Synergies d’idées : La coordination nationale du GTCRR a eu un échange constructif avec le consultant de la GIZ concernant un projet en cours d’élaboration

Synergies d’idées : La coordination nationale du GTCRR a eu un échange constructif avec le consultant de la GIZ concernant un projet en cours d’élaboration

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Le 26 février, une séance de travail s’est tenue à Kinshasa entre une délégation de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), représentée par M. Claus Falkenberg (consultant) et Mme Bienvenue Amsini, et la coordination nationale du Groupe de Travail Climat REDD+ Rénové (GTCRR). Les échanges ont réuni M. Guy Kajemba, Coordonnateur national, ainsi que M. André Safari, Coordonnateur provincial de la Tshopo. Cette rencontre s’inscrivait dans le processus de montage d’un nouveau projet destiné à la province de la Tshopo, que la GIZ envisage de soumettre au Fonds vert pour le climat.

Les discussions ont souligné qu’il ne s’agit plus de multiplier les plans, mais de capitaliser sur les instruments existants et de concentrer les efforts sur leur mise en œuvre effective. Les Plans Simples de Gestion (PSG), les Plans Simples d’Aménagement du Territoire (PSAT) ainsi que les Concessions Forestières des Communautés Locales (CFCL) demeurent des outils pertinents. Toutefois, leur rôle doit évoluer vers une phase opérationnelle, génératrice d’impacts socio-économiques tangibles pour les communautés.

Le Coordonnateur du GTCRR a insisté sur un point : là où des PSAT existent déjà, il serait peu judicieux de recommencer le processus à zéro. Une actualisation ciblée paraît plus adaptée, notamment pour assurer la conformité avec les évolutions législatives, intégrer les exigences de digitalisation, consolider l’application du Consentement Libre, Informé et Préalable (CLIP) et réengager le dialogue avec les communautés afin de réajuster les priorités locales. L’objectif est d’éviter des exercices formels sans impact réel et de garantir une appropriation effective avant toute phase d’investissement.

Le projet en préparation repose sur trois axes majeurs. Le premier concerne la gestion durable des ressources forestières : reboisement à visée de conservation, plantations énergétiques et promotion de systèmes agroforestiers. L’ambition est double : restaurer les écosystèmes tout en améliorant les conditions de vie des populations, dans une logique de contribution à l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre.

Le deuxième axe porte sur la structuration des chaînes de valeur agricoles et forestières. Les cultures telles que le café, le cacao et le palmier à huile figurent parmi les priorités, sans exclure d’autres spéculations prometteuses selon les contextes locaux. Les Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL) sont également identifiés comme un levier potentiel pour développer des filières inclusives, capables de générer des revenus tout en valorisant durablement les ressources naturelles.

Le troisième volet s’intéresse à la transition énergétique, notamment à l’amélioration de la filière charbon de bois. L’introduction de foyers améliorés et la promotion d’alternatives énergétiques plus durables sont envisagées afin de réduire la pression exercée sur les forêts.

Les questions d’inclusion et de gouvernance ont occupé une place importante dans les échanges. La société civile, à travers le GTCRR, plaide pour une implication réelle des communautés locales, des peuples autochtones, des femmes et des jeunes. Au-delà des principes, il s’agit de veiller à ce que les dispositifs existants permettent une participation équitable et que les mécanismes de gestion des plaintes soient accessibles et opérationnels, afin de prévenir les blocages rencontrés dans certains projets passés.

Pour répondre aux critères du Fonds vert pour le climat, le projet devra intégrer une étude d’impact environnemental et social approfondie, une analyse spécifique des enjeux liés au genre et aux peuples autochtones, ainsi qu’une phase initiale de consultations CLIP. Des villages seront échantillonnés dans les zones ciblées pour identifier les risques potentiels et définir des mesures d’atténuation appropriées.

Sur le plan territorial, les réalités diffèrent. En Tshopo, un Schéma Provincial d’Aménagement du Territoire, élaboré entre 2020 et 2021, est déjà disponible ; il servira de base de référence. En revanche, dans la province du Maniema, l’absence d’un tel cadre pourrait nécessiter un appui complémentaire. Par ailleurs, plusieurs CFCL ont été mises en place dans l’Est de la Tshopo, notamment avec l’appui du PIREDD Oriental, mais beaucoup ne disposent pas encore de plans simples de gestion pleinement opérationnels, ce qui ouvre un champ d’intervention ciblé.

Le financement envisagé s’appuie sur les performances climatiques enregistrées par la RDC avant 2018, estimées à près de 15 millions de tonnes de CO₂ évitées. Une valorisation indicative de 8 dollars par tonne a été évoquée, sous réserve des ajustements applicables. Il ne s’agit pas de lancer un nouveau programme REDD+ au sens strict, mais de mobiliser les ressources issues des efforts passés pour soutenir des investissements structurants.

Le calendrier constitue toutefois un défi majeur : un délai d’environ un mois pour finaliser la proposition. Cette contrainte impose de s’appuyer sur les stratégies existantes, les cadres nationaux validés et les réseaux déjà actifs sur le terrain, en particulier en Tshopo. L’approche recherchée se veut pragmatique, orientée vers des résultats rapides et mesurables, tout en évitant les lenteurs administratives constatées auparavant.

Enfin, les discussions ont abordé la nécessité de revisiter la stratégie nationale REDD+, notamment l’analyse des moteurs de la déforestation, dont l’étude de référence date de 2009. Une mise à jour tenant compte des dynamiques socio-économiques actuelles apparaît indispensable pour assurer la pertinence des futures interventions.

En conclusion, les orientations stratégiques issues de cette rencontre reposent sur un principe central : consolider l’existant, renforcer l’inclusion et accélérer les investissements à impact tangible. En misant sur la cohérence territoriale, la participation communautaire et la valorisation durable des ressources forestières, le projet ambitionne de transformer les résultats climatiques passés en véritables leviers de développement local durable.

 

Par Audry Mbal

 

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Groupe de Travail Climat Redd + Rénové (GTCRR)

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