Finance climat en RDC : financements extérieurs, opportunité ou piège de dépendance ?

Finance climat en RDC : financements extérieurs, opportunité ou piège de dépendance ?

27 Vues

Il est nécessaire de rappeler une vérité essentielle : les financements extérieurs ne sont ni automatiques ni obligatoires. Ils ne constituent pas une politique publique, encore moins un dû. Un État sérieux doit disposer de structures destinées à accompagner les citoyens vers l’autonomie et la prise en charge de leurs besoins. Lorsque ces mécanismes sont insuffisants ou absents, les ressources internes ne suffisent pas à couvrir les coûts élevés de l’adaptation.

Les financements extérieurs présentent des risques importants de dépendance et de conditionnalité pour un État :

Risques de dépendance

  • Affaiblissement de la souveraineté budgétaire : si une grande partie des projets climatiques dépend de financements extérieurs, l’État peut perdre sa capacité à définir ses propres priorités.

  • Vulnérabilité aux fluctuations : les financements internationaux ne sont pas toujours stables. Des changements politiques ou économiques chez les bailleurs peuvent interrompre ou réduire les flux.

  • Effet d’éviction : les ressources locales peuvent être négligées, car les acteurs nationaux comptent trop sur les bailleurs étrangers.

  • Perte de crédibilité interne : une dépendance excessive peut donner l’impression que les politiques climatiques sont imposées de l’extérieur plutôt que portées par la société nationale.

 

Risques de conditionnalité

  • Imposition de réformes : les bailleurs peuvent exiger des réformes institutionnelles ou économiques qui ne correspondent pas toujours aux réalités locales.

  • Priorités externes : les financements sont souvent orientés vers les thématiques qui intéressent les donateurs (p. ex. carbone forestier, énergies renouvelables) plutôt que vers les besoins immédiats des populations (adaptation agricole, résilience communautaire).

  • Complexité administrative : les conditionnalités incluent souvent des exigences de reporting, d’audit et de conformité qui mobilisent beaucoup de ressources humaines et financières.

  • Risques d’inégalités : les conditionnalités peuvent favoriser certaines régions ou acteurs (grandes ONG, institutions centrales) au détriment des communautés locales.

 

Conclusion

Un État doit trouver un équilibre :

  • Maximiser les opportunités offertes par les financements extérieurs (accès à des ressources, technologies, expertise).

  • Réduire la dépendance en mobilisant davantage de financements domestiques (taxes carbone, budgets nationaux, partenariats public-privé).

  • Négocier les conditionnalités pour qu’elles soient adaptées au contexte local et qu’elles renforcent la gouvernance plutôt que de la fragiliser.

 

Par Guy Kajemba / Coordonnateur National du GTCRR

Partager sur

Groupe de Travail Climat Redd + Rénové (GTCRR)

Abonnez-vous