Kindu du 7 au 14 mai 2026, le Groupe de Travail Climat REDD+ Rénové (GTCRR) a conduit une mission de renforcement des capacités à dans la province du Maniema. Soutenue par le partenaire financier CAFI-FONAREDD et exécutée avec l’appui technique de CIFOR, cette initiative visait à redynamiser la coordination provinciale et à évaluer les retombées des activités de la première phase du PIREDD Maniema auprès des communautés locales. Le Groupe de travail climat Redd+ Rénové regroupe plusieurs organisations de la société civile environnementale congolaise engagée pour le climat et la REDD+. Avec plus de 20 coordinations provinciales déjà opérationnelles, l’enjeu est d’assurer une remontée d’informations fiable et rapide jusqu’à la coordination nationale à Kinshasa, puis vers les décideurs. Cependant, l’installation d’une coordination provinciale ne suffit pas. Il faut former ses membres à la gouvernance, aux procédures administratives et financières, aux outils de suivi des projets REDD+, et à la communication. C’est pour cela qu’une mission a été réalisé par Omar KABASELE et Ernest SWEDI respectivement président du conseil d’administration et chargé d’administration et finance pour : Rencontrer les autorités politico-administratives du Maniema Réunir les membres GTCRR bénéficiaires de la première phase du PIREDD Maniema Former le comptable et les membres sur la gouvernance et les droits/devoirs Évaluer sur le terrain les retombées des activités auprès des communautés bénéficiaires (OSC Kindu Maendeleo) Une immersion terrain et des ateliers pratiques Rencontres avec les autorités locales Après un voyage et une mise au point pédagogique avec l’équipe provinciale, la mission a débuté par des séances de travail avec : • Le Ministre provincial de l’Environnement, assurant l’intérim du Gouverneur • Le Coordinateur provincial de l’environnement • Le Chef de Division provinciale de l’aménagement du territoire Ces échanges ont permis de réaffirmer le rôle du GTCRR comme interface crédible entre la société civile et les autorités. Visite terrain à Alungi et Tokoloté L’équipe s’est rendue sur les sites d’intervention de l’OSC Kindu Maendeleo, soutenue par le PIREDD Maniema (désormais clôturé). Cette visite sur terrain a permis d’observer directement les réalisations et recueillir la parole des communautés sur les acquis et les défis persistants. Organisations des ateliers À la suite de cette visite, l’équipe de la mission a organisé un atelier de renforcement des capacités des OSC membres du GTCRR Maniema pour la redynamisation de structure par rapport aux procédures avec un accent particulier sur les droits et devoirs de membres effectifs. Un autre atelier d’évaluation du taux de financement exécuté par les organisations de la société civile environnementale membres du GTCRR Maniema comme Agence locale d’exécution (ALE) a eu lieu et l’accent a été mis sur : • L’évaluation du taux d’exécution du PIREDD Maniema (à un mois de sa clôture) • Le niveau d’implication du GTCRR dans la mise en œuvre, le suivi et l’observation indépendante • Et les recommandations pour la phase deux à venir À la fin de la mission, une session approfondie en finances a été organisée spécifiquement avec la comptable du GTCRR Maniema, afin de renforcer la rigueur dans la gestion des fonds et le reporting. Ce qui change concrètement Résultats et impact Au sortir de cette mission de huit jours : • 100 % des membres participants maîtrisent désormais leurs droits et devoirs • La comptable provinciale a été mise à niveau sur les procédures financières du GTCRR • Des recommandations concrètes ont été formulées pour la deuxième phase du PIREDD Maniema (renforcement du rôle d’observation indépendante du GTCRR, suivi rapproché des ALE) • Une meilleure visibilité du GTCRR auprès des autorités provinciales Cette mission confirme que la pérennité du GTCRR repose sur des coordinations provinciales formées, outillées et connectées au terrain. Le Maniema, avec sa particularité d’avoir plusieurs structures ayant agi comme ALE dans le PIREDD, constitue désormais un cas d’école pour les futures phases d’évaluation. Les prochaines étapes consisteront à capitaliser les recommandations issues de l’atelier ; préparer la coordination du Maniema pour la phase deux du PIREDD et étendre ce modèle de mission à d’autres provinces. Par audry Mbal 875 Vues
Synergies d’idées : La coordination nationale du GTCRR a eu un échange constructif avec le consultant de la GIZ concernant un projet en cours d’élaboration
Le 26 février, une séance de travail s’est tenue à Kinshasa entre une délégation de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), représentée par M. Claus Falkenberg (consultant) et Mme Bienvenue Amsini, et la coordination nationale du Groupe de Travail Climat REDD+ Rénové (GTCRR). Les échanges ont réuni M. Guy Kajemba, Coordonnateur national, ainsi que M. André Safari, Coordonnateur provincial de la Tshopo. Cette rencontre s’inscrivait dans le processus de montage d’un nouveau projet destiné à la province de la Tshopo, que la GIZ envisage de soumettre au Fonds vert pour le climat. Les discussions ont souligné qu’il ne s’agit plus de multiplier les plans, mais de capitaliser sur les instruments existants et de concentrer les efforts sur leur mise en œuvre effective. Les Plans Simples de Gestion (PSG), les Plans Simples d’Aménagement du Territoire (PSAT) ainsi que les Concessions Forestières des Communautés Locales (CFCL) demeurent des outils pertinents. Toutefois, leur rôle doit évoluer vers une phase opérationnelle, génératrice d’impacts socio-économiques tangibles pour les communautés. Le Coordonnateur du GTCRR a insisté sur un point : là où des PSAT existent déjà, il serait peu judicieux de recommencer le processus à zéro. Une actualisation ciblée paraît plus adaptée, notamment pour assurer la conformité avec les évolutions législatives, intégrer les exigences de digitalisation, consolider l’application du Consentement Libre, Informé et Préalable (CLIP) et réengager le dialogue avec les communautés afin de réajuster les priorités locales. L’objectif est d’éviter des exercices formels sans impact réel et de garantir une appropriation effective avant toute phase d’investissement. Le projet en préparation repose sur trois axes majeurs. Le premier concerne la gestion durable des ressources forestières : reboisement à visée de conservation, plantations énergétiques et promotion de systèmes agroforestiers. L’ambition est double : restaurer les écosystèmes tout en améliorant les conditions de vie des populations, dans une logique de contribution à l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre. Le deuxième axe porte sur la structuration des chaînes de valeur agricoles et forestières. Les cultures telles que le café, le cacao et le palmier à huile figurent parmi les priorités, sans exclure d’autres spéculations prometteuses selon les contextes locaux. Les Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL) sont également identifiés comme un levier potentiel pour développer des filières inclusives, capables de générer des revenus tout en valorisant durablement les ressources naturelles. Le troisième volet s’intéresse à la transition énergétique, notamment à l’amélioration de la filière charbon de bois. L’introduction de foyers améliorés et la promotion d’alternatives énergétiques plus durables sont envisagées afin de réduire la pression exercée sur les forêts. Les questions d’inclusion et de gouvernance ont occupé une place importante dans les échanges. La société civile, à travers le GTCRR, plaide pour une implication réelle des communautés locales, des peuples autochtones, des femmes et des jeunes. Au-delà des principes, il s’agit de veiller à ce que les dispositifs existants permettent une participation équitable et que les mécanismes de gestion des plaintes soient accessibles et opérationnels, afin de prévenir les blocages rencontrés dans certains projets passés. Pour répondre aux critères du Fonds vert pour le climat, le projet devra intégrer une étude d’impact environnemental et social approfondie, une analyse spécifique des enjeux liés au genre et aux peuples autochtones, ainsi qu’une phase initiale de consultations CLIP. Des villages seront échantillonnés dans les zones ciblées pour identifier les risques potentiels et définir des mesures d’atténuation appropriées. Sur le plan territorial, les réalités diffèrent. En Tshopo, un Schéma Provincial d’Aménagement du Territoire, élaboré entre 2020 et 2021, est déjà disponible ; il servira de base de référence. En revanche, dans la province du Maniema, l’absence d’un tel cadre pourrait nécessiter un appui complémentaire. Par ailleurs, plusieurs CFCL ont été mises en place dans l’Est de la Tshopo, notamment avec l’appui du PIREDD Oriental, mais beaucoup ne disposent pas encore de plans simples de gestion pleinement opérationnels, ce qui ouvre un champ d’intervention ciblé. Le financement envisagé s’appuie sur les performances climatiques enregistrées par la RDC avant 2018, estimées à près de 15 millions de tonnes de CO₂ évitées. Une valorisation indicative de 8 dollars par tonne a été évoquée, sous réserve des ajustements applicables. Il ne s’agit pas de lancer un nouveau programme REDD+ au sens strict, mais de mobiliser les ressources issues des efforts passés pour soutenir des investissements structurants. Le calendrier constitue toutefois un défi majeur : un délai d’environ un mois pour finaliser la proposition. Cette contrainte impose de s’appuyer sur les stratégies existantes, les cadres nationaux validés et les réseaux déjà actifs sur le terrain, en particulier en Tshopo. L’approche recherchée se veut pragmatique, orientée vers des résultats rapides et mesurables, tout en évitant les lenteurs administratives constatées auparavant. Enfin, les discussions ont abordé la nécessité de revisiter la stratégie nationale REDD+, notamment l’analyse des moteurs de la déforestation, dont l’étude de référence date de 2009. Une mise à jour tenant compte des dynamiques socio-économiques actuelles apparaît indispensable pour assurer la pertinence des futures interventions. En conclusion, les orientations stratégiques issues de cette rencontre reposent sur un principe central : consolider l’existant, renforcer l’inclusion et accélérer les investissements à impact tangible. En misant sur la cohérence territoriale, la participation communautaire et la valorisation durable des ressources forestières, le projet ambitionne de transformer les résultats climatiques passés en véritables leviers de développement local durable. Par Audry Mbal 1 039 Vues