Kinshasa, le 26 juin 2026 – La coordination nationale du Groupe de Travail Climat Redd+ Rénové (GTCRR) a organisé un point de presse ce vendredi pour exprimer la position commune de la société civile environnementale sur le projet de loi établissant le cadre légal du marché carbone en République Démocratique du Congo. Face à l’importance stratégique de ce texte, les organisations membres ont formulé des recommandations claires pour garantir un processus conforme aux standards internationaux, respectueux de la justice climatique et protecteur des droits des communautés locales. Une opportunité historique à ne pas gâcher Le développement d’un marché carbone crédible représente une opportunité sans précédent pour la RDC. Il permettrait de transformer son patrimoine naturel exceptionnel en un levier durable de financement pour le développement, la lutte contre le changement climatique et la réduction de la pauvreté. Cependant, pour la Société civile environnementale, cette ambition ne pourra se réaliser que si la réforme en cours consolide les acquis existants au lieu de les fragiliser. « La crédibilité du marché carbone congolais ne repose pas sur la multiplication des textes, mais sur la cohérence de l’architecture juridique, la stabilité de la gouvernance et la confiance des partenaires internationaux », souligne la note de position lue lors du point de presse. L’objectif général de cette prise de parole était double : exposer la position commune de la société civile et proposer des recommandations pour que ce cadre légal soit un véritable instrument de développement au service des populations, et non une simple plateforme de commercialisation. Une réforme au service des populations et du climat Conformément à l’Accord de Paris, le marché carbone ne doit pas être une fin en soi. Il est un outil pour : Mobiliser des financements additionnels pour les politiques climatiques. Soutenir la mise en œuvre de la Contribution Déterminée au niveau National (CDN). Protéger les forêts et renforcer l’adaptation au changement climatique. Créer des emplois verts et améliorer durablement les conditions de vie des communautés locales et des peuples autochtones. La Société civile met en garde : toute réforme précipitée ou non inclusive compromettrait la capacité de la RDC à attirer les investissements climatiques nécessaires à la réalisation de ces objectifs de développement durable. Les 7 recommandations majeures du GTCRR Pour garantir la transparence du processus et la souveraineté nationale, la société civile a formulé sept recommandations clés adressées au Gouvernement entre autre : Suspendre le processus législatif en cours : Surseoir à l’examen du projet de loi dans sa rédaction actuelle afin de permettre une revue juridique, institutionnelle et technique approfondie garantissant sa conformité avec la Constitution, la législation environnementale nationale, le cadre national de gouvernance de l’Article 6 de l’Accord de Paris ainsi que les engagements internationaux de la République. Mettre en place un processus national de concertation : Organiser un processus inclusif associant l’ensemble des parties prenantes concernées, notamment les administrations publiques, les institutions spécialisées, les provinces, les entités territoriales décentralisées, les communautés locales, les peuples autochtones, les organisations de la société civile, les développeurs de projets, le secteur privé, les universités, les centres de recherche ainsi que les partenaires techniques et financiers. Consolider le cadre juridique et institutionnel existant : Privilégier le renforcement des réformes déjà engagées plutôt que la création de mécanismes parallèles susceptibles de générer des conflits de compétences, une insécurité juridique et une perte de crédibilité auprès des partenaires internationaux. Renforcer les capacités nationales : Poursuivre le renforcement des capacités techniques, institutionnelles et opérationnelles des administrations publiques, de l’ARMCA, des autorités provinciales, des collectivités territoriales, du secteur privé et des organisations de la société civile afin d’assurer une mise en œuvre efficace des mécanismes prévus par l’Article 6 de l’Accord de Paris. Finaliser les infrastructures nationales du marché carbone : Accélérer la mise en place des principaux outils de gouvernance du marché carbone, notamment le Registre National Carbone, les systèmes de Mesure, Rapportage et Vérification (MRV), les procédures nationales d’autorisation et de comptabilisation, les sauvegardes environnementales et sociales, le mécanisme de partage des bénéfices ainsi que les instruments de transparence et de traçabilité requis par les règles internationales. Garantir une gouvernance territoriale et participative : Renforcer la participation des provinces et des entités territoriales décentralisées dans la gouvernance du marché carbone, tout en garantissant l’implication effective des communautés locales, des peuples autochtones et des autres parties prenantes tout au long du cycle de vie des projets carbone, conformément aux principes de participation, de transparence et de consentement libre, préalable et éclairé. Faire du marché carbone un levier de développement national : Veiller à ce que les financements climatiques issus du marché carbone contribuent effectivement à la mise en œuvre des priorités nationales, notamment la Contribution Déterminée au niveau National, la conservation des écosystèmes, le développement rural, la résilience climatique, la création d’emplois verts, l’amélioration des conditions de vie des communautés locales, la promotion des droits des peuples autochtones et la réduction durable de la pauvreté, conformément aux objectifs de l’Accord de Paris. La Société civile environnementale, à travers le GTCRR, réaffirme sa disponibilité à accompagner le Gouvernement dans la construction d’un marché carbone souverain et crédible. Elle considère que le dialogue et la transparence sont les seuls gages de succès pour faire de ce projet un véritable instrument de souveraineté économique, de protection du patrimoine naturel et de financement du développement durable pour l’ensemble de la population congolaise. Le GTCRR reste mobilisé pour veiller à ce que les réformes environnementales profitent aux communautés les plus vulnérables. Par audry Mbal 326 Vues
Échanges entre le GTCRR et l’UMons : les enjeux socio-environnementaux des projets carbone
Kinshasa, le 17 mars 2026. La Coordination nationale du Groupe de Travail Climat REDD+ Rénové (GTCRR) a reçu une délégation de chercheurs de l’Université de Mons (UMons) menant une étude sur le marché carbone dans les provinces de Maï-Ndombe et du Sud-Ubangi. La délégation était composée de : Lore BERTREM, chercheuse et doctorante à l’UMons ; Maurice NITUBUBA, Professeur à l’Université de Lubumbashi (UniLu) et Consultant pour l’UMons ; L’Abbé Jean-Paul Lokutu, Coordonnateur provincial du GTCRR pour le Maï-Ndombe. Les échanges ont porté sur plusieurs thématiques cruciales liées aux projets carbone, notamment : leurs impacts sur les Communautés Locales et Peuples Autochtones (CLPA) ; la justice environnementale ; les paiements pour services environnementaux (PSE) ; le Consentement Libre, Informé et Préalable (CLIP) ; et la REDD+ (Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts). Et d’autres Apportant des précisions sur ces sujets, le Coordonnateur national du GTCRR a insisté sur la nécessité de bien définir les priorités avec les communautés, représentées par leurs Comités Locaux de Développement (CLD), que ce soit lors des processus de CLIP ou dans l’élaboration des cahiers des charges. Il a souligné une nuance fondamentale : les priorités des communautés diffèrent souvent de ce que l’on considère comme étant pour les communautés en matière de développement. Pour illustrer son propos, il a cité l’exemple concret d’un village où une école construite en dur avec des tôles, dans le cadre d’un projet, s’est révélée trop chaude. Les élèves préféraient étudier dans l’ancienne école en briques de terre et en paille, dont les matériaux traditionnels absorbent mieux la chaleur. Il a ainsi martelé l’importance de laisser aux communautés la liberté de faire leurs propres choix, rappelant qu’elles protègent efficacement leurs forêts depuis des générations. Il a également précisé que la déforestation est principalement due à des facteurs comme la pression démographique et la demande croissante en bois-énergie et charbon de bois émanant des centres urbains. Poursuivant les échanges sur le plan de partage des bénéfices, le Coordonnateur du GTCRR a souligné ses lacunes actuelles. Il a relevé que le plan n’est pas contraignant, faute de validation au niveau national. Il a plaidé pour l’élaboration de lignes directrices nationales claires, qui devraient s’imposer à tous les acteurs et dont l’application serait contrôlée par des vérificateurs indépendants. Concernant la réussite des Projets Intégrés REDD+ (PIREDD), le GTCRR a observé des résultats contrastés. Certains projets ont rencontré un franc succès, tandis que d’autres ont moins bien fonctionné en raison d’un manque de flexibilité de la part de l’opérateur ou de l’agence fiduciaire, dont les procédures alourdies entravent la mise en œuvre. À l’inverse, il a été noté que la Banque mondiale a su faire preuve d’une flexibilité adaptative sur le terrain. En conclusion, le GTCRR a réaffirmé que les nouveaux projets carbones doivent impérativement se construire sur les initiatives existantes et les réalités locales pour être pertinents et efficaces. Cette visite de travail a permis de souligner le rôle central du GTCRR en tant que pont entre la recherche académique internationale et les réalités complexes du terrain congolais. En accueillant les chercheurs de l’Université de Mons, la Coordination nationale a réaffirmé sa mission fondamentale : veiller à ce que les droits et intérêts des Communautés Locales et Peuples Autochtones (CLPA) restent au cœur des mécanismes de financement climatique, en particulier le marché carbone et la REDD+. À travers des échanges riches en exemples concrets, le GTCRR a démontré que la protection des écosystèmes forestiers ne peut être dissociée d’une approche ascendante, où les communautés, fortes de leur savoir ancestral, sont de véritables partenaires de décision. Alors que la RDC s’engage davantage dans la finance carbone, ce dialogue avec le monde académique et les parties prenantes permet de poser les bases d’une transition juste, où le développement durable se construit avec les communautés, et non pour elles. Par audry Mbal 507 Vues
Le GTCRR participe à la mission de supervision du Contrat/Vente de Réductions des Émissions (CAVRE/ERPA) du Programme de Réduction des Émissions du Mai-Ndombe
Kinshasa, 9 mars 2026. Dans le cadre des efforts de la République Démocratique du Congo pour renforcer la gouvernance climatique et le développement durable, le Groupe de Travail Climat REDD+ Rénové (GTCRR) prend part aux assises relatives à l’annonce de la mission de supervision du Contrat/Vente de Réductions des Émissions du Programme de Réduction des Émissions du Mai-Ndombe, organisée par l’Unité de Coordination du Programme d’Investissement pour la Forêt (UC-PIF) du Ministère de l’Environnement, Développement Durable et Nouvelle Économie du Climat. Cette mission, annoncée par la Banque mondiale en RDC est prévue du 09 au 20 mars 2026, vise à superviser les activités de soutien au cadre national des marchés carbone. Elle porte notamment sur : le Contrat d’Achat/Vente de Réductions des Émissions (CAVRE) du Programme du Maï-Ndombe ; le Projet d’Appui à l’Opérationnalisation du CAVRE (OPERPPA) ; la Composante 4 du Programme d’Investissement pour la Forêt et la Restauration des Savanes (PIFORES), axée sur des approches innovantes de mesure, notification, vérification et financement climatique basé sur les résultats. La participation du GTCRR aux séances de travail organisées à l’UC-PIF témoigne de son engagement à contribuer au renforcement des mécanismes de lutte contre la déforestation et à promouvoir des solutions climatiques durables au bénéfice des communautés et des écosystèmes forestiers du pays. Par audry Mbal 536 Vues