248 VuesBelém, Brésil, novembre 2025. À l’occasion de la COP30, la République démocratique du Congo (RDC) s’est imposée comme un acteur central des discussions climatiques mondiales, portée par l’engagement et l’expertise du Groupe de Travail Climat REDD+ Rénové (GTCRR). Présent sur les principaux espaces de négociation et d’influence, le GTCRR a plaidé avec constance pour une action climatique fondée sur la science, la justice et les droits des communautés. Des panels de haut niveau pour des enjeux structurants Le mercredi 19 novembre, les projecteurs se sont braqués sur la RDC lors de sessions clés consacrées à la Zéro Émission Nette et aux Solutions fondées sur la nature (SFN). Ces échanges ont mis en lumière le potentiel unique du Bassin du Congo pour séquestrer le carbone, préserver la biodiversité et bâtir une économie climatique durable. La Coordination nationale du GTCRR y a été représentée par son Coordonnateur national, Guy Kajemba, panéliste aux côtés d’experts internationaux. Son message a été clair : le futur climatique passe par les forêts congolaises, à condition que les mécanismes financiers et politiques reconnaissent pleinement le rôle des gestionnaires locaux. Forêts, finance et équité : transformer les engagements en actions Sur invitation du CIFOR-ICRAF, de l’Université de Iéna, de GiveDirectly et d’Equal Right, le Président du Conseil d’Administration du GTCRR, Omer Kabaselé Kabongo, est intervenu comme orateur de marque lors d’un événement parallèle officiel. Au cœur des débats : comment des instruments innovants, à l’instar du Tropical Forests Forever Fund, peuvent garantir des résultats efficaces, inclusifs et équitables pour les peuples autochtones et communautés locales. Le PCA du GTCRR a souligné à la fois les défis structurels et les opportunités stratégiques en RDC, tout en lançant un appel au partenariat pour amplifier l’impact au bénéfice du climat et des communautés. Une présence soutenue au Forest Pavilion et au Pavillon RDC Le GTCRR a activement pris part à la Journée du Bassin du Congo au Forest Pavilion (18 novembre), aux côtés d’organisations et d’initiatives régionales (CBFP, FSC, REPALEAC). Les échanges ont porté sur : la certification forestière et la CDN 3.0 des pays du Bassin du Congo ; la mobilisation de financements directs, prévisibles et équitables pour les peuples autochtones et communautés locales ; la transparence des données forestières comme levier de gouvernance et d’investissement ; le lancement du Rapport 2025 sur l’état des forêts dans le Bassin du Congo. Au Pavillon de la RDC, la délégation congolaise a présenté des initiatives structurantes : « La forêt, c’est nous » : restauration de 8 millions d’hectares, 5 milliards d’arbres plantés, 1,5 à 2 millions d’emplois verts (dont 40 % pour les jeunes et les femmes), et projets carbone certifiés (Verra, Gold Standard) ; le Couloir vert Kivu-Kinshasa, pilier de l’objectif 30×30, intégrant 67 % des tourbières congolaises, réservoirs majeurs de carbone ; la feuille de route des Paiements pour Services Environnementaux (PSE), mécanisme transparent pour canaliser la finance climat vers les communautés ; des débats stratégiques sur le crédit carbone, la recherche africaine, et l’accès aux fonds climatiques (dont le GCF). Une trajectoire claire vers la justice climatique Des sessions dédiées à l’agroforesterie, aux chaînes de valeur inclusives, à l’adaptation et aux Plans Nationaux d’Adaptation, ainsi que des consultations sur la finance climat et les pertes et dommages, ont consolidé la position de la RDC comme « pays des solutions ». À la COP30, le GTCRR a démontré avec force que l’ambition climatique ne peut être crédible ni durable sans justice et équité. En portant la voix des communautés locales, des peuples autochtones pygmées et de l’ensemble de ses organisations membres, en articulant rigoureusement science, finance et gouvernance, et en nouant des partenariats stratégiques à fort impact, le GTCRR s’affirme comme une référence régionale incontournable et un acteur clé de la transformation climatique en République démocratique du Congo et en Afrique centrale. Le futur climatique passe par nos forêts. À Belém, la RDC a rappelé avec clarté au monde que protéger le Bassin du Congo, c’est protéger l’équilibre climatique de la planète tout entière. Par Audry Mbal
Transition climatique en RDC : le GTCRR mobilise la jeunesse au FOJEC5
198 VuesKinshasa, 30 octobre 2025 — Sous un ciel chargé mais porteur d’espoir, la cinquième édition du Forum des jeunes sur le climat (FOJEC5) s’est ouverte ce mercredi à Kinshasa, consacrant une fois de plus la jeunesse congolaise comme actrice centrale de la transition climatique. Organisé par la Dynamique des jeunes pour l’environnement et le développement durable (Dyjedd), l’événement a rassemblé, dans la salle Garamba, plusieurs centaines de jeunes, étudiants, activistes, entrepreneurs et experts autour des enjeux de la nouvelle économie du climat. Pendant quatre jours, du 30 octobre au 2 novembre, la capitale congolaise devient ainsi un véritable laboratoire d’idées et d’actions, où une génération déterminée refuse désormais de subir les effets du changement climatique et entend en faire un levier de transformation durable. Au cœur de cette dynamique, le Groupe de Travail Climat REDD+ Rénové (GTCRR) s’illustre comme un acteur clé de l’accompagnement, de l’encadrement et de la structuration de l’engagement des jeunes dans les politiques climatiques nationales et internationales. Dans son allocution d’ouverture, Samy Ilunga, coordonnateur de la DYJEDD (Dynamique des jeunes pour l’environnement et le développement durable), a souligné l’ambition de cette édition : « Nous voulons aider les jeunes à comprendre comment leurs actions peuvent s’imbriquer dans les politiques climatiques, la biodiversité et l’entrepreneuriat vert ». Le forum est structuré autour de panels thématiques, d’expositions de startups écologiques et d’activités culturelles mettant en lumière des initiatives locales innovantes. « Demain, les jeunes présenteront leurs projets : briquettes écologiques, foyers améliorés, pavés issus du plastique recyclé. C’est une vitrine du génie congolais au service du climat », a-t-il précisé. L’entrepreneuriat vert, encore peu connu du grand public, constitue pourtant une réponse concrète aux défis climatiques et sociaux du pays. Dans un contexte où plus de 61 % de la population congolaise a moins de 25 ans, cette approche représente une opportunité stratégique pour concilier création d’emplois, réduction des émissions de gaz à effet de serre et protection des écosystèmes. Le GTCRR, engagé depuis plusieurs années dans le plaidoyer climatique et la gouvernance forestière, œuvre justement à créer des passerelles entre ces initiatives de terrain et les cadres politiques nationaux, notamment ceux liés à la REDD+ et à la transition écologique. Cependant, au-delà de l’enthousiasme, les défis restent nombreux. Samy Ilunga a rappelé la faible représentativité des jeunes dans les espaces décisionnels internationaux, notamment lors des Conférences des Parties (COP). « Trop souvent, les décisions sont prises sans les jeunes. À la COP30, prévue à Belém, le nombre de jeunes accrédités reste largement insuffisant », a-t-il regretté. Face à ce constat, le FOJEC5, avec l’appui du GTCRR, ambitionne de servir de cadre de préparation stratégique pour une jeunesse congolaise mieux outillée, capable de porter un message crédible et structuré sur la scène internationale. Parmi les invités d’honneur, Guy Kajemba, Le coordonnateur national du GTCRR, a salué l’initiative et réaffirmé l’engagement du GTCRR aux côtés des jeunes. « C’est une activité fondamentale. La jeunesse est la flèche de tous les combats sur le changement climatique. Nous devons l’accompagner et l’appuyer », a-t-il déclaré. Insistant sur l’urgence d’agir, il a rappelé que « dans dix ans, ce sont les jeunes qui subiront de plein fouet les conséquences du dérèglement climatique si rien n’est fait aujourd’hui ». Pour lui, l’éducation civique et environnementale demeure un pilier essentiel : « Une jeunesse consciente et organisée peut transformer durablement la conscience collective et influencer les choix politiques ». Le FOJEC5 se tient dans un contexte national marqué par un défi majeur : concilier l’immense potentiel écologique de la RDC avec plus de 170 millions d’hectares de forêts et une économie encore fortement dépendante de l’exploitation minière et des énergies fossiles. Les échanges ont unanimement souligné que la transition énergétique et climatique du pays ne saurait réussir sans une jeunesse formée, engagée et soutenue par des mécanismes de financement adaptés. À ce titre, plusieurs intervenants, dont le GTCRR, ont plaidé pour la mise en place de fonds nationaux dédiés aux initiatives climatiques portées par les jeunes. Alors que les regards se tournent vers la COP30, le message porté par le GTCRR au FOJEC5 est sans équivoque : la jeunesse congolaise doit passer de la sensibilisation à l’action structurée et influente. « Nous ne pouvons plus nous contenter des discours. Il faut des actes concrets et une véritable prise de responsabilité collective », a insisté le coordonnateur national Guy Kajemba. Créé par la DYJEDD, membre du GTCRR ; le Forum des jeunes sur le climat (FOJEC) est une plateforme annuelle de réflexion et d’action dédiée à la participation des jeunes aux politiques climatiques et à la promotion des métiers verts. L’édition 2025, placée sous le thème « Jeunesse, climat, biodiversité et entrepreneuriat vert », réunit plus de 100 participants. Avec l’appui stratégique du GTCRR, le FOJEC5 s’affirme plus que jamais comme un espace de construction d’une relève climatique consciente, compétente et engagée pour l’avenir de la RDC. Par audry Mbal