Il est nécessaire de rappeler une vérité essentielle : les financements extérieurs ne sont ni automatiques ni obligatoires. Ils ne constituent pas une politique publique, encore moins un dû. Un État sérieux doit disposer de structures destinées à accompagner les citoyens vers l’autonomie et la prise en charge de leurs besoins. Lorsque ces mécanismes sont insuffisants ou absents, les ressources internes ne suffisent pas à couvrir les coûts élevés de l’adaptation.
Les financements extérieurs présentent des risques importants de dépendance et de conditionnalité pour un État :
Risques de dépendance
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Affaiblissement de la souveraineté budgétaire : si une grande partie des projets climatiques dépend de financements extérieurs, l’État peut perdre sa capacité à définir ses propres priorités.
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Vulnérabilité aux fluctuations : les financements internationaux ne sont pas toujours stables. Des changements politiques ou économiques chez les bailleurs peuvent interrompre ou réduire les flux.
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Effet d’éviction : les ressources locales peuvent être négligées, car les acteurs nationaux comptent trop sur les bailleurs étrangers.
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Perte de crédibilité interne : une dépendance excessive peut donner l’impression que les politiques climatiques sont imposées de l’extérieur plutôt que portées par la société nationale.
Risques de conditionnalité
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Imposition de réformes : les bailleurs peuvent exiger des réformes institutionnelles ou économiques qui ne correspondent pas toujours aux réalités locales.
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Priorités externes : les financements sont souvent orientés vers les thématiques qui intéressent les donateurs (p. ex. carbone forestier, énergies renouvelables) plutôt que vers les besoins immédiats des populations (adaptation agricole, résilience communautaire).
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Complexité administrative : les conditionnalités incluent souvent des exigences de reporting, d’audit et de conformité qui mobilisent beaucoup de ressources humaines et financières.
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Risques d’inégalités : les conditionnalités peuvent favoriser certaines régions ou acteurs (grandes ONG, institutions centrales) au détriment des communautés locales.
Conclusion
Un État doit trouver un équilibre :
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Maximiser les opportunités offertes par les financements extérieurs (accès à des ressources, technologies, expertise).
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Réduire la dépendance en mobilisant davantage de financements domestiques (taxes carbone, budgets nationaux, partenariats public-privé).
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Négocier les conditionnalités pour qu’elles soient adaptées au contexte local et qu’elles renforcent la gouvernance plutôt que de la fragiliser.
Par Guy Kajemba / Coordonnateur National du GTCRR


