810 VuesDu 9 au 10 avril 2026, le Groupe de Travail Climat REDD+ Rénové (GTCRR) a tenu son Assemblée générale ordinaire à Muanda avec sérénité. Réunissant plus de 450 organisations membres à travers des délégués provinciaux, des partenaires techniques et financiers et observateurs. Cette rencontre a permis de valider les nouvelles orientations stratégiques et politiques, d’évaluer les progrès accomplis depuis la dernière assemblée de 2023 dans la mise en œuvre de ses recommandations et décisions ainsi que de rendre un hommage solennel à M. Cyril Adebu, figure majeure de la société civile environnementale congolaise. Contexte et objectifs : une étape clé pour la gouvernance climatique en RDC Après 17 années d’existence et de renforcement des capacités avec le PNUD, le GTCRR est entré en mi-2025 dans une phase inédite de gestion autonome, grâce à l’appui du CAFI via FONAREDD et à l’accompagnement technique du CIFOR. Le nouveau programme 2025-2028 vise à corriger les faiblesses constatées lors des cycles précédents, notamment en matière de participation directe des organes de gouvernance et d’implication effective de tous les membres dans la mise en œuvre des investissements REDD+. L’Assemblée générale 2026 poursuivait plusieurs objectifs spécifiques : Évaluer les réalisations et les défis depuis la dernière AG de juin 2023 ; Valider le nouveau programme avec le CIFOR ; Identifier les priorités opérationnelles et financières ; Renforcer les mécanismes internes de gouvernance et de mobilisation des ressources internes et externes ; Honorer la mémoire de M. Cyril Adebu et pérenniser son héritage. Déroulement : une assemblée participative et stratégique Des travaux structurés autour de la redevabilité Les assises se sont tenues dans la salle Beviour à Muanda, en présence des membres du Conseil d’administration, de la commission de contrôle, de la coordination nationale, des coordinations provinciales, de comités provinciaux d’orientation et des partenaires techniques et financiers ainsi que d’observateurs. Après validation des mandats des délégués province par province et adoption de l’ordre du jour, plusieurs rapports ont été examinés : ∙ Évaluation de l’état de la mise œuvre des recommandations de l’AG 2023 ; ∙ Rapport du Conseil d’administration ; ∙ Communication de la Commission de contrôle ; ∙ Rapport de la coordination nationale ; ∙ Présentation des livrables (statuts révisés conformément aux recommandations et décisions de l’AG 2023, règlement intérieur, plan de communication, conventions sur la déforestation et les droits des communautés locales et peuples autochtones). Un hommage solennel à M. Cyril Adebu L’Assemblée a salué la mémoire du disparu par une minute de silence, réaffirmant l’engagement du réseau à poursuivre sa mission « avec responsabilité et détermination ». Réactions de participants Jean Beaudouin Badiabale, coordonnateur provincial du Bas-uélé : « Ce nouveau programme nous permet enfin de sortir d’une logique d’assistanat pour entrer dans une dynamique de gestion autonome et inclusive. Les provinces attendent des actions concrètes. » Kapupu Diwa, vice-président du GTCRR: « En tant qu’organisateur, nous ressentons une grande satisfaction. Le fait d’avoir tenu ces deux jours et d’avoir pu commencer est déjà un accomplissement. Dans une assemblée générale, chacun vient avec ses propres idées en tête. Le véritable défi était de parvenir à dépasser ses préjugés ou attentes. Je suis très satisfait, car cette assemblée, bien que moins brouillante en terme d’agitation que d’autres que nous avons organisées ; il arrive même qu’il y ait des tumultes. Vraiment, cette assemblée a permis à chacun de s’exprimer. Au vu de toutes les recommandations formulées, j’espère que les différents coordonnateurs seront sur la bonne voie. » Mme Muzinga Mupasula Marie-Louise, présidente du comité d’orientation de la coordination provinciale GTCRR Kwilu : « Je suis contente et je sais que tous les participants sont contents. Nous avons écouté et appris ce qui se passe dans d’autres provinces et coordinations. Pour ma part, je viens d’acquérir encore plus de compréhension sur mes responsabilités au sein du comité d’orientation. À mon retour, je servirai bien la coordination provinciale en appliquant les recommandations issues de ces assises, et j’assurerai un suivi rigoureux. » Omer Kabasele, Président du Conseil d’Administration du GTCRR: « Je suis satisfait du travail accompli par tous les délégués venus de toutes les provinces. C’est un rendez-vous important car nous débutons une phase d’un nouveau programme. Par devoir de responsabilité et de redevabilité, il s’agissait de présenter la situation globale à l’Assemblée générale et d’obtenir ses décisions et recommandations pour la mise en œuvre du programme, ainsi que pour les aspects stratégiques, politiques et de gouvernance de notre plateforme. Je suis totalement satisfait, d’autant que c’est la première fois que nous tenons notre Assemblée générale hors de Kinshasa. La réussite de cette activité nous rassure : très prochainement, Kisangani nous recevra pour honorer la mémoire de l’un des cofondateurs de notre plateforme, feu M. Cyril Adebu. » Résultats et impact : cinq piliers pour l’avenir du GTCRR À l’issue de ces deux jours de travaux, l’Assemblée générale a formulé des recommandations structurantes autour de cinq piliers : Gouvernance et fonctionnement Renforcement de la transparence et du respect des textes réglementaires ; Élargissement du Conseil d’administration pour une représentation plus inclusive ; Actualisation de la cartographie des membres par province. Suivi des activités Mise en place d’un tableau synoptique des activités prévues et réalisées ; Production régulière de rapports harmonisés validés par les coordinations provinciales. Contrôle et redevabilité Mécanismes efficaces de suivi des recommandations de l’AG ; Prise en compte des observations de la commission de contrôle. Mobilisation et engagement des membres Participation active des délégués à la recherche de financements ; Renforcement des collaborations avec les partenaires techniques. Rendre obligatoire les cotisations aux membres et envisager de sanctions (positives comme négatives) en fonction du cas. Perspectives d’avenir Consolidation du GTCRR comme plateforme de référence pour la REDD+ en RDC et la sous-région ; Intensification des plaidoyers pour influencer la gouvernance des ressources naturelles ; Identification d’activités prioritaires par province. L’Assemblée générale de Muanda marque un tournant décisif pour le GTCRR : celui de la maturité institutionnelle et de l’action autonome. Fort de ses nouvelles orientations, de son plan de
Gouvernance forestière : restitution des résultats du projet d’appui à l’amélioration de la politique forestière nationale par la Société civile avec les parties prenantes
284 VuesKinshasa, 27 mars 2026. Le Groupe de Travail Climat REDD+ Rénové (GTCRR) et le Conseil pour la Défense Environnementale par la Légalité et la Traçabilité (CODELT) ont organisé un atelier national conjoint au Sacré Cœur. Cet événement visait à restituer les contributions provinciales pour améliorer la Politique Forestière Nationale (PFN) et valider une version consensuelle, dite « version de Kinkole ». Face aux limites de la première version de la PFN (absence d’objectifs chiffrés, faible prise en compte des communautés, manque de plan opérationnel), le GTCRR et CODELT ont déployé une initiative structurée pour intégrer les priorités des acteurs locaux, des peuples autochtones et de la société civile. L’objectif général de l’atelier était de présenter la synthèse des contributions provinciales de la Société civile à la version actuelle de la PFN. Une démarche participative et inclusive L’atelier a réuni la société civile, le secteur privé et l’administration. Après la présentation de la méthodologie, les consultants thématiques ont exposé les grandes attentes remontées de 11 provinces (Equateur, Haut-Katanga, Kasai, Kwilu, Lomami, Lualaba, Mai Ndombe, Maniema, Mongala, Sud-Ubangi et Tshopo). Les échanges ont mis en évidence une exigence claire : les provinces ne demandent pas une nouvelle politique, mais une politique applicable, débarrassée des formulations vagues et des objectifs sans mécanismes concrets a rencheri M. Alain Parfait Ngulungu, consultant thématique. Une retraite de travail préalable (19-21 mars) avait déjà permis d’aboutir à la « version de Kinkole », remplaçant celle de novembre 2025. L’atelier du 27 mars a donc acté ce consensus. Résultats atteints du projet le projet a permis notamment : la validation consensuelle de la version de Kinkole de la PFN, l’intégration de Sept axes stratégiques clarifiés dans la PFN, des propositions claire tel que : Intégration explicite du Consentement Libre, Informé et Préalable (CLIP). Création d’un tribunal environnemental spécialisé. Sécurisation des droits fonciers communautaires. Passage à une conservation communautaire. Cadre financier attractif pour les financements climatiques et bio-crédits. des recommandations opérationnelles formulées dont l’amélioration de la rédaction du DPFN, influence directe sur la révision du Code forestier, et suivi rigoureux jusqu’à la promulgation. Pour le Coordonnateur National du GTCRR, Guy Kajemba : « Nous avons veillé à intégrer le point de vue des industriels du bois, des communautés locales et des peuples autochtones via l’ANAPAC. Notre combat est que les droits des communautés locales et autochtones soient pris en compte. Des sujets comme la foresterie communautaire, les questions liées au carbone et à l’actualité forestière ont été mieux mis en avant. » Selon Maître Augustin Ponyi, Coordonnateur de CODELT : «Nous avons réécrit et enrichi le document, sur le fond comme sur la forme. L’administration a reconnu la richesse des contributions de la société civile et les a intégrées. Cette dynamique d’ouverture se poursuivra pour la loi forestière, le plan forestier national et tous les projets du secteur. » « Ces deux organisations ont pu conduire un processus intensif et participatif d’amélioration de la politique forestière nationale. La PFN n’est pas seulement un document technique : c’est une vision collective pour la gestion durable des forêts congolaises, visant à améliorer la gouvernance, renforcer la protection des droits des communautés et stimuler un développement économique compatible avec la préservation des écosystèmes » a témoigné, M. Christian Kalenge (représentant FGMC). Cet atelier marque une étape majeure dans la gouvernance forestière en RDC. Grâce à l’appui technique de l’Institut européen de la forêt (EFI) et le soutien financier du « programme gouvernance forestière, marchés et climat (FGMC) » de FCDO. Les prochaines étapes restent la validation nationale de la PFN prévu en avril, la révision du Code forestier, et le suivi jusqu’à la promulgation de cette loi. Le GTCRR remercie l’ensemble des partenaires, des facilitateurs provinciaux et des communautés pour leur engagement. Par Audry Mbal