Échanges entre le GTCRR et l’UMons : les enjeux socio-environnementaux des projets carbone

Échanges entre le GTCRR et l’UMons : les enjeux socio-environnementaux des projets carbone

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Kinshasa, le 17 mars 2026. La Coordination nationale du Groupe de Travail Climat REDD+ Rénové  (GTCRR) a reçu une délégation de chercheurs de l’Université de Mons (UMons) menant une étude sur le marché carbone dans les provinces de Maï-Ndombe et du Sud-Ubangi.

La délégation était composée de :

  • Lore BERTREM, chercheuse et doctorante à l’UMons ;
  • Maurice NITUBUBA, Professeur à l’Université de Lubumbashi (UniLu) et Consultant pour l’UMons ;
  • L’Abbé Jean-Paul Lokutu, Coordonnateur provincial du GTCRR pour le Maï-Ndombe.

Les échanges ont porté sur plusieurs thématiques cruciales liées aux projets carbone, notamment :

  • leurs impacts sur les Communautés Locales et Peuples Autochtones (CLPA) ;
  • la justice environnementale ;
  • les paiements pour services environnementaux (PSE) ;
  • le Consentement Libre, Informé et Préalable (CLIP) ;
  • et la REDD+ (Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts).
  • Et d’autres

Apportant des précisions sur ces sujets, le Coordonnateur national du GTCRR a insisté sur la nécessité de bien définir les priorités avec les communautés, représentées par leurs Comités Locaux de Développement (CLD), que ce soit lors des processus de CLIP ou dans l’élaboration des cahiers des charges. Il a souligné une nuance fondamentale : les priorités des communautés diffèrent souvent de ce que l’on considère comme étant pour les communautés en matière de développement.

Pour illustrer son propos, il a cité l’exemple concret d’un village où une école construite en dur avec des tôles, dans le cadre d’un projet, s’est révélée trop chaude. Les élèves préféraient étudier dans l’ancienne école en briques de terre et en paille, dont les matériaux traditionnels absorbent mieux la chaleur. Il a ainsi martelé l’importance de laisser aux communautés la liberté de faire leurs propres choix, rappelant qu’elles protègent efficacement leurs forêts depuis des générations. Il a également précisé que la déforestation est principalement due à des facteurs comme la pression démographique et la demande croissante en bois-énergie et charbon de bois émanant des centres urbains.

Poursuivant les échanges sur le plan de partage des bénéfices, le Coordonnateur du GTCRR a souligné ses lacunes actuelles. Il a relevé que le plan n’est pas contraignant, faute de validation au niveau national. Il a plaidé pour l’élaboration de lignes directrices nationales claires, qui devraient s’imposer à tous les acteurs et dont l’application serait contrôlée par des vérificateurs indépendants.

Concernant la réussite des Projets Intégrés REDD+ (PIREDD), le GTCRR a observé des résultats contrastés. Certains projets ont rencontré un franc succès, tandis que d’autres ont moins bien fonctionné en raison d’un manque de flexibilité de la part de l’opérateur ou de l’agence fiduciaire, dont les procédures alourdies entravent la mise en œuvre. À l’inverse, il a été noté que la Banque mondiale a su faire preuve d’une flexibilité adaptative sur le terrain. En conclusion, le GTCRR a réaffirmé que les nouveaux projets carbones doivent impérativement se construire sur les initiatives existantes et les réalités locales pour être pertinents et efficaces.

Lors des échanges entre la délégation de UMons au bureau du Coordonnateur National du GTCRR

 

Cette visite de travail a permis de souligner le rôle central du GTCRR en tant que pont entre la recherche académique internationale et les réalités complexes du terrain congolais. En accueillant les chercheurs de l’Université de Mons, la Coordination nationale a réaffirmé sa mission fondamentale : veiller à ce que les droits et intérêts des Communautés Locales et Peuples Autochtones (CLPA) restent au cœur des mécanismes de financement climatique, en particulier le marché carbone et la REDD+.

À travers des échanges riches en exemples concrets, le GTCRR a démontré que la protection des écosystèmes forestiers ne peut être dissociée d’une approche ascendante, où les communautés, fortes de leur savoir ancestral, sont de véritables partenaires de décision. Alors que la RDC s’engage davantage dans la finance carbone, ce dialogue avec le monde académique et les parties prenantes permet de poser les bases d’une transition juste, où le développement durable se construit avec les communautés, et non pour elles.

 

Par audry Mbal

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Groupe de Travail Climat Redd + Rénové (GTCRR)

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