PIREDD en RDC : Le GTCRR valide et amende l’étude sur les sauvegardes environnementales et sociales du PIREDD+ Haut-Uélé

PIREDD en RDC : Le GTCRR valide et amende l’étude sur les sauvegardes environnementales et sociales du PIREDD+ Haut-Uélé

Réunis à Kinshasa, le 17 septembre 2026, les experts de la société civile environnementale ont examiné l’étude de conformité du Programme intégré de réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts dans le Haut-Uélé (PIREDD+ HU) au standard ART TREES. Objectif : garantir une mise en œuvre respectueuse des communautés et de l’environnement, tout en produisant des résultats carbone certifiables.

 

Des territoires vastes et sous pression

Le Haut-Uélé couvre 93 381 km², soit 4 % du territoire national. Il compte six territoires : Rungu, Faradje, Niangara, Dungu, Wamba et Watsa. Sa végétation comprend la forêt dense humide, la forêt d’altitude, les savanes arbustives et herbeuses, ainsi qu’un complexe agricole forestier. La densité démographique y est de 28 habitants au km² et l’accès à l’électricité est estimé à seulement 1 %.

Le PIREDD+ HU est opérationnel à Rungu, Wamba et Watsa, soit 38 545 km², représentant 41 % de la province. Il intervient dans 27 entités territoriales décentralisées, dont 10 sont directement touchées.

Les moteurs de la déforestation dans cette région sont multiples : agriculture itinérante sur brûlis, exploitation artisanale du bois, carbonisation et bois énergie, exploitation minière et feux de brousse. Les causes sous-jacentes incluent la croissance démographique, des facteurs institutionnels, les infrastructures et l’urbanisation, ainsi que des facteurs économiques. Dans le Haut-Uélé, les pressions humaines résultent surtout de la recherche de revenus et de nourriture, de la collecte et de la vente de bois de feu, et de la coupe illégale de bois.

C’est dans ce contexte que le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) met en œuvre, de décembre 2021 à décembre 2026, le PIREDD HU dans la province du Haut-Uélé. Ce programme REDD+ vise à stabiliser la déforestation et la dégradation forestière, à améliorer durablement les revenus des populations locales, en particulier ceux des femmes, des jeunes et des peuples autochtones, à renforcer la gouvernance forestière, à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à améliorer la qualité de vie.

 

Une étude pour mesurer la conformité

Dans la salle de la Coordination nationale du Groupe de travail climat REDD+ rénové (CN GTCRR), le consultant Alphonse Muhindo Valivambene, après avoir présenté le contexte du projet, a brièvement exposé le contexte de l’étude. L’étude évalue la conformité du PIREDD HU aux sauvegardes environnementales et sociales de Cancún et aux normes ART TREES. Elle poursuit plusieurs objectifs : apprécier la conformité du Haut-Uélé aux normes ART TREES, identifier les écarts nationaux et provinciaux, proposer un plan de conformité, des recommandations et une feuille de route.

Elle examine les sept garanties de Cancún : la cohérence avec les programmes forestiers et les conventions internationales ; la gouvernance forestière transparente ; le respect des droits des peuples autochtones et des communautés locales ; la participation effective des parties prenantes ; la conservation des forêts et de la biodiversité ; la gestion des risques d’inversion ; et la réduction du déplacement des émissions. Trois indicateurs sont utilisés : structurels, de processus et de résultats.

La méthodologie repose sur un échantillon aléatoire stratifié : PACL et ménages, comités locaux de développement, autorités traditionnelles, société civile environnementale, administration provinciale, ministères sectoriels, services techniques nationaux et informateurs clés. Au total, 77 personnes ont été contactées, dont 37 femmes. Les données proviennent d’analyses documentaires, d’entretiens individuels, de groupes de discussion et d’une enquête auprès des ménages sur le bois de chauffe et la braise. L’analyse est qualitative, descriptive, analytique et prospective, avec triangulation.

 

Validation par les experts du GTCRR

Le consultant a ensuite invité les participants à se répartir en cinq groupes de travail, chacun chargé d’examiner une section spécifique du document pour y apporter des analyses et des propositions concrètes.

Les experts de la société civile environnementale regroupés au sein du GTCRR ont formulé des amendements de conformité juridique, des références normatives, des corrections de texte visant à combler les lacunes et les écarts, ainsi que des recommandations opérationnelles et transversales au regard des sept garanties de sauvegardes environnementales et sociales qui devront être appliquées au PIREDD+ HU. Parmi celles-ci :

  • Rendre effective la réalisation des études d’impact environnemental et social (EIES) ;
  • Élaborer le PSAT et évaluer le PSAT existant afin de limiter le risque d’inversion ;
  • Prendre en compte les autres moteurs de la déforestation, comme l’agriculture sur brûlis ;
  • Revoir les statistiques liées à la consommation de bois énergie et de braise ;
  • Renforcer la sensibilisation dans les zones du PIREDD+ HU et les zones voisines ;
  • Promouvoir l’utilisation de foyers améliorés en tenant compte des fabricants locaux, notamment les ONG ;
  • Renforcer les capacités des fabricants de foyers améliorés ;
  • Veiller à la bonne tenue des enquêtes publiques ou des études de base ;
  • Prendre en compte, dans l’étude, les lois et autres mesures d’application sectorielles, telles que la loi sur le carbone, le décret n° 14/019 du 2 août 2014 fixant les règles de fonctionnement des mécanismes procéduraux de protection de l’environnement et la loi sur la parité (loi n° 15/013 du 1er août 2015).

 

Pour Mme Bertille Tekitila, de l’ONG Achulam, le PIREDD+ HU, mis en œuvre par le PNUD, doit fournir davantage d’efforts afin que les communautés puissent vraiment obtenir les bénéfices liés au REDD+, en tenant compte des recommandations apportées par les différents groupes, a-t-elle souligné.

La rencontre s’est achevée sur des échanges animés, au cours desquels les participants ont insisté sur la nécessité de traduire ces recommandations en actions concrètes et visibles au profit des communautés locales bénéficiaires.

 

Par Audry Mbala

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