Les 17 et 18 août 2026, à Kinshasa à la Salle Garamba, s’est tenu l’atelier national de planification annuelle de la Rights and Resources Initiative (RRI) en République Démocratique du Congo (RDC), en synergie avec les organisations de la société civile dont les organisations membres du Groupe de Travail Climat Redd+ Rénové (GTCRR). Cet événement majeur a réuni 45 participants pour évaluer les réalisations de 2026, définir les priorités de 2027 et contribuer à la Vision 2030 de la coalition, avec un focus sur la justice climatique et les droits des peuples autochtones.
L’urgence d’une Vision 2030
La RDC demeure un pays prioritaire pour la coalition RRI en Afrique en raison de l’importance de ses forêts du Bassin du Congo, de sa biodiversité exceptionnelle et des nombreuses réformes foncières et forestières en cours. Dans un contexte mondial marqué par l’urgence climatique, cet atelier de deux jours avait pour objectif général d’échanger sur les réalisations de 2026, de dégager les priorités de 2027 et de recueillir les contributions des membres pour alimenter la Vision 2030 et renforcer la Théorie du changement de la RRI.
Un bilan terrain participatif
La première journée a été consacrée aux restitutions des projets financés par le projet SIDA et le fonds relais 2026. Les organisations membres ont présenté leurs avancées dans cinq provinces pilotes : le Sud-Ubangi (DGPA), le Kwilu (CRI), la Tshopo (ANAPAC), le Kongo Central (CTIDD) et l’Équateur (CFLEDD).
Des avancées concrètes sur le terrain
Les présentations ont mis en lumière des résultats tangibles. Dans le Kwilu, le CRI a formé 12 agents du cadastre et installé des organes de gouvernance foncière dans quatre groupements. Dans le Sud-Ubangi, la DGPA a délimité et cartographié 92 parcelles individuelles, délivrant ainsi 92 attestations d’occupation foncière coutumière. Dans la Tshopo, l’ANAPAC a appuyé la signature de l’arrêté provincial installant la Coordination Provinciale CONAREF. Ces actions illustrent une dynamique collective forte pour la sécurisation des terres. Dans le Kongo Central le CTIDD a construit un bureau pour la brigade foncière de Bundi et à doter la circonscription foncière de Seke-banza avec des matériels informatique et 3 motos. Dans la province de l’Équateur la CFLEDD a obtenu la signature de l’arrêté provincial, la nomination et l’installation par le Gouverneur des membres de la CONAREF Équateur.
Des défis persistants à relever
Malgré ces succès, les participants ont identifié des contraintes majeures. Les retards de décaissement, l’enclavement des zones d’intervention, la dégradation des routes et les lourdeurs administratives freinent l’exécution des activités. La dépendance aux financements extérieurs et le besoin urgent de vulgariser la nouvelle loi foncière de décembre 2025 auprès des acteurs locaux ont également été soulignés.
Les échanges ont permis de faire entendre la voix des acteurs de terrain. La question de la pérennisation des acquis et de l’inclusion des jeunes et des femmes a été au cœur des débats.
« La sécurisation foncière n’est pas qu’une question de papiers, c’est une garantie pour la paix et le développement durable de nos communautés. Nous devons veiller à ce que les jeunes et les femmes soient au cœur de cette dynamique pour que les acquis survivent aux projets », a souligné M. Aquilas Koko, facilitateur RRI en RDC.
Résultats et Impacts : Les priorités 2027
À l’issue des travaux de groupe et des échanges en plénière, les participants ont dégagé des priorités claires pour 2027, articulées autour de quatre axes majeurs :
- Gouvernance foncière et réforme : Installation des comités fonciers locaux, opérationnalisation du service foncier local et création de la plateforme numérique pilote du Système d’Information Foncier (SIF).
- Gestion durable des forêts : Réalisation d’inventaires multi-ressources, élaboration de Plans Simples de Gestion (PSG) et reboisement.
- Développement économique et autonomisation : Développement d’Activités Génératrices de Revenus (AGR) ciblées pour les Peuples Autochtones et Communautés Locales (PACL), avec un appui spécifique aux initiatives féminines et à la pisciculture.
- Services sociaux de base : Amélioration de l’accès à l’eau potable et appui à l’éducation.
Les participants ont également formulé des attentes fortes envers la RRI : des financements pluriannuels et flexibles, un accompagnement continu de la sécurisation foncière, et la mise en place de cliniques juridiques pour protéger les défenseurs des droits.
Cet atelier national a consolidé la dynamique collective de la coalition RRI en RDC. Les contributions riches et variées ont permis d’alimenter la Vision 2030 et la révision de la Théorie du changement, plaçant les droits des peuples autochtones et des communautés locales au cœur des politiques et des investissements durables.
Le GTCRR salue les résultats et les réalisations de ses organisations membres, et les encourage à redoubler d’efforts pour une performance accrue.
Par Audry Mbala


