Renforcement des capacités sur la REDD+ en RDC : Le GTCRR outille les OSC du Kwilu et du Kwango

Renforcement des capacités sur la REDD+ en RDC : Le GTCRR outille les OSC du Kwilu et du Kwango

Du 20 août au 3 septembre 2026, le Groupe de Travail Climat REDD+ Rénové (GTCRR), en collaboration avec le Centre de recherche forestière internationale (CIFOR) et le Fonds National REDD+ (FONAREDD), a organisé deux missions de renforcement des capacités en suivi-évaluation et en communication à Kikwit (Kwilu) et à Kenge (Kwango). Ces ateliers ont permis de former plus de 70 organisations de la société civile environnementale membre du GTCRR, renforçant ainsi leur rôle d’observateur indépendant des projets REDD+.

 

Ceci a été rendu possible dans le cadre du projet d’appui à la Société Civile pour le suivi décentralisé des projets et programmes REDD+ (SC REDD), le GTCRR a poursui son engagement pour une gouvernance forestière transparente et inclusive. Les provinces du Kwilu, couverte par le Programme Intégré REDD+ (PIREDD-Kwilu) financé par la JICA et le FONAREDD/CAFI depuis 2019, et du Kwango, candidate au programme PIFOREST et bénéficiaire de financements du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM), constituaient des cibles stratégiques de cette mission.

L’objectif principal était de renforcer les capacités des organisations membres du GTCRR en suivi-évaluation et en communication.

 

Une formation participative et inclusive à Kikwit

Dans le cadre du projet SC-REDD+, les experts du CIFOR, FONAREDD et du GTCRR, ont organisé deux ateliers de renforcement des capacités en suivi-évaluation et en communication. Le premier s’est ouvert le 21 août 2026 à Kikwit, en présence de Madame Charlotte Lula Musuy, maire de la ville, qui a salué l’engagement du GTCRR et rappelé le rôle crucial de la société civile dans la sensibilisation communautaire. M. André Musafiri, officier du projet SC-REDD et expert en suivi-évaluation à la FONAREDD, a présenté le portefeuille de millions de dollars géré par le Fonds National REDD+ et l’importance d’un observateur indépendant pour garantir l’impact réel des investissements.

Le second atelier s’est tenu du 31 août au 2 septembre 2026 dans la salle de la Cinquantenaire à Kenge. Il a été marqué par les allocutions de M. Guy Kajemba, coordonnateur national du GTCRR, qui a rappelé le rôle de la plateforme : organiser des dialogues, assurer le suivi des PIREDD, mener des actions de plaidoyer et exercer un contrôle sur les moratoires. M. André Musafiri a souligné l’importance d’un suivi indépendant des investissements du Fonds National REDD+ par la société civile environnementale, face à l’immensité du portefeuille des financements carbones que l’État ne peut contrôler seul en temps réel.

Les deux sessions de Kikwit et Kenge animée par M. David Badesire, spécialiste du CIFOR ont couvert les concepts clés du MEAL/SERA et les types de suivi (processus, performance, contexte, activités, résultats, impacts, risques, participatif), les critères d’évaluation CAD/OCDE (pertinence, efficacité, efficience, impact, durabilité, cohérence) pour le Kwilu et PIED (pertinence, cohérence, efficacité, efficience, impact, durabilité), les types d’évaluation (ex ante, baseline, mi-parcours, endline, ex post, de référence, etc.), les outils de collecte de données (KoboToolbox, cadre logique/TOC, matrice de suivi, canevas de rapportage GTCRR, Journal Engagé d’Influence).

Au cours de ces ateliers, M. André Musafiri a animé des modules de formation visant à consolider les connaissances sur la REDD+, ainsi que sur la gestion et les conséquences des feux de brousse. Il a approfondi la présentation des jalons et des piliers de la REDD+, des sauvegardes de Cancún et du Consentement Libre, Informé et Préalable (CLIP). La formation a également mis en lumière le rôle clé de la société civile et du GTCRR dans le suivi des jalons de la lettre d’intention (LoI 2).

La formation en communication, animée conjointement par M. Arsène Kashemwa (CIFOR) et M. Audry Mbala (GTCRR), a permis aux participants de maîtriser les techniques de planification de communication, de photographie et de vidéographie, ainsi que la rédaction journalistique à travers la pyramide inversée et la méthode des 5W/QQOQCCP. À Kenge, la troisième et dernière journée, le 2 septembre, a été consacrée à l’importance de la communication dans le changement de comportement, aux notions sur la gestion des feux de brousse, aux techniques de photographie et de vidéographie, ainsi qu’à la rédaction d’articles.

Lors de ces formations, les participants ont bénéficié d’exercices pratiques et ont été répartis en groupes de travail

 

Une visite de la coordination provinciale de Kwango

Le 3 septembre 2026, la délégation conjointe composée de la FONAREDD, du CIFOR et du GTCRR National s’est rendue au siège de la coordination provinciale du GTCRR Kwango, hébergée dans les locaux de l’ONG BDC à Kenge. L’équipe a été accueillie par le coordonnateur provincial, M. Anaclet Kapaya Nlandu, accompagné de M. Mufundu Bile, comptable de la structure.

Les échanges ont principalement porté sur les défis organisationnels, financiers et de gouvernance locale auxquels font face les structures membres. Les discussions ont également abordé l’accompagnement des communautés, en particulier sur les enjeux de fertilité des sols, de production agricole et de gestion durable des écosystèmes.

 

Suivi-évaluation : des acteurs de la société civile du Kwango et du Kwilu saluent une formation qui renforce leurs capacités

Au terme de ses sessions des formations en suivi et évaluation, plusieurs responsables d’organisations de la société civile ont exprimé leur satisfaction.

Bernard Lukidi, PCO GTCRR Kwango, s’est dit ému par cette formation qui, selon lui, renforce les capacités en suivi et évaluation. Mme Gabrielle Kitenda, PCA de la Dynamique de la femme pour le développement du Kwango, a souligné l’apport de cette session. « Cette formation va nous aider à comprendre beaucoup de choses lorsqu’un partenaire finance un projet et que nous devons faire le suivi-évaluation. Pour savoir si le projet répond aux besoins de nos communautés. Prendre ces besoins et les transmettre au décideur. Je suis très contente », a-t-elle déclaré.

Pour M. Freddy Mulongo, coordonnateur provincial du GTCRR Kwilu, le suivi-évaluation est indispensable. « Le suivi-évaluation, c’est un thermomètre et la boussole pour connaître ce qui a été fait ou pas, et pourquoi. Je suis très content de cette formation », a-t-il affirmé.

Joseph Sindani, membre de l’ONG CAFEN, a insisté sur la nécessité du suivi dans les activités de la société civile. « Nous avons compris que le suivi-évaluation est très nécessaire dans nos activités. Car nous n’arrivons pas à atteindre certains objectifs parce que nous ne savons pas comment le faire pour améliorer le projet », a-t-il expliqué.

 

Bilan, défis et perspectives

Ces journées d’atelier ont permis de réaffirmer le rôle du GTCRR en tant qu’acteur majeur de la société civile dans le suivi-évaluation des projets REDD+. Elles ont également offert un cadre précieux d’échange d’expériences pour maximiser l’impact des projets sur le terrain. Les sessions se sont clôturées dans une ambiance chaleureuse par la remise des certificats de participation.

Les défis restent nombreux : manque de financement des structures locales, besoin de renforcement de capacité sur le found raising, le montage de projet et la gouvernance, mais aussi des attentes pour les programmes futurs.

Le GTCRR réaffirme son engagement à œuvrer pour une gouvernance forestière transparente, inclusive et équitable au bénéfice des communautés locales du Kwilu et du Kwango.

 

Par Audry Mbala

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