269 VuesKinshasa, le 17 mars 2026. La Coordination nationale du Groupe de Travail Climat REDD+ Rénové (GTCRR) a reçu une délégation de chercheurs de l’Université de Mons (UMons) menant une étude sur le marché carbone dans les provinces de Maï-Ndombe et du Sud-Ubangi. La délégation était composée de : Lore BERTREM, chercheuse et doctorante à l’UMons ; Maurice NITUBUBA, Professeur à l’Université de Lubumbashi (UniLu) et Consultant pour l’UMons ; L’Abbé Jean-Paul Lokutu, Coordonnateur provincial du GTCRR pour le Maï-Ndombe. Les échanges ont porté sur plusieurs thématiques cruciales liées aux projets carbone, notamment : leurs impacts sur les Communautés Locales et Peuples Autochtones (CLPA) ; la justice environnementale ; les paiements pour services environnementaux (PSE) ; le Consentement Libre, Informé et Préalable (CLIP) ; et la REDD+ (Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts). Et d’autres Apportant des précisions sur ces sujets, le Coordonnateur national du GTCRR a insisté sur la nécessité de bien définir les priorités avec les communautés, représentées par leurs Comités Locaux de Développement (CLD), que ce soit lors des processus de CLIP ou dans l’élaboration des cahiers des charges. Il a souligné une nuance fondamentale : les priorités des communautés diffèrent souvent de ce que l’on considère comme étant pour les communautés en matière de développement. Pour illustrer son propos, il a cité l’exemple concret d’un village où une école construite en dur avec des tôles, dans le cadre d’un projet, s’est révélée trop chaude. Les élèves préféraient étudier dans l’ancienne école en briques de terre et en paille, dont les matériaux traditionnels absorbent mieux la chaleur. Il a ainsi martelé l’importance de laisser aux communautés la liberté de faire leurs propres choix, rappelant qu’elles protègent efficacement leurs forêts depuis des générations. Il a également précisé que la déforestation est principalement due à des facteurs comme la pression démographique et la demande croissante en bois-énergie et charbon de bois émanant des centres urbains. Poursuivant les échanges sur le plan de partage des bénéfices, le Coordonnateur du GTCRR a souligné ses lacunes actuelles. Il a relevé que le plan n’est pas contraignant, faute de validation au niveau national. Il a plaidé pour l’élaboration de lignes directrices nationales claires, qui devraient s’imposer à tous les acteurs et dont l’application serait contrôlée par des vérificateurs indépendants. Concernant la réussite des Projets Intégrés REDD+ (PIREDD), le GTCRR a observé des résultats contrastés. Certains projets ont rencontré un franc succès, tandis que d’autres ont moins bien fonctionné en raison d’un manque de flexibilité de la part de l’opérateur ou de l’agence fiduciaire, dont les procédures alourdies entravent la mise en œuvre. À l’inverse, il a été noté que la Banque mondiale a su faire preuve d’une flexibilité adaptative sur le terrain. En conclusion, le GTCRR a réaffirmé que les nouveaux projets carbones doivent impérativement se construire sur les initiatives existantes et les réalités locales pour être pertinents et efficaces. Cette visite de travail a permis de souligner le rôle central du GTCRR en tant que pont entre la recherche académique internationale et les réalités complexes du terrain congolais. En accueillant les chercheurs de l’Université de Mons, la Coordination nationale a réaffirmé sa mission fondamentale : veiller à ce que les droits et intérêts des Communautés Locales et Peuples Autochtones (CLPA) restent au cœur des mécanismes de financement climatique, en particulier le marché carbone et la REDD+. À travers des échanges riches en exemples concrets, le GTCRR a démontré que la protection des écosystèmes forestiers ne peut être dissociée d’une approche ascendante, où les communautés, fortes de leur savoir ancestral, sont de véritables partenaires de décision. Alors que la RDC s’engage davantage dans la finance carbone, ce dialogue avec le monde académique et les parties prenantes permet de poser les bases d’une transition juste, où le développement durable se construit avec les communautés, et non pour elles. Par audry Mbal
Opposition à toute suspension ou révision unilatérale de la mise en œuvre du CAVRE/ERPA Mai-Ndombe et proposition d’activation urgente des crédits excédentaires
322 VuesNOTE DE POSITION DE LA SOCIÉTÉ CIVILE ENVIRONNEMENTALE DE LA RDC AU NOM DES COMMUNAUTÉS LOCALES ET PEUPLES AUTOCHTONES DU MAI-NDOMBE Objet : Opposition à toute suspension ou révision unilatérale de la mise en œuvre du CAVRE/ERPA Mai-Ndombe et proposition d’activation urgente des crédits excédentaires Nous, organisations de la Société Civile engagées dans la défense des droits et intérêts des communautés locales et peuples autochtones de la Province du Mai-Ndombe, vous adressons la présente afin d’exprimer notre profonde préoccupation face aux initiatives visant à revoir ou suspendre la mise en œuvre du CAVRE/ERPA Mai-Ndombe, notamment en ce qui concerne le taux du marché carbone déjà contractuellement fixé. Le processus de consultation sur le plan de partage des bénéfices à Mai Ndombe s’inscrit dans le cadre des mécanismes REDD+ et de la gouvernance forestière participative en RDC. D’après le contenu environnant de vos échanges (GTCRR, REPALEF, FONAREDD, rapports circonstanciés, réunions multi-acteurs), voici les grandes étapes et principes : Rappel des Étapes clés du processus de consultation Préparation institutionnelle : Élaboration d’un canevas par les structures nationales (MEDD, FONAREDD, GTCRR) et Identification des parties prenantes (communautés locales, société civile, autorités provinciales, ONG, bailleurs). Consultations locales : Réunions communautaires dans les territoires de Mai Ndombe, Collecte des attentes et propositions des populations (besoins sociaux, activités génératrices de revenus). Et Utilisation d’outils participatifs (questionnaires, enquêtes, ateliers). Ateliers multi-acteurs : Organisation de sessions provinciales avec GTCRR, société civile, autorités locales et partenaires techniques, Débats sur les critères de répartition et les mécanismes de gestion et Validation des principes d’équité, transparence et inclusion. Synthèse et validation : Consolidation des contributions locales et provinciales, Rédaction d’un document de synthèse (plan de partage des bénéfices) et Validation par les instances nationales et les bailleurs (FONAREDD, CAFI). Mise en œuvre et suivi : Mise en place d’un comité de suivi multi-acteurs, Rapports périodiques et audits indépendants et Évaluation participative pour ajuster le plan selon les résultats. Ce processus a été donc une longue démarche progressive et inclusive, où chaque étape visait à équilibrer les intérêts des communautés locales, des institutions nationales et des partenaires internationaux, tout en garantissant la transparence et la durabilité des bénéfices. En ce qui concerne les Principes directeurs l’OPERPA prône : Équité : garantir que les communautés locales bénéficient directement. Transparence : traçabilité des flux financiers et publication des rapports. Participation : implication des communautés et de la société civile dans toutes les étapes. Durabilité : financement d’activités pérennes (agriculture, santé, éducation, infrastructures). Le programme ERPA conclu entre la République Démocratique du Congo et la Banque mondiale constitue un engagement international juridiquement contraignant. À ce jour : Des équipements ont été acquis et payés ; Des services techniques ont été initiés ; Des engagements contractuels ont été exécutés ; Des mécanismes de partage des bénéfices sont en cours de déploiement au profit des communautés locales et peuples autochtones. Toute modification unilatérale du prix du carbone après conclusion du contrat exposerait la République à : Un risque immédiat de suspension des paiements ; D’éventuelles pénalités contractuelles ; Une perte de crédibilité dans les négociations climatiques internationales ; Un affaiblissement de la confiance des partenaires techniques et financiers. Au-delà des considérations juridiques et diplomatiques, une telle décision aurait un impact direct sur les communautés forestières du Mai-Ndombe, premières bénéficiaires du mécanisme et principales gardiennes des écosystèmes forestiers. Nous rappelons également que la RDC, en tant qu’État partie à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, est tenue de respecter ses engagements internationaux et de garantir la stabilité de ses accords climatiques. L’ambition du Programme de Réductions d’Emissions du Mai-Ndombe (PRE) est de mettre en œuvre un modèle de développement vert au niveau provincial qui offre des alternatives à la déforestation et qui octroie des primes à la performance afin d’atténuer le changement climatique, de réduire la pauvreté, de gérer les ressources naturelles de manière durable et de protéger la biodiversité. Proposition constructive : activation urgente des mécanismes relatifs aux crédits excédentaires Plutôt que d’engager une révision rétroactive du contrat en cours, nous proposons : D’activer de manière urgente les mécanismes de valorisation des crédits carbone excédentaires disponibles ; D’engager des démarches techniques et diplomatiques pour éviter que ces crédits ne deviennent caducs ; De mobiliser les instruments de marché complémentaires afin d’optimiser les revenus au bénéfice des communautés locales ; De renforcer la transparence et l’efficacité dans la gestion des volumes additionnels potentiellement commercialisables. Assurer l’équité réelle, Éviter la capture des fonds par les élites, Renforcer la confiance des bailleurs et Garantir la pérennité des projets financés En effet, certains crédits excédentaires risquent de devenir caducs à brève échéance si les mécanismes appropriés ne sont pas activés. Il serait économiquement et stratégiquement plus pertinent de maximiser la valeur des crédits existants plutôt que de fragiliser un contrat déjà conclu et en cours d’exécution. Nous soutenons pleinement le rôle de contrôle parlementaire et appelons à : Une mission d’évaluation sur la gestion et l’impact du programme ; Un audit indépendant des mécanismes de partage des bénéfices ; L’amélioration des futurs accords carbone afin de renforcer la position de négociation de la RDC. Cependant, nous nous opposons fermement à toute suspension ou révision rétroactive du contrat CAVRE/ERPA Mai-Ndombe, qui compromettrait les acquis actuels et mettrait en péril les intérêts des communautés locales et peuples autochtones que nous défendons. Nous exhortons à tous les acteurs politiques à privilégier la stabilité juridique, la crédibilité internationale de notre pays et la protection effective des droits et bénéfices des populations forestières. Kinshasa, 14 mars 2026 Pour le GTCRR Guy KAJEMBA Coordonnateur National
Le GTCRR participe à la mission de supervision du Contrat/Vente de Réductions des Émissions (CAVRE/ERPA) du Programme de Réduction des Émissions du Mai-Ndombe
255 VuesKinshasa, 9 mars 2026. Dans le cadre des efforts de la République Démocratique du Congo pour renforcer la gouvernance climatique et le développement durable, le Groupe de Travail Climat REDD+ Rénové (GTCRR) prend part aux assises relatives à l’annonce de la mission de supervision du Contrat/Vente de Réductions des Émissions du Programme de Réduction des Émissions du Mai-Ndombe, organisée par l’Unité de Coordination du Programme d’Investissement pour la Forêt (UC-PIF) du Ministère de l’Environnement, Développement Durable et Nouvelle Économie du Climat. Cette mission, annoncée par la Banque mondiale en RDC est prévue du 09 au 20 mars 2026, vise à superviser les activités de soutien au cadre national des marchés carbone. Elle porte notamment sur : le Contrat d’Achat/Vente de Réductions des Émissions (CAVRE) du Programme du Maï-Ndombe ; le Projet d’Appui à l’Opérationnalisation du CAVRE (OPERPPA) ; la Composante 4 du Programme d’Investissement pour la Forêt et la Restauration des Savanes (PIFORES), axée sur des approches innovantes de mesure, notification, vérification et financement climatique basé sur les résultats. La participation du GTCRR aux séances de travail organisées à l’UC-PIF témoigne de son engagement à contribuer au renforcement des mécanismes de lutte contre la déforestation et à promouvoir des solutions climatiques durables au bénéfice des communautés et des écosystèmes forestiers du pays. Par audry Mbal
Le GTCRR participe à la première session ordinaire du Comité Provincial de Pilotage du PRE Maï-Ndombe
174 VuesLe Coordonnateur national du Groupe de Travail Climat REDD+ Rénové (GTCRR), au nom de M. Guy Kajemba, a pris part à la première session ordinaire du Comité Provincial de Pilotage (COPIL) du Programme de Réduction des Émissions du Mai-Ndombe du 13 au 14 février à Inongo dans la province de Mai-ndombe. Cette rencontre a été consacrée à la présentation et à la validation du Plan de Travail et Budget Annuel (PTBA) 2026 de l’ERPA/CAVRE. Les assises ont été présidées par Son Excellence Monsieur le Gouverneur de Province et Président du COPIL, Lebon Nkoso Kevani. Le Comité Provincial de Pilotage du PRE/ERPA constitue l’organe d’orientation stratégique et de suivi du Plan de Partage des Bénéfices dans la juridiction du Maï-Ndombe. Temps forts de la session Quatre moments clés ont marqué cette première session : La cérémonie d’ouverture, présidée par le Président du COPIL ; La présentation du Document de Programme (PRODOC) de l’ERPA ainsi que du PTBA 2026 ; La présentation des activités du projet WWC/ERA-CONGO ; La remise officielle d’équipements, notamment des matériels informatiques aux services techniques provinciaux et des motos aux Administrateurs de territoire. Présentation du PRODOC et du PTBA 2026 Lors de la présentation du Document de Programme, l’expert en suivi-évaluation de l’UC-PIF, M. Yannick Lwamba, a précisé que l’ERPA s’articule autour de quatre composantes principales : Composante 1 : Amélioration de la planification de l’utilisation des terres et renforcement de la gouvernance pour une gestion durable des ressources naturelles dans les zones ciblées ; Composante 2 : Développement de l’agriculture durable, de l’agroforesterie et des chaînes de valeur, en vue d’une gestion durable des paysages et de l’amélioration des moyens de subsistance ; Composante 3 : Développement d’une chaîne de valeur durable pour l’énergie et la promotion de la cuisson efficace ; Composante 4 : Mise en œuvre, suivi et évaluation du projet. Le PTBA 2026, quant à lui, définit l’allocation des ressources nécessaires à la réalisation des activités prévues au cours de l’exercice 2026, conformément aux objectifs du PRE et aux engagements pris dans le cadre du CAVRE/ERPA. Participation et engagement des parties prenantes La session a réuni un large éventail de parties prenantes, notamment : Les Administrateurs de territoire ; Les délégués des Conseils Agricoles Ruraux de Gestion ; Les Chefs de division des services techniques impliqués dans la mise en œuvre du PRE ; Le Ministre provincial de l’Environnement ; Le Coordonnateur de l’UC-PIF et le Coordonnateur provincial du PRE ; Les représentants des autorités coutumières ; Les Coordonnateurs nationaux et provinciaux du GTCRR et du REPALEF ; Les représentants des exploitants artisanaux et industriels du bois ; Le point focal ERPA ; Les représentants de WWF et de WWC-ERA CONGO. Les différentes présentations ont suscité un vif intérêt auprès des membres du COPIL, qui ont exprimé leur souhait de voir les activités prévues se réaliser dans des conditions optimales, dans le respect des principes de transparence, d’efficacité et d’inclusion. Résultats obtenus Les travaux ont abouti aux principaux résultats suivants : Présentation et appropriation de l’état d’avancement du PTPA par les parties prenantes ; Information claire sur l’évolution des rapports de suivi ; Validation du PTBA 2026 ; Lancement du Mécanisme de Gestion des Plaintes ; Remise officielle des équipements aux bénéficiaires. Une étape clé pour la gouvernance du PRE Cette première session du COPIL marque une étape déterminante dans le renforcement de la gouvernance du PRE Maï-Ndombe. Elle contribue à consolider la transparence, la participation inclusive des parties prenantes et la crédibilité du mécanisme de partage des bénéfices, tout en soutenant la mise en œuvre effective des projets intégrés dans la province du Maï-Ndombe. Par audry Mbala