Kinshasa 7 mai 2026 – Les organisations membres du Groupe de Travail Climat Redd+ Rénové (GTCRR) dont le CTIDD et la CFLEDD ont participé à une réunion technique d’échanges d’expériences organisé par le FONAREDD et le Bureau National du Programme WWF en RDC sur la sécurisation foncière. En effet, la question foncière en République démocratique du Congo (RDC) demeure un levier central pour la paix, le développement durable et la lutte contre la déforestation. Dans le cadre du Programme REDD+ Plateaux (PIREDD Plateaux), qui couvre les territoires de Bolobo, Kwamouth, Mushie et Yumbi (province de Maï-Ndombe), l’aménagement du territoire et la sécurisation foncière constituent l’un des axes majeurs d’intervention (Effet 2 du programme). Contexte et objectifs : du PGRN au PSAT, une nécessaire transition juridique Le PIREDD Plateaux vise à réduire les émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts en renforçant les capacités des acteurs locaux à gérer durablement les ressources naturelles. Parmi les réalisations antérieures figurent des Plans de Gestion des Ressources Naturelles (PGRN), élaborés, validés et approuvés par l’administration locale. Toutefois, ces PGRN, centrés sur la conservation, ne possèdent pas de valeur juridique en matière foncière. Ils doivent être convertis en Plan Simple d’Aménagement du Territoire (PSAT). L’objectif général de la réunion était de regrouper les parties prenantes autour d’une harmonisation méthodologique pour l’élaboration des PSAT dans les Plateaux. Les objectifs spécifiques comprenaient : (i) organiser un partage d’expériences sur la sécurisation foncière dans différents paysages de la RDC, et (ii) proposer une approche adaptée aux réalités de l’ancien district de Plateaux. Thèmes clés abordés lors des échanges La réunion a connu la participation des organisations membres du Groupe de Travail Climat Redd+ Rénové (GTCRR) dont le CTIDD et la CFLEDD ainsi que d’autres organisations de la société civile, des experts fonciers et en aménagement du territoire. Le CTIDD, qui expérimente la mise en place du système d’information foncière dans le territoire de Seke-banza, était représenté par son Directeur exécutif, Trésor Bondjembo. Ce dernier a martelé la nécessité de commencer par des zones moins conflictuelles en matière de litiges fonciers. De son côté, l’ingénieur Audry Mbala a insisté sur la prise en compte des agents de la circonscription foncière dans toutes les étapes du SIF tout en détaillant les leçons apprises dans cette expérience. Cependant, la CFLEDD représenté par l’experte cartographe Judith Mouba, elle a rappelé les étapes fondamentales de la cartographie dans le cadre du SIF et du CFCL, tout en mettant l’accent sur une approche participative. Les différents échanges ont mis en lumière plusieurs points structurants : Le SIF repose sur trois composantes : chartes foncières locales, Comité foncier local et le registre foncier communautaire. L’accent a été mis sur la transition des cartes communautaires informelles (issues des PGRN) vers des attestations d’occupation foncière coutumière. Les cartes participatives servent de preuve, mais non de fondement juridique ; des instruments juridiques restent indispensables. Les conflits fonciers naissent souvent de limites floues. Or, le changement climatique affecte les bornes naturelles (rivières, arbres), rendant nécessaire la matérialisation des limites via des routes ou bornes physiques, validées par concertation communautaire. La nouvelle loi foncière nationale privilégie un cadastre numérisé. Les efforts s’orientent vers l’intégration du SIF dans les textes d’application, avec la création d’un Registre Foncier National. Les PGRN doivent être actualisés en PSAT, conformément aux articles 13-15, 57-58 et 116 de la loi sur l’aménagement du territoire. La mise en place de comités fonciers locaux (au niveau des chefferies et provinces) est une priorité. Ces comités seront formés à l’utilisation d’outils GPS, aux bases de données et aux méthodes de numérisation, avec des équipements adaptés (ordinateurs portables, logiciels). L’implication des agents des affaires foncières (CTI) est jugée cruciale. Perspectives et recommandations Les participants ont convergé vers plusieurs orientations majeures : Harmoniser les outils existants (PGRN) avec les nouveaux formats (PSAT). Accélérer l’installation des comités fonciers locaux Renforcer les capacités numériques des acteurs (GPS, plateformes, bases de données). Assurer une coordination intersectorielle pour prévenir les chevauchements de titres et les conflits d’affectation. Une note de synthèse finale doit guider les prochaines étapes, notamment la préparation de la COPIL de novembre et des échanges avec les partenaires techniques et financiers pour l’équipement et la professionnalisation des acteurs. Cette démarche pilote, portée par le FONAREDD et le WWF, vise à garantir la pérennité des projets de développement par une sécurisation foncière effective, évitant ainsi les pertes d’investissements liées à l’insécurité des droits. Cette réunion marque une étape décisive dans la consolidation d’une méthode commune pour la sécurisation foncière communautaire en RDC. En reliant les acquis des PGRN aux exigences des PSAT, et en impliquant l’ensemble des maillons institutionnels (comités locaux, agents fonciers, ANAT, FONAREDD, WWF), les acteurs posent les jalons d’une gouvernance foncière plus transparente, participative et résiliente face aux défis climatiques et aux pressions sur les ressources. La généralisation de cette approche dans d’autres paysages REDD+ pourrait constituer un modèle reproductible à l’échelle nationale. Par Audry Mbal 286 Vues
Le GTCRR Mongala plaide pour la distribution de semences auprès de l’Inspecteur provincial de l’Agriculture de la Mongala
Mongala, 7 mai 2026 – Une avancée significative pour les peuples autochtones pygmées de Bongandanga. La Coordination provinciale du Groupe de Travail Climat REDD+ Rénové (GTCRR) Mongala a mené, ce jeudi, une action de plaidoyer auprès de l’Inspecteur provincial de l’Agriculture de la Mongala, en faveur de cette communauté souvent marginalisée. Cette démarche s’inscrit dans le cadre du Programme d’Appui au Développement Agricole (PAAD), un projet soutenu financièrement par l’Initiative pour la Forêt de l’Afrique Centrale (CAFI) et le Fonds National REDD+ (FONAREDD). L’objectif est clair : faciliter l’accès des communautés locales, et en particulier des Pygmées, aux intrants agricoles de qualité. À l’issue des échanges, la satisfaction était palpable au sein du GTCRR Mongala. L’Inspecteur provincial de l’Agriculture a en effet réservé un accueil favorable à la requête. Il a promis d’allouer une quantité importante de semences améliorées aux Pygmées de Bongandanga, une promesse faite en présence du représentant de cette communauté. Pour le GTCRR, cette réponse positive constitue un pas décisif vers une meilleure inclusion des autochtones dans les programmes de développement agricole de la province. Les semences devraient permettre d’améliorer les rendements et la sécurité alimentaire de cette population longtemps laissée pour compte. Par Audry Mbal 261 Vues
Le PTBA 2026 du Projet d’appui à la société civile validé par le comité de pilotage
Kinshasa, 12 février 2026 – Le Secrétariat général à l’Environnement, au Développement durable et à la Nouvelle Économie du Climat (MEDD-NEC) a organisé, ce jeudi, la deuxième réunion du Comité de pilotage (COPIL) du projet « Appui de la société civile pour le suivi décentralisé des projets et programmes REDD+ en RDC (SC-REDD) ». Le Fonds national REDD+ (FONAREDD), principal bailleur du projet, y a pris part en qualité de membre votant. Les travaux ont porté sur plusieurs points clés : le suivi des recommandations formulées lors du premier COPIL, la présentation des réalisations enregistrées en 2025, ainsi que l’exécution budgétaire et le rapport technique associé. Les membres ont également examiné le Plan de travail et budget annuel (PTBA) 2026 en vue de sa validation, les modalités institutionnelles et opérationnelles, la stratégie de communication et le dispositif de suivi-évaluation, avant d’arrêter le principe de la prochaine réunion. Au terme des échanges, le COPIL a validé officiellement le PTBA 2026, renforçant ainsi la planification opérationnelle du projet pour l’année en cours. Cette validation constitue une étape importante pour assurer une mise en œuvre structurée, conforme aux priorités nationales et alignée sur les exigences de gouvernance REDD+. S’exprimant au nom du Fonds, M. Bavon N’Sa Mputu Elima, Secrétaire exécutif national du FONAREDD, a souligné l’importance d’accélérer la mise en œuvre : « La validation du PTBA 2026 marque une étape déterminante pour garantir une mise en œuvre structurée et transparente du projet. Il importe d’accélérer les activités prévues, de renforcer les capacités des acteurs et d’assurer la cohérence des indicateurs, afin que les financements mobilisés produisent des résultats concrets et crédibles au bénéfice des communautés. Le FONAREDD restera pleinement engagé pour accompagner ce processus. » Pour mémoire, ce projet financé par le FONAREDD sur fonds CAFI vise notamment à renforcer la gouvernance et les opérations internes du GTCR-R, à accroître l’influence de la société civile dans les processus REDD+ aux niveaux national, provincial et local, et à contribuer à une mise en œuvre plus efficace, équitable et mieux informée des initiatives REDD+ en République démocratique du Congo. Ces objectifs s’inscrivent dans le dispositif national d’appui à la société civile pour la gouvernance REDD+, en consolidant son rôle en matière de transparence, de suivi et de redevabilité. La date de la prochaine réunion du Comité de pilotage sera communiquée ultérieurement par le Secrétariat général à l’Environnement, conformément aux procédures établies. lire l’article aussi sur : https://fonaredd-rdc.org/projet-dappui-a-la-societe-civile-le-ptba-2026-valide-lors-de-la-deuxieme-reunion-du-comite-de-pilotage/ 623 Vues