Genre et réformes sectorielles en RDC : le GTCRR outille ses experts pour une gouvernance inclusive

Genre et réformes sectorielles en RDC : le GTCRR outille ses experts pour une gouvernance inclusive

Le 2 juillet 2026, à Kinshasa, le Groupe de Travail Climat REDD+ Rénové (GTCRR) a réuni les membres de son axe genre pour une journée de renforcement des capacités. Pilotée par la Team Leader Genre, Patience BONDJEMBO, cette rencontre visait à outiller les experts sur les concepts clés du genre et leur intégration dans les réformes sectorielles (forêt, mines, démographie, foncier, agriculture) afin de garantir une gouvernance inclusive des ressources naturelles en RDC.

 

Une journée pour comprendre, débattre et agir

Dans la salle de la coordination nationale, autour de la table, des visages attentifs : des femmes, des hommes, des experts du climat, des forêts, des mines. Patience BONDJEMBO ouvre la journée. Elle rappelle pourquoi le genre n’est pas un sujet secondaire : « Le genre ne signifie pas simplement “la femme” ou “l’homme”, mais la façon dont leurs qualités, comportements et identités sont déterminés par la socialisation. »

Très vite, le débat s’installe au tour de différents exposés. Monsieur Samy Ilunga de la DYJEDD lors de son intervention, a relié démographie, genre et inclusion sociale. « la question du genre,  la démographie et de l’inclusion sociale doit être considérée de manière conjointe afin de mieux comprendre les inégalités sociales et territoriales et de concevoir des politiques qui ne laissent personne de côté », explique-t-il.

Puis vient le tour de Monsieur Erick Kajemba. Il plonge l’assemblée dans la réalité des mines artisanales. Les femmes y sont nombreuses, mais « elles occupent des rôles précaires, faiblement rémunérés et exposés à des risques : violences basées sur le genre, exclusion dans des instances de décision, accès limité à la terre et au crédit ». ceci a ramené les participants à mesurer l’ampleur du chantier.

Monsieur Bienvenu NGOY du GTF enchaîne sur le thème : les avancé de la reforme forestière avec une politique forestière nationale. Il a rappelé que la politique forestière nationale est finalisée, élaborée de manière inclusive. Mais le code forestier de 2002 ne contient « pas d’article explicite dédié au genre ou à l’égalité femmes-hommes ». Le nouveau projet de code, lui, met l’accent sur une démarche participative impliquant les communautés locales et les peuples autochtones. L’article 14 de la Constitution devient la boussole : œuvrer à l’élimination de toutes les discriminations à l’égard de la femme.

L’après-midi, Mme Patience BONDJEMBO parlant du concept genre et ses outils de mise en œuvre. Elle était revenue sur l’histoire du mot « genre », apparu dans les années 1950, puis repris par les féministes dans les années 1970. Elle a distingué les besoins pratiques : conditions de vie immédiates ; des intérêts stratégiques : émancipation, autonomisation, transformation des rapports de genre. « L’approche genre, en distinguant besoins pratiques et intérêts stratégiques, fournit des outils utiles pour concevoir des interventions inclusives et durables », conclut-elle.

 

Des acquis concrets pour le GTCRR RDC

À la fin de la journée, les membres sont outillés. La mise à niveau sur l’intégration du genre dans les réformes du foncier, de l’aménagement du territoire et de l’agriculture est réalisée. Les échanges ont permis d’identifier des points d’entrée dans les mines, la forêt et la démographie. Surtout, une dynamique de réseau s’est renforcée.

Les présentations ont montré que, malgré leur implication dans des secteurs clés, les femmes restent souvent marginalisées. Les réformes en cours offrent une opportunité historique d’intégrer des dispositions explicites sur l’égalité de genre, l’autonomisation économique et la prévention des violences basées sur le genre.

 

Et maintenant ? Les recommandations du GTCRR RDC

Pour que ces engagements deviennent réalité, les participants ont formulé quelques recommandations après avoir échangé et débattu :

  • Intégrer des dispositions sur l’égalité de genre dans les codes et règlements sectoriels ;
  • Mettre en place des mécanismes intersectoriels et participatifs impliquant les communautés locales et les femmes ;
  • Renforcer l’accès des femmes aux ressources (terre, crédits, formations) et aux instances de décision ;
  • Poursuivre la sensibilisation et la formation des membres.

 

Ces actions contribueront à réduire les inégalités sociales et territoriales et à garantir que personne ne soit laissé(e) de côté dans le développement national. Dans un pays confronté aux défis du changement climatique et de la préservation des forêts du Bassin du Congo, l’intégration du genre dans les réformes sectorielles est une condition de réussite pour la REDD+ et la gouvernance durable des ressources naturelles.

 

par Audry Mbala

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