388 VuesKinshasa, 27 mars 2026. Le Groupe de Travail Climat REDD+ Rénové (GTCRR) et le Conseil pour la Défense Environnementale par la Légalité et la Traçabilité (CODELT) ont organisé un atelier national conjoint au Sacré Cœur. Cet événement visait à restituer les contributions provinciales pour améliorer la Politique Forestière Nationale (PFN) et valider une version consensuelle, dite « version de Kinkole ». Face aux limites de la première version de la PFN (absence d’objectifs chiffrés, faible prise en compte des communautés, manque de plan opérationnel), le GTCRR et CODELT ont déployé une initiative structurée pour intégrer les priorités des acteurs locaux, des peuples autochtones et de la société civile. L’objectif général de l’atelier était de présenter la synthèse des contributions provinciales de la Société civile à la version actuelle de la PFN. Une démarche participative et inclusive L’atelier a réuni la société civile, le secteur privé et l’administration. Après la présentation de la méthodologie, les consultants thématiques ont exposé les grandes attentes remontées de 11 provinces (Equateur, Haut-Katanga, Kasai, Kwilu, Lomami, Lualaba, Mai Ndombe, Maniema, Mongala, Sud-Ubangi et Tshopo). Les échanges ont mis en évidence une exigence claire : les provinces ne demandent pas une nouvelle politique, mais une politique applicable, débarrassée des formulations vagues et des objectifs sans mécanismes concrets a rencheri M. Alain Parfait Ngulungu, consultant thématique. Une retraite de travail préalable (19-21 mars) avait déjà permis d’aboutir à la « version de Kinkole », remplaçant celle de novembre 2025. L’atelier du 27 mars a donc acté ce consensus. Résultats atteints du projet le projet a permis notamment : la validation consensuelle de la version de Kinkole de la PFN, l’intégration de Sept axes stratégiques clarifiés dans la PFN, des propositions claire tel que : Intégration explicite du Consentement Libre, Informé et Préalable (CLIP). Création d’un tribunal environnemental spécialisé. Sécurisation des droits fonciers communautaires. Passage à une conservation communautaire. Cadre financier attractif pour les financements climatiques et bio-crédits. des recommandations opérationnelles formulées dont l’amélioration de la rédaction du DPFN, influence directe sur la révision du Code forestier, et suivi rigoureux jusqu’à la promulgation. Pour le Coordonnateur National du GTCRR, Guy Kajemba : « Nous avons veillé à intégrer le point de vue des industriels du bois, des communautés locales et des peuples autochtones via l’ANAPAC. Notre combat est que les droits des communautés locales et autochtones soient pris en compte. Des sujets comme la foresterie communautaire, les questions liées au carbone et à l’actualité forestière ont été mieux mis en avant. » Selon Maître Augustin Ponyi, Coordonnateur de CODELT : «Nous avons réécrit et enrichi le document, sur le fond comme sur la forme. L’administration a reconnu la richesse des contributions de la société civile et les a intégrées. Cette dynamique d’ouverture se poursuivra pour la loi forestière, le plan forestier national et tous les projets du secteur. » « Ces deux organisations ont pu conduire un processus intensif et participatif d’amélioration de la politique forestière nationale. La PFN n’est pas seulement un document technique : c’est une vision collective pour la gestion durable des forêts congolaises, visant à améliorer la gouvernance, renforcer la protection des droits des communautés et stimuler un développement économique compatible avec la préservation des écosystèmes » a témoigné, M. Christian Kalenge (représentant FGMC). Cet atelier marque une étape majeure dans la gouvernance forestière en RDC. Grâce à l’appui technique de l’Institut européen de la forêt (EFI) et le soutien financier du « programme gouvernance forestière, marchés et climat (FGMC) » de FCDO. Les prochaines étapes restent la validation nationale de la PFN prévu en avril, la révision du Code forestier, et le suivi jusqu’à la promulgation de cette loi. Le GTCRR remercie l’ensemble des partenaires, des facilitateurs provinciaux et des communautés pour leur engagement. Par Audry Mbal
Session d’information de la société civile sur les initiatives et programmes du gouvernement Britannique sur les forêts et le climat
1 243 VuesDans le cadre de sa programmation, l’Ambassade du Royaume-Uni en RDC a convié le 06 juin 2024 (14 à 16 heures) dans la salle de réunion du GTCRR une session d’information de la société civile sur les initiatives et programmes du gouvernement Britannique sur les forêts et le climat en RDC. Cette réunion a été organisée par l’Institut européen des forêts (EFI) grâce au financement du « programme gouvernance forestière, marchés et climat (FGMC) » de FCDO. Facilitée par Dr. Jim Djontu (EFI), cette rencontre a réuni environ 28 participants des organisations de la société civile et de FCDO. Synthèse de la présentation, échanges et discussions avec les participants Engagements financiers et bilatéraux Lors de la COP26, le Royaume-Uni, avec 11 autres donateurs, s’est engagé à verser au moins 15 milliards de dollars pour protéger les forêts du bassin du Congo, avec plus d’un milliard de dollars déjà déboursés. Le Royaume-Uni a engagé 200 millions de livres sterling (250 millions de dollars) pour soutenir des programmes bilatéraux et des contributions à l’Initiative pour les forêts d’Afrique centrale (CAFI). Programmes bilatéraux et initiatives multilatérales Forests Governance Markets & Climate (FGMC) : Ce programme mondial soutient les réformes nationales du secteur forestier en RDC et d’autres pays. La phase 2 visera à renforcer la gouvernance forestière et à explorer le rôle du secteur forestier dans le développement équitable de la RDC. Investments in Forests & Sustainable Land Use (IFSLU) : Avec un financement prévu de 630 millions de dollars sur 10 ans, ce programme se concentre sur le soutien aux partenariats public-privé pour mobiliser des fonds privés pour les forêts, en mettant particulièrement l’accent sur l’Afrique centrale. Congo Basin Forest Action (CBFA) : Ce programme régional de 90 millions de livres sterling (110 millions de dollars) sur 7 ans couvre la RDC, le Cameroun, la République du Congo et le Gabon. Il vise à s’attaquer aux pratiques agricoles à petite échelle et à la production de charbon de bois, principales causes de la déforestation. Défis et solutions Les principaux défis incluent l’absence de co-conception des interventions, l’impuissance des communautés locales, et des capacités nationales et locales insuffisantes. Les programmes visent à surmonter ces obstacles en impliquant activement les communautés locales dans la planification et la mise en œuvre des interventions, en renforçant les capacités locales, et en assurant un suivi-évaluation rigoureux pour améliorer l’efficacité des projets. Echanges et discussions avec de la société civile Les participants ont exprimé leurs attentes concernant les différents programmes du portefeuille du gouvernement britannique, en particulier le Programme d’Action pour le Bassin du Congo (CBFAP). La société civile a plaidé pour une approche ascendante dans la conception et la finalisation du cadrage du CBFAP. Elle souhaite que l’agence d’exécution choisie adopte une approche délibérative et participative, collaborant étroitement avec les acteurs de la société civile et ayant une bonne compréhension du contexte local pour sélectionner les paysages cibles. La société civile a également demandé la création d’une fenêtre de financement dédiée, avec des possibilités d’allocations de gré à gré. Elle souhaite que le GTCRR joue un rôle important dans la mise en œuvre du programme et est favorable à la levée du moratoire à condition que la troisième condition sur la programmation géographique soit remplie. Les prochaines étapes du CBFAP incluent la finalisation des termes de référence du volet 1 sur les forêts et les communautés locales (45 millions de livres sur 6 ans à partir de 2025) afin de prendre en compte les commentaires des parties prenantes, la possible tenue d’une seconde réunion d’information pour les prestataires en août, et le lancement de l’AMI en septembre 2024.