Kinshasa, 7 février 2026. Le Groupe de Travail Climat REDD+ Rénové (GTCRR) a organisé une réunion de consultation entre la société civile environnementale congolaise et l’équipe du Secrétariat CAFI. L’objectif : discuter de l’appel à manifestation d’intérêt sur le mécanisme des Paiements pour Services Environnementaux (PSE) et clarifier les conditions d’accès direct des entités nationales aux financements climatiques.
Des échanges pour lever les blocages institutionnels
La rencontre, tenue le samedi 7 février dans la salle de réunion du GTCRR à Kinshasa, a réuni les représentants de la société civile environnementale et deux émissaires du Secrétariat CAFI : Chadrack KAFUTI, Chargé du PSE, et Jules KATUBADI, Chargé du dialogue politique et institutionnel.
Deux points structuraient l’ordre du jour :
- la présentation de l’initiative PSE de CAFI ;
- l’examen des lettres adressées par la société civile concernant l’éligibilité des entités nationales aux fonds CAFI.
« Cette consultation intervient dans un contexte où les acteurs nationaux réclament un accès plus équitable aux financements internationaux pour la lutte contre la déforestation », a rappelé le GTCRR en ouverture des échanges.
Le mécanisme PSE en détail : opportunités et conditions
Le chargé PSE de CAFI a présenté les contours d’un dispositif innovant. Le PSE est défini comme un contrat volontaire entre un acteur individuel ou une communauté organisée (CFCL, CLD, coopérative) et un payeur ; en l’occurrence CAFI qui récompense les bonnes pratiques environnementales sur la base des résultats.
Six catégories d’activités sont éligibles :
- Agroforesterie
- Boisement / reboisement
- Agriculture « libre de déforestation »
- Régénération forestière (assistée ou naturelle)
- Gestion durable des forêts
- Conservation des forêts
Les candidatures s’effectuent via une plateforme en ligne hébergée hors RDC, et les paiements se font directement par paiement mobile. En cas d’absence de ce service, CAFI prévoit des solutions alternatives comme les bons d’achat.
Plusieurs clarifications ont été apportées :
- le délai entre le dépôt d’une candidature et le premier paiement est de trois mois ;
- il n’existe pas d’étendue minimum standard pour un projet PSE ;
- des appuis habilitants (structuration en CLD, renforcement de capacités) sont prévus, dans la limite d’un pourcentage du budget total.
Les projets ont une durée de cinq ans, avec un décaissement en deux tranches : 40 % à la signature du contrat, et 60 % après évaluation indépendante des résultats.
Accès direct des entités nationales : un point de blocage historique
Le deuxième volet des échanges a porté sur un sujet sensible : l’absence d’entités nationales accréditées pour recevoir directement les fonds CAFI.
Le Secrétariat CAFI a rappelé que les appels à propositions contestés par la société civile relevaient du Secrétariat FONARED, et non de CAFI. Il a également expliqué les difficultés rencontrées avec UNOPS, agence fiduciaire, qui a imposé de nouvelles évaluations des organisations nationales après celles déjà menées par le PNUD.
Une annonce importante a toutefois été faite : 26 millions de dollars ont été alloués à UNOPS pour accompagner les entités nationales (étatiques et non étatiques) dans leur processus d’accréditation, afin de leur permettre un accès direct aux futurs appels à manifestation d’intérêt.
« Ce premier AMI n’est pas le dernier. Si les entités nationales parviennent à être accréditées, elles pourront soumissionner et bénéficier directement des fonds », a précisé le représentant de CAFI.
Prochaines étapes
À l’issue des échanges, les participants ont décidé de se réunir à nouveau le lundi 9 février à 13 heures pour définir une position commune et formuler des recommandations claires en vue des prochains appels à manifestation d’intérêt.
Position de la société civile : des réserves, mais une ouverture
Cependant, face aux explications fournies, les acteurs de la société civile ont tenu à clarifier leur position d’emblée. Ils ne s’opposent pas au déploiement du PSE en RDC, mais formulent des réserves et posent des préalables, compte tenu des expériences passées où les entités internationales ont été privilégiées.
Par Audry Mbal



