Plan stratégique quinquennal 2026-2031 : LINAPYCO et GTCRR unis pour les droits fonciers des PAP en RDC

Plan stratégique quinquennal 2026-2031 : LINAPYCO et GTCRR unis pour les droits fonciers des PAP en RDC

Kinshasa, les 7, 8 et 9 juillet 2026 – La Ligue Nationale des Associations Autochtones Pygmées au Congo (LINAPYCO) a organisé, à Kinshasa, un atelier national de validation de son Plan Stratégique Quinquennal pour la reconnaissance légale et la sécurisation des droits fonciers et des ressources naturelles des Peuples Autochtones Pygmées (PAP) et des communautés locales en République Démocratique du Congo. Cet événement a bénéficié de l’appui financier de la Rights and Resources Initiative (RRI), de CARITAS-CONGO et du Groupe de Travail Climat REDD+ RENOVE (GTCRR).

L’atelier avait pour objectif général de valider le document du Plan stratégique quinquennal et d’élaborer une feuille de route pour sa mise en œuvre. Environ soixante participants, venus des provinces et de Kinshasa, des experts de la société civile, des membres du corps diplomatique accrédités ainsi que des partenaires au développement ont pris part à ces assises.

 

Une réforme foncière historique pour les PAP

La République Démocratique du Congo a franchi une étape majeure avec la promulgation de la Loi foncière n°25/062 du 30 décembre 2025, suivie de la validation technique du Plan Foncier National. Portée par le Ministère des Affaires Foncières, cette réforme vise à sécuriser les droits fonciers et à moderniser le secteur à travers la numérisation du cadastre, la suppression de la prescription acquisitive et l’instauration d’une conciliation obligatoire.

Cependant, malgré ces avancées et l’existence de la Loi n°22/030 portant protection et promotion des droits des peuples autochtones pygmées, la mise en œuvre effective des droits fonciers coutumiers des PAP reste à consolider. C’est pour répondre à ce défi que la LINAPYCO a entrepris, dès 2019, l’élaboration d’un plan stratégique quinquennal, à travers des ateliers participatifs organisés à Goma (mai 2019) puis à Kinshasa (août 2020).

Cet atelier de juillet 2026 visait ainsi à :

  • Examiner de manière critique les axes stratégiques, les actions prioritaires et les mécanismes de suivi proposés ;
  • Recueillir les amendements et recommandations des parties prenantes pour enrichir le document final ;
  • Obtenir un consensus national sur les responsabilités de chaque acteur (Gouvernement, société civile, secteur privé, peuples autochtones).

 

Discours d’ouverture et engagements des partenaires

Lors de la cérémonie d’ouverture, le Coordonnateur national du GTCRR, M. Guy Kajemba, a réaffirmé l’engagement de son institution à accompagner ce processus, à porter la voix des communautés et à veiller à ce que ce plan stratégique devienne un instrument vivant de transformation sociale et environnementale en RDC. Il a souligné la nécessité d’une synergie entre tous les acteurs pour garantir la mise en œuvre effective des actions prévues.

Pour sa part, l’Abbé Jean Paul Lukutu, coordonnateur provincial du GTCRR Maindombe, a insisté sur l’importance de cartographier les compétences des PAP, rappelant que ces communautés ne manquent pas de ressources humaines qualifiées. Cette cartographie permettra de mieux identifier les forces locales et d’orienter les actions de renforcement des capacités.

 

Structure du Plan stratégique et axes d’intervention

Le Plan stratégique quinquennal s’articule autour de quatres axes stratégiques principaux et de deux axes transversaux, à savoir l’Information-Éducation-Communication (IEC) et le Genre. Ces axes visent à garantir une approche globale et inclusive, prenant en compte à la fois les dimensions techniques, sociales et culturelles de la sécurisation des droits fonciers.

 

Adoption de la feuille de route et mobilisation des ressources

À l’issue des travaux, les participants ont adopté la feuille de route pour le lancement officiel du plan stratégique et la mobilisation des ressources financières nécessaires à sa mise en œuvre. Comme le souligne le document stratégique : « Le Plan stratégique va servir de cadre de référence aux membres du REPALEF-RDC et ses parties prenantes pour la priorisation de leurs interventions, leurs choix d’activités futures et la mise en œuvre de leurs plans d’actions. Il servira également d’outil de plaidoyer pour mobiliser davantage de partenaires et de ressources financières et techniques. »

 

Mot de clôture : une boussole pour l’avenir

Dans son discours de clôture, le Président du Conseil d’Administration (PCA) de la LINAPYCO, M. Kapupu Diwa, a qualifié le document validé de véritable boussole pour les droits fonciers des peuples autochtones. Il a rappelé que la terre et la langue constituent les deux piliers fondamentaux de l’identité des Congolais : « Le premier pilier, c’est la terre. Si aujourd’hui on nous appelle des Congolais, c’est parce que nous avons ce territoire qu’on appelle la RDC, avec ses 2 345 410 km². Le deuxième pilier, c’est la langue, socle de notre identité culturelle avec nos quatre langues nationales. Le document que nous venons de valider sera notre orientation, notre boussole pour que la terre, comme le disent les peuples autochtones : notre mère nourricière ; soit enfin protégée et reconnue. »

 

La réussite de ce plan stratégique dépendra désormais de la volonté politique, de la disponibilité des financements et de la capacité des acteurs à travailler en synergie. La LINAPYCO, en tant que team leader des processus de réformes en cours, appelle l’ensemble des parties prenantes à s’engager résolument afin que les droits fonciers des Peuples Autochtones Pygmées soient enfin reconnus et sécurisés, pour le bien-être des communautés et la préservation de leur identité culturelle.

 

Le GTCRR, quant à lui, accompagnera les peuples autochtones pygmées dans la sécurisation de leurs droits fonciers à travers des actions de plaidoyer, des campagnes de lobbying et une participation dynamique à toutes les étapes de plan. Cet engagement renforce la complémentarité des rôles entre la LINAPYCO, qui pilote la réforme foncière au sein des OSC des Peuples autochtones et le GTCRR, qui agit comme soutien technique et politique pour garantir que la voix des communautés soit portée au plus haut niveau.

 

Par Audry Mbal

 

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