au climat, à la biodiversité et à la résilience peuvent passer du stade d’aspiration politique à celui de mise en œuvre opérationnelle en amont de la COP35 (2030). Plutôt que de se concentrer principalement sur les obstacles eux-mêmes, la session visait à identifier des pistes concrètes permettant de réaliser des progrès significatifs au cours des quatre à cinq prochaines années et de créer les conditions d’un déploiement à grande échelle de l’action climatique intégrée dans différents pays et territoires. Réunissant les perspectives des scientifiques, des décideurs politiques et des praticiens, les discussions ont portera sur comment : passer de la définition du défi que représente la recherche de synergies à des solutions évolutives, en plaçant la nature et les forêts au cœur du débat ; mettre en lumière les expériences pratiques et les solutions émergentes des institutions, des gouvernements et des acteurs locaux ; définir les conditions favorables, les approches de financement forestier et les modèles de gouvernance susceptibles de soutenir une action climatique intégrée et à grande échelle d’ici à 2030.   Intervention du Coordonnateur national du GTCRR : principaux apports Lors de ce side-event, le coordonnateur national du GTCRR est intervenu pour répondre à plusieurs questions stratégiques. Il a mis en lumière les obstacles opérationnels majeurs freinant la mise en œuvre d’actions intégrées d’ici 2030, tout en proposant des voies de déblocage. Obstacles à la mise en œuvre Il a d’abord souligné le déficit de respect des engagements internationaux : malgré de multiples forums et promesses de financement climat, les annonces peinent à se traduire en flux financiers effectifs. Par ailleurs, les communautés locales ne bénéficient pas directement et de manière visible des financements disponibles. Pour le Bassin du Congo, deuxième poumon forestier mondial, il a plaidé pour une approche-programme plutôt qu’une approche-projet, cette dernière tendant à marginaliser les populations locales.   Conditions d’un accès direct aux financements Pour que les fonds atteignent effectivement les populations, le coordonnateur national a insisté sur : La structuration de la gouvernance locale: en s’appuyant sur les travaux relatifs aux forêts des communautés locales (CFCL), afin que les communautés puissent exprimer clairement leurs besoins prioritaires. La reconnaissance du rôle des communautés: légitime, car leur gestion quotidienne et rationnelle est un facteur clé de la préservation effective des forêts.   Actions prioritaires pour 2026-2030 Interrogé sur les actions cruciales à mener dans les quatre prochaines années, il a identifié la nécessité d’adapter les cadres juridiques nationaux aux nouvelles dynamiques du changement climatique. Cela implique des réformes complexes touchant au foncier, à l’aménagement du territoire, au code forestier et aux politiques sectorielles, afin de rendre les efforts visibles et durables. Innovations institutionnelles et financières Il a cité l’initiative Tropical Forest Forever Facility (TFFF), lancée lors de la COP30, qui vise à rémunérer durablement les efforts de conservation des communautés sans passer par des intermédiaires multiples. Il a également mentionné le paiement pour services environnementaux (PSE) comme une piste prometteuse, mais encore à structurer et à doter d’un cadre cohérent. Alignement des politiques climat, biodiversité et forêts Pour éviter la lourdeur administrative et les redondances, M. Guy Kajemba a proposé quatre principes directeurs : Dépolitisation et efficacité technique: traiter les questions techniques avec rigueur, en évitant les chevauchements institutionnels et les superstructures décisionnelles inutiles. Alignement sur la stratégie nationale: coordonner les actions en fonction des moteurs réels de la déforestation identifiés, pour une approche globale et cohérente. Respect des communautés locales: inscrire dans les lois et politiques le principe du Consentement Libre, Informé et Préalable (CLIP), garantissant une participation amont et éclairée. Transparence et Mesurage, Rapportage, Vérification (MRV): instaurer un système rigoureux, associant toutes les parties prenantes, pour assurer la traçabilité des fonds et la crédibilité des paiements basés sur les résultats.   Perspectives et conclusion En croisant les regards scientifiques, politiques et opérationnels, cette session a posé les jalons d’une feuille de route réaliste pour 2030. Elle confirme que l’accélération de l’action climatique intégrée passe par un double mouvement : renforcer la gouvernance locale et la confiance entre acteurs, tout en innovant dans les mécanismes de financement et de suivi. Le Bassin du Congo, par son poids écologique et les initiatives qui y émergent, illustre la nécessité de dépasser les logiques de projet pour adopter des approches-programmes, territorialisées et ancrées dans les réalités communautaires. C’est à ce prix que les engagements de Rio et de Paris pourront produire leurs effets sur les forêts, le climat et la biodiversité à l’horizon de la prochaine décennie.   Par audry Mbal 523 Vues

6 août 2026 / 0 Commentaire
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Sud-Ubangi : 500 m³ d’Afzelia pachyloba exploités illégalement, le GTCRR Sud-Ubangi tire la sonnette d’alarme

Coordination Provinciale,  Environnement,  Forestière,  Information,  REDD+

Sud-Ubangi, en juillet 2026, Le Groupe de Travail Climat Redd+ Rénové en sigle GTCRR, acteur clé de la protection de l’environnement en République Démocratique du Congo, a mené une mission d’investigation dans le territoire de Libenge, province du Sud-Ubangi. Cette initiative, dirigée par le Coordonnateur Provincial William WELENDE, fait suite à des informations alarmantes concernant une exploitation forestière non réglementée. Les investigations, menées du 29 juin au 4 juillet 2026, révèlent une situation critique où des ressources naturelles précieuses sont pillées, souvent sous la protection d’autorités locales, sans bénéfice pour les populations autochtones.   Contexte et objectifs de la mission La province du Sud-Ubangi, à vocation agricole, voit ses forêts tropicales subir une pression croissante. Le commerce de grumes, particulièrement par des ressortissants vietnamiens, menacent la survie de ces écosystèmes essentiels. Face à ce constat et suite à un arrêté ministériel suspendant les exploitations abusives, le GTCRR s’est mobilisé. La mission visait à : Informer les autorités locales sur l’importance de la protection des forêts. Expliquer le rôle de la société civile environnementale. Identifier les personnes et sociétés impliquées dans les activités illicites. Vérifier la présence d’autorisations administratives pour l’exploitation. Évaluer les impacts environnementaux et socio-économiques de cette exploitation. Formuler des recommandations pour les autorités compétentes.   Un constat alarmant sur le terrain Les membres de la mission se sont rendus dans les sites de Batanga, Kpakwa et Kambe. Leurs observations font état d’une exploitation qui ne respecte ni la loi, ni les communautés locales.   Une exploitation semi-industrielle aux allures de pillage À Batanga, l’équipe a constaté un stock impressionnant de plus de 500 mètres cubes de grumes, principalement de l’essence rare « Afzelia pachyloba », stocké au port. Cette exploitation est caractérisée comme semi-industrielle en raison de la présence de machines lourdes. Selon les informations recueillies, toute cette production est vendue directement aux acheteurs vietnamiens, sans que les communautés locales n’en tirent de bénéfices. « Tous les bois exploités sont dans les domaines Privé de l’État congolais. Cette exploitation ne bénéficie pas aux communautés locales de LIBENGE et les Vietnamiens n’ont pas de document d’achat ni de permis d’exploitation. » – Rapport de mission du GTCRR.   L’administration locale contournée Les investigations menées auprès du service technique de l’environnement de Libenge ont révélé un dysfonctionnement majeur. Le secrétaire du superviseur a confirmé la non-implication de ses services dans l’octroi des permis ou les prospections. L’exploitation se déroule dans l’opacité la plus totale, sous la « bénédiction » présumée d’un député provincial. Les coupes se font dans le domaine privé de l’État, et des indices suggèrent que certaines zones seraient exploitées au sein même d’une CFCL (Concession Forestière des Communautés Locales) dans le Groupement de GBAKA MABO, une violation grave des droits des communautés.   L’ignorance et la marginalisation des pygmées Dans le site de Kambe, les échanges avec les communautés pygmées ont démontré leur totale ignorance des activités d’exploitation forestière. « Les missionnaires ont échangé avec les pygmées sur leurs bénéfices vis-à-vis de l’exploitation des ressources forestière auquel ils ont déclarés très sceptiques et ignorants« , peut-on lire dans le rapport. Ces peuples autochtones, qui dépendent pourtant de la forêt pour leur survie, sont les premiers à subir les conséquences de cette déforestation sans en retirer le moindre avantage.   Impacts, recommandations et appel à l’action L’exploitation illégale observée a des conséquences désastreuses à plusieurs niveaux : disparition des essences rares comme Afzelia pachyloba, dégradation de la biodiversité, conflits sociaux et perte de revenus pour l’État congolais. Face à cette situation, le GTCRR a formulé des recommandations claires lors d’une réunion de restitution en présence de l’Administrateur du territoire et des services techniques : Aux autorités provinciales: Renforcer les contrôles, doter les services techniques de moyens logistiques, et convoquer d’urgence les exploitants pour faire respecter le Code forestier. Aux exploitants forestiers: Respecter le volume de coupe requis, promouvoir les bonnes pratiques et contribuer au reboisement. Aux communautés locales: Participer activement à la protection des forêts et signaler les cas d’exploitation illégale.   La mission du GTCRR est une première étape cruciale pour alerter sur le pillage des forêts du Sud-Ubangi. Cependant, les éléments recueillis constituent des indices graves qui méritent une enquête administrative et judiciaire approfondie. Pour préserver les forêts de la RDC et les droits des communautés qui en dépendent, une action ferme et concertée est plus que jamais nécessaire. Le GTCRR poursuivra son travail de surveillance et de plaidoyer, mais le soutien de tous est indispensable.   Quelques images des grumes observées    Quelques photos après après la réunion de restitution de la mission d’observation dans le territoire de Libenge le 7 juillet 2026   le GTCRR présente au Gouverneur a.i. le rapport de la mission de suivi de l’exploitation forestière à Libenge, le 21 juillet 2026 Par audry mbal 876 Vues

29 juillet 2026 / 0 Commentaire
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Plan stratégique quinquennal 2026-2031 : LINAPYCO et GTCRR unis pour les droits fonciers des PAP en RDC

Atelier,  Consultation,  Foncier

Kinshasa, les 7, 8 et 9 juillet 2026 – La Ligue Nationale des Associations Autochtones Pygmées au Congo (LINAPYCO) a organisé, à Kinshasa, un atelier national de validation de son Plan Stratégique Quinquennal pour la reconnaissance légale et la sécurisation des droits fonciers et des ressources naturelles des Peuples Autochtones Pygmées (PAP) et des communautés locales en République Démocratique du Congo. Cet événement a bénéficié de l’appui financier de la Rights and Resources Initiative (RRI), de CARITAS-CONGO et du Groupe de Travail Climat REDD+ RENOVE (GTCRR). L’atelier avait pour objectif général de valider le document du Plan stratégique quinquennal et d’élaborer une feuille de route pour sa mise en œuvre. Environ soixante participants, venus des provinces et de Kinshasa, des experts de la société civile, des membres du corps diplomatique accrédités ainsi que des partenaires au développement ont pris part à ces assises.   Une réforme foncière historique pour les PAP La République Démocratique du Congo a franchi une étape majeure avec la promulgation de la Loi foncière n°25/062 du 30 décembre 2025, suivie de la validation technique du Plan Foncier National. Portée par le Ministère des Affaires Foncières, cette réforme vise à sécuriser les droits fonciers et à moderniser le secteur à travers la numérisation du cadastre, la suppression de la prescription acquisitive et l’instauration d’une conciliation obligatoire. Cependant, malgré ces avancées et l’existence de la Loi n°22/030 portant protection et promotion des droits des peuples autochtones pygmées, la mise en œuvre effective des droits fonciers coutumiers des PAP reste à consolider. C’est pour répondre à ce défi que la LINAPYCO a entrepris, dès 2019, l’élaboration d’un plan stratégique quinquennal, à travers des ateliers participatifs organisés à Goma (mai 2019) puis à Kinshasa (août 2020). Cet atelier de juillet 2026 visait ainsi à : Examiner de manière critique les axes stratégiques, les actions prioritaires et les mécanismes de suivi proposés ; Recueillir les amendements et recommandations des parties prenantes pour enrichir le document final ; Obtenir un consensus national sur les responsabilités de chaque acteur (Gouvernement, société civile, secteur privé, peuples autochtones).   Discours d’ouverture et engagements des partenaires Lors de la cérémonie d’ouverture, le Coordonnateur national du GTCRR, M. Guy Kajemba, a réaffirmé l’engagement de son institution à accompagner ce processus, à porter la voix des communautés et à veiller à ce que ce plan stratégique devienne un instrument vivant de transformation sociale et environnementale en RDC. Il a souligné la nécessité d’une synergie entre tous les acteurs pour garantir la mise en œuvre effective des actions prévues. Pour sa part, l’Abbé Jean Paul Lukutu, coordonnateur provincial du GTCRR Maindombe, a insisté sur l’importance de cartographier les compétences des PAP, rappelant que ces communautés ne manquent pas de ressources humaines qualifiées. Cette cartographie permettra de mieux identifier les forces locales et d’orienter les actions de renforcement des capacités.   Structure du Plan stratégique et axes d’intervention Le Plan stratégique quinquennal s’articule autour de quatres axes stratégiques principaux et de deux axes transversaux, à savoir l’Information-Éducation-Communication (IEC) et le Genre. Ces axes visent à garantir une approche globale et inclusive, prenant en compte à la fois les dimensions techniques, sociales et culturelles de la sécurisation des droits fonciers.   Adoption de la feuille de route et mobilisation des ressources À l’issue des travaux, les participants ont adopté la feuille de route pour le lancement officiel du plan stratégique et la mobilisation des ressources financières nécessaires à sa mise en œuvre. Comme le souligne le document stratégique : « Le Plan stratégique va servir de cadre de référence aux membres du REPALEF-RDC et ses parties prenantes pour la priorisation de leurs interventions, leurs choix d’activités futures et la mise en œuvre de leurs plans d’actions. Il servira également d’outil de plaidoyer pour mobiliser davantage de partenaires et de ressources financières et techniques. »   Mot de clôture : une boussole pour l’avenir Dans son discours de clôture, le Président du Conseil d’Administration (PCA) de la LINAPYCO, M. Kapupu Diwa, a qualifié le document validé de véritable boussole pour les droits fonciers des peuples autochtones. Il a rappelé que la terre et la langue constituent les deux piliers fondamentaux de l’identité des Congolais : « Le premier pilier, c’est la terre. Si aujourd’hui on nous appelle des Congolais, c’est parce que nous avons ce territoire qu’on appelle la RDC, avec ses 2 345 410 km². Le deuxième pilier, c’est la langue, socle de notre identité culturelle avec nos quatre langues nationales. Le document que nous venons de valider sera notre orientation, notre boussole pour que la terre, comme le disent les peuples autochtones : notre mère nourricière ; soit enfin protégée et reconnue. »   La réussite de ce plan stratégique dépendra désormais de la volonté politique, de la disponibilité des financements et de la capacité des acteurs à travailler en synergie. La LINAPYCO, en tant que team leader des processus de réformes en cours, appelle l’ensemble des parties prenantes à s’engager résolument afin que les droits fonciers des Peuples Autochtones Pygmées soient enfin reconnus et sécurisés, pour le bien-être des communautés et la préservation de leur identité culturelle.   Le GTCRR, quant à lui, accompagnera les peuples autochtones pygmées dans la sécurisation de leurs droits fonciers à travers des actions de plaidoyer, des campagnes de lobbying et une participation dynamique à toutes les étapes de plan. Cet engagement renforce la complémentarité des rôles entre la LINAPYCO, qui pilote la réforme foncière au sein des OSC des Peuples autochtones et le GTCRR, qui agit comme soutien technique et politique pour garantir que la voix des communautés soit portée au plus haut niveau.   Par Audry Mbal   873 Vues

13 juillet 2026 / 0 Commentaire
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Genre et réformes sectorielles en RDC : le GTCRR outille ses experts pour une gouvernance inclusive

Atelier,  Genre et inclusion sociale,  Information

Le 2 juillet 2026, à Kinshasa, le Groupe de Travail Climat REDD+ Rénové (GTCRR) a réuni les membres de son axe genre pour une journée de renforcement des capacités. Pilotée par la Team Leader Genre, Patience BONDJEMBO, cette rencontre visait à outiller les experts sur les concepts clés du genre et leur intégration dans les réformes sectorielles (forêt, mines, démographie, foncier, agriculture) afin de garantir une gouvernance inclusive des ressources naturelles en RDC.   Une journée pour comprendre, débattre et agir Dans la salle de la coordination nationale, autour de la table, des visages attentifs : des femmes, des hommes, des experts du climat, des forêts, des mines. Patience BONDJEMBO ouvre la journée. Elle rappelle pourquoi le genre n’est pas un sujet secondaire : « Le genre ne signifie pas simplement “la femme” ou “l’homme”, mais la façon dont leurs qualités, comportements et identités sont déterminés par la socialisation. » Très vite, le débat s’installe au tour de différents exposés. Monsieur Samy Ilunga de la DYJEDD lors de son intervention, a relié démographie, genre et inclusion sociale. « la question du genre,  la démographie et de l’inclusion sociale doit être considérée de manière conjointe afin de mieux comprendre les inégalités sociales et territoriales et de concevoir des politiques qui ne laissent personne de côté », explique-t-il. Puis vient le tour de Monsieur Erick Kajemba. Il plonge l’assemblée dans la réalité des mines artisanales. Les femmes y sont nombreuses, mais « elles occupent des rôles précaires, faiblement rémunérés et exposés à des risques : violences basées sur le genre, exclusion dans des instances de décision, accès limité à la terre et au crédit ». ceci a ramené les participants à mesurer l’ampleur du chantier. Monsieur Bienvenu NGOY du GTF enchaîne sur le thème : les avancé de la reforme forestière avec une politique forestière nationale. Il a rappelé que la politique forestière nationale est finalisée, élaborée de manière inclusive. Mais le code forestier de 2002 ne contient « pas d’article explicite dédié au genre ou à l’égalité femmes-hommes ». Le nouveau projet de code, lui, met l’accent sur une démarche participative impliquant les communautés locales et les peuples autochtones. L’article 14 de la Constitution devient la boussole : œuvrer à l’élimination de toutes les discriminations à l’égard de la femme. L’après-midi, Mme Patience BONDJEMBO parlant du concept genre et ses outils de mise en œuvre. Elle était revenue sur l’histoire du mot « genre », apparu dans les années 1950, puis repris par les féministes dans les années 1970. Elle a distingué les besoins pratiques : conditions de vie immédiates ; des intérêts stratégiques : émancipation, autonomisation, transformation des rapports de genre. « L’approche genre, en distinguant besoins pratiques et intérêts stratégiques, fournit des outils utiles pour concevoir des interventions inclusives et durables », conclut-elle.   Des acquis concrets pour le GTCRR RDC À la fin de la journée, les membres sont outillés. La mise à niveau sur l’intégration du genre dans les réformes du foncier, de l’aménagement du territoire et de l’agriculture est réalisée. Les échanges ont permis d’identifier des points d’entrée dans les mines, la forêt et la démographie. Surtout, une dynamique de réseau s’est renforcée. Les présentations ont montré que, malgré leur implication dans des secteurs clés, les femmes restent souvent marginalisées. Les réformes en cours offrent une opportunité historique d’intégrer des dispositions explicites sur l’égalité de genre, l’autonomisation économique et la prévention des violences basées sur le genre.   Et maintenant ? Les recommandations du GTCRR RDC Pour que ces engagements deviennent réalité, les participants ont formulé quelques recommandations après avoir échangé et débattu : Intégrer des dispositions sur l’égalité de genre dans les codes et règlements sectoriels ; Mettre en place des mécanismes intersectoriels et participatifs impliquant les communautés locales et les femmes ; Renforcer l’accès des femmes aux ressources (terre, crédits, formations) et aux instances de décision ; Poursuivre la sensibilisation et la formation des membres.   Ces actions contribueront à réduire les inégalités sociales et territoriales et à garantir que personne ne soit laissé(e) de côté dans le développement national. Dans un pays confronté aux défis du changement climatique et de la préservation des forêts du Bassin du Congo, l’intégration du genre dans les réformes sectorielles est une condition de réussite pour la REDD+ et la gouvernance durable des ressources naturelles.   par Audry Mbala 6 Vues

9 juillet 2026 / 0 Commentaire
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